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Un parachute doré de 13,7 ME pour Michel Combes alors qu'il part chez Altice ?

publié le lundi 31/08/2015

Selon le Journal du Dimanche du 30 août, Michel Combes, le directeur général d'Alcatel-Lucent, devrait percevoir dès septembre plus de 13,7 ME d'indemnités de départ sur trois ans. Un montant qui fait débat alors que son groupe enregistre des difficultés financières récurrentes et plus de 10.000 licenciements… Et qu'il vient d'être embauché chez Altice, la maison-mère de SFR-Numéricable.

 

Michel Combes avait pourtant déclaré en avril dernier qu’il abandonnerait son parachute doré, lequel ne s’élevait à l’époque « qu’à » 9 ME… avant l'annonce cet été du rachat par Nokia. Une inflation galopante. Alcatel-Lucent s'est toujours montré très généreux avec les indemnités de départ de ses dirigeants, alors qu’il n’en n’a pas les moyens financiers. Autres exemples de générosité des actionnaires d'Alcatel-Lucent. Ils ont provisionné 7,6 ME pour la retraite de Ben Verwaayen, le prédécesseur de Michel Combes. En outre, cet ancien directeur général d'Alcatel-Lucent perçoit chaque année une rente de 498.811 euros bruts, dont 205.669 euros de retraite et 293.142 euros de rente. Autre exemple de générosité discutable avec ses prédécesseurs. En 2008, le Patricia Russo et Serge Tchuruk, alors président du Conseil d'administration, ont quitté leurs fonctions chez Alcatel-Lucent avec une indemnité de respectivement 6 ME et 5,6 ME. Sans doute pour les remercier après que le titre de cet équipementier télécoms ait perdu les deux tiers de sa valeur boursière durant leur mandat. Ces dirigeants n’ont pas fait preuve d’une efficacité remarquable. Ils n'ont ni maintenu, ni accru le leadership mondial d'Alcatel-Lucent dans les télécoms, sur un marché concurrentiel certes très tendu.

 

Quant à Michel Combes, il bat des records, surtout pour être resté à peine deux ans et demi en poste, au lieu de trois. Car cet X-Télécoms a démissionné avant d'avoir bouclé complètement sa mission, pour occuper un autre poste au 1er septembre chez SFR-Numéricable en tant que président du directoire et directeur général de sa maison-mère, Altice. Or, il touchera une prime de non-concurrence de quelques 4.5 M€ alors que toute la profession savait qu'il partait chez SFR-Numéricable...

 

De plus, Michel Combes a cédé son groupe par appartements avec la bénédiction du Gouvernement, pour le sauver de la faillite (ou des syndicats) diront certains. Comme en témoigne le mariage cet été de cet équipementier télécoms français avec son concurrent finlandais Nokia, que de nombreux politiques français qualifient de bradage. En avril, cette OPE était à 0.55 actions Nokia par action Alu, ce qui faisait 4.28€ l'unité, mais ce montant a chuté à 3.12 € à l'heure de la finalisation du rachat. En outre, Trois mois après l’annonce en février 2014 de la vente à Huaxin de sa division Entreprise, Alcatel-Lucent cédait une nouvelle activité à Thales, ses activités de services en cyber sécurité et ses produits de sécurité des communications.

 

En se montrant aussi généreux, les actionnaires du groupe ont sans doute voulu remercier Michel Combes pour avoir trouvé un repreneur à Alcatel-Lucent et fait remonter l’action du groupe à 3 euros, contre 1 euros quand il est arrivé en mai 2013. Rappelons que les patrons français sont souvent moins bien payés que leurs homologues au Royaume-Uni ou en Espagne par exemple. Et que le Fisc français devrait confisquer à Michel Combes près de 70% de ses futurs revenus. Enfin, pour conclure, la question que tout le monde se pose désormais est : quel sera le montant du parachute doré que touchera Michel Combes s'il part de SFR-Numéricable ?

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