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Warren Buffet se désengage d’Oracle

publié le lundi 18/02/2019

Un trimestre après avoir détenu brièvement jusqu’à 41 millions d’actions Oracle, Warren Buffet les a toutes vendues fin 2018. Une vente évaluée à au moins 2 Md$. Six mois plus tôt, le patron du célèbre fonds d’investissement Berkshire Hathaway avait déjà cédé ses actions IBM pour racheter, là encore, celles d’Apple.

 

Oracle est le deuxième désengagement majeur en 2018 de Warren Buffett (en photo) du capital de l’un des acteurs historiques du secteur IT. Le PDG de la puissante société d’investissements Berkshire Hathaway avait déclaré en mai 2018 ne plus détenir aucune action chez IBM.

 

Warren Buffett réinvestit encore dans Apple et… Red Hat (IBM)

Warren Buffett quittait alors Big Blue, dont il était pourtant l’un des soutiens financiers inconditionnels depuis 2011, au profit... d'Apple, dont il détenait ensuite 165,3 millions d'actions. Et Warren Buffett récidive six mois après. Le financier américain confirme qu’il a réinvesti une partie des 2 Md$ d’actions issues de la vente Oracle dans des actions Apple. Warren Buffett en détenait officiellement environ 250 millions au 31 décembre 2018 même s’il avait déclaré à la SEC (rapport 13F-HR) en avoir cédé 1% auparavant. Par ailleurs, selon ce même rapport remis au gendarme de la bourse américaine, Warren Buffett est revenu chez Big Blue par la petite porte. Dès fin 2018, il a acquis 4,175 millions de titres Red Hat, éditeur d’une distribution open source racheté fin 2018 par IBM.

 

Des annonces qui sèment le doute

La décision du patron de Berkshire Hathaway de quitter Oracle a-t-elle été influencée en partie par certains contentieux dévoilés en 2018, dont la décision de certains actionnaires d’Oracle d’attaquer en justice l’éditeur IT californien l’année dernière ? Ils l’accusent de leur avoir menti sur ses chiffres en 2017 et d’utiliser des méthodes commerciales discutables pour convaincre ses clients de passer au Cloud. De même, Warren Buffett a-t-il commencé à douter plus sérieusement d’Oracle quand Amazon, l’un des plus grands clients historiques de l’éditeur, a décidé en 2018 d’arrêter d’utiliser la base de données d’Oracle pour construire la sienne ? Poussant ainsi à son paroxysme le vieil antagonisme entre les patrons fondateurs d’Oracle, Larry Ellison, et celui d’Amazon, Jeff Bezos, qui devenu en 2018 l’homme le plus riche du monde alors qu’Amazon dépassait les mille milliards de dollars de capitalisation ! Ou quand Thomas Kurian, le VP d’Oracle en charge de son développement produit, a quitté l’entreprise en septembre 2018 après avoir vendu ses 3.2 millions d’actions Oracle ?

 

Un manque de confiance dans la stratégie Cloud d’Oracle ?

La vente de toutes les actions Oracle détenues par Berkshire Hathaway, l’un des investisseurs les plus suivis de Wall Street, est une mauvaise nouvelle pour l’éditeur américain de logiciels et de SGBD à plus d’un titre. Tout d’abord, ce retrait traduit un manque suffisant de confiance, on l’a vu, de la part de certains de certains investisseurs, clients et partenaires dans la stratégie d’Oracle.

Ils doutent semble-t-il de sa capacité à réussir rapidement sa transformation vers le Cloud, tout en continuant à délivrer de bons résultats. La décision d’Oracle de ne plus détailler, dès 2018, les résultats du Cloud dans son chiffre d’affaires n’a pas joué en sa faveur…

Le désengagement de Berkshire Hathaway survient d’ailleurs en même temps que l’allègement des positions d’autres investisseurs. Ainsi, Nelson Van Denburg & Campbell Wealth Management a déjà cédé ces derniers mois près de 13% de ses 54000 actions Oracle. Tout en réinvestissant lui dans Salesforce, l’un des concurrents d’Oracle dans les logiciels de la relation-client (CRM).

 

Une mauvaise nouvelle pour l’action Oracle

Enfin, Oracle n’est pas à la fête en bourse ces derniers mois. L’action de l’éditeur californien a chuté mi-février 2019 de près de 3,8% juste après l’annonce de Berkshire Hathaway. La valeur de l’action avait déjà reculé d’environ 13% au quatrième trimestre 2018. Comme d’ailleurs celles de nombreuses autres valeurs technologiques présentes au Nasdaq, dont Apple, qui ont également subi fin 2018 le désengagement de certains de leurs investisseurs. Dans le même temps, Oracle a riposté en 2018 en dévoilant un nouveau programme de rachat massif de ses actions sur plusieurs trimestres. Sa valeur totale avoisine les 12 Md$ cette fois-ci.

 

Cette nouvelle animation de son cours de bourse suffira-t-elle à convaincre les investisseurs de réinvestir massivement dans l’entreprise ? Sans doute pas. En revanche, Oracle les rassurera s’il recommence à jouer la carte de la transparence sur ses chiffres Cloud, tout en délivrant avec ses partenaires de premiers résultats prometteurs sur ses nouveaux produits basés dans le Cloud (Database Autonome, CRM, etc.).

 

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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