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TOP 250 ISV : les éditeurs sortent de la crise économique avant les intégrateurs IT

publié le mardi 11/10/2011

Le cabinet d’audit Ernst & Young vient de rendre public le Top 250 des éditeurs de logiciels français. Il a réalisé la première édition de cette étude en partenariat avec les éditeurs membres du Syntec Numérique. On y découvre que les éditeurs sortent de la crise économique avant les éditeurs/intégrateurs, mais que ces acteurs peinent à franchir les caps des 50 et 100 M€ et à s’exporter. Bien que représentant déjà environ 10% du CA du panel, le Saas ne bouleversera pas le classement cette année.

 

 

L’objectif premier de cette étude, qui inclut surtout les éditeurs membres du Syntec Numérique, est de montrer au Gouvernement et aux donneurs d’ordre la place que tiennent les quelques 2500 éditeurs de ce secteur dans la compétitivité de notre pays. L’étude pointe du doigt certains obstacles au développement structurel et commercial des éditeurs, à l’international notamment.

 

La consolidation tarde dans un secteur de l’édition très atomisé

Ernst & Young s’inquiète du fait que le marché français des éditeurs est extrêmement morcelé et composé majoritairement de TPE et PME. S’ils représentent les deux tiers (63%) des quelques 250 sociétés du panel, les éditeurs de moins de 10 M€ de chiffre d’affaires n’en réalisent que 8% du chiffre d’affaires 2010 ! 104 éditeurs du panel réalisent même moins de 3 M€. A l’opposé, l’étude ne compte qu’une dizaine d’entreprises de plus de 100 M€ de chiffres d’affaires, mais elles représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires du secteur.

Il existe un décalage important entre le nombre d’éditeurs dans la catégorie de 10 à 50 M€ et celle de 50 à 100 M€. Si les éditeurs réalisant un chiffre d’affaires compris entre 10 et 50 M€ représentent près d’un tiers du panel, les éditeurs avec un chiffre d’affaires compris entre 50 à 100 M€ restent très peu nombreux (4%). Mais ce sont eux qui affichent cependant la plus forte croissance (+26%) sur la période 2008-2010.

 

Autre enseignement de l’étude d’Ernst & Young, la part prépondérante en France du logiciel B to B en comparaison du marché B to C, à l’exception du secteur du jeu vidéo. Ce cabinet d’audit précise que cette répartition tend toutefois à évoluer avec le développement d’Internet et l’usage de la dématérialisation.

 

Rang
général

Editeurs

Régions

CA 2010

1

DASSAULT SYSTEMES

Ile-de-France

1 563,80

2

UBISOFT

Ile-de-France

1 038,83

3

GFI INFORMATIQUE

Ile-de-France

657,9

4

MUREX

Ile-de-France

310

5

CEGID

Rhône-Alpes

249,6

6

AXWAY (Sopra group)

Ile-de-France

208

7

LECTRA

Ile-de-France

190,3

8

GAMELOFT

Ile-de-France

140,96

9

LINEDATA SERVICES

Ile-de-France

136,2

10

INFOTEL

Ile-de-France

107,6

11

TECHSIA (Schlumberger)

Languedoc-Roussillon

95

12

BERGER LEVRAULT

Ile-de-France

94,9

13

GROUPE CEGI

Ile-de-France

93,2

14

PHARMAGEST

Lorraine

91,55

15

AVANQUEST SOFTWARE

Ile-de-France

89,5

16

STS GROUP

Ile-de-France

87,2

17

ESI GROUP

Ile-de-France

84,17

18

ISAGRI

Picardie

75

19

CEGEDIM ACTIV - GROUPE CEGEDIM

Midi-Pyrénées

74

20

GENERIX GROUP

Nord-Pas-de-Calais

66,2

21

GROUPE SIGMA

Pays de la Loire

55

22

FIDUCIAL INFORMATIQUE

Ile-de-France

54,68

23

BODET

Pays de la Loire

50,2

24

META4 FRANCE

Ile-de-France

48

25

HARDIS

Rhône-Alpes

47,4

26

GROUPE SAB

Ile-de-France

44,2

27

DL SOFTWARE

Ile-de-France

44,06

28

INFOVISTA

Ile-de-France

43

29

EMAIL VISION

Ile-de-France

42

30

VOCALCOM

Ile-de-France

40

31

ORSYP

Ile-de-France

39,2

32

VISIATIV (Ex Axemble)

Rhône-Alpes

37,2

33

KLEE STUDIO

Ile-de-France

37

 

 

TOP 250 éditeurs : Le CA des éditeurs d’offres horizontales progresse plus vite que…

Le chiffre d’affaires global, réalisé par le panel des 297 premiers éditeurs français atteint 7,7 milliards d’euros en 2010, avec une croissance de 10% de 2008 à 2010. Cette progression confirme un retour à une croissance à deux chiffres, après un exercice 2009 plus difficile. Corrigée des résultats des deux leaders du secteur, que sont Dassault Systèmes dans le BtoB, et Ubisoft dans le BtoC, qui représentent respectivement 19% et 13% du CA de ce panel, la croissance du chiffre d’affaires est aussi de 10% entre 2008 et 2010, traduisant ainsi une réelle tendance sectorielle.

 

… celui des éditeurs/intégrateurs, qui peinent à sortir de la crise

Cette croissance générale du secteur cache cependant des disparités par catégorie. Les éditeurs disposant d’une offre entreprise horizontale* réalisent une forte croissance de 22% sur les deux années, tandis que les intégrateurs/éditeurs du panel affichent une légère décroissance de 4% sur la entre 2008 et 2010. Elle n’atteint que 2% sur la période 2009-2010.

 

Les entreprises de 50 à 100 M€

Les entreprises de moins de 100 millions d'euros de chiffres d’affaires, qui représentent la grande majorité du panel, ont le plus profité de cette sortie de crise. Celles dont le chiffre d'affaires 2010 est compris entre 50 et 100 millions d'euros affichent ainsi une croissance de 26% entre 2008 et 2010.

 

 

 Top 10 des éditeurs « sectoriels »

 

Rang

Entreprise

Région

Chiffre d'affaires dans la catégorie (en M€)

Chiffre d'affaires total (en M€)

1

DASSAULT SYSTEMES

Ile-de-France

1 411,0

1 563,8

2

MUREX

Ile-de-France

310,0

310,0

3

LINEDATA SERVICES

Ile-de-France

136,2

136,2

4

TECHSIA (Schlumberger)

Languedoc-Roussillon

95,0

95,0

5

GFI INFORMATIQUE

Ile-de-France

90,0

657,9

6

BERGER LEVRAULT

Ile-de-France

74,0

94,9

6

CEGEDIM ACTIV - GROUPE CEGEDIM

Midi-Pyrénées

74,0

74,0

8

GENERIX GROUP

Nord-Pas-de-Calais

66,2

66,2

9

LECTRA

Ile-de-France

53,5

190,3

10

GROUPE SAB

Ile-de-France

44,2

44,2

  

Top 10 des éditeurs « horizontaux »

  

Rang

Entreprise

Région

Chiffre d'affaires dans la catégorie (en M€)

Chiffre d'affaires total (en M€)

1

CEGID

Rhône-Alpes

217,7

249,6

2

AXWAY (Sopra group)

Ile-de-France

208,0

208,0

3

STS Group

Ile-de-France

87,2

87,2

4

ESI GROUP

Ile-de-France

84,2

84,2

5

FIDUCIAL INFORMATIQUE

Ile-de-France

43,4

54,7

6

INFOVISTA

Ile-de-France

43,0

43,0

7

EMAIL VISION

Ile-de-France

42,0

42,0

8

ORSYP

Ile-de-France

39,2

39,2

9

LEFEBVRE SOFTWARE

Ile-de-France

33,7

33,7

10

HOROQUARTZ

Ile-de-France

33,6

33,6

 

 

Top 10 Intégrateurs et Services

 

Rang

Entreprise

Région

Chiffre d'affaires dans la catégorie (en M€)

Chiffre d'affaires total (en M€)

1

GFI Informatique

Ile-de-France

567,9

657,9

2

Infotel

Ile-de-France

102,2

107,6

3

Isagri

Picardie

75,0

75,0

4

Cegid

Ile-de-France

65,4

93,2

5

Hardis

Rhône-Alpes

47,4

47,4

6

Klee Studio

Ile-de-France

37,0

37,0

7

Masternaut

Ile-de-France

35,5

35,5

8

Groupe Sigma

Pays de la Loire

32,2

55,0

9

Visiativ (Ex Axemble)

Rhône-Alpes

28,1

37,2

10

Meta4 France

Ile-de-France

28,0

48,0

 

 

 

 

TOP 250 éditeurs : Les rares ETI dans l’édition peinent à s’exporter…

Ces résultats traduisent la difficulté des entreprises à devenir des ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) dans ce secteur comme dans le reste de l’économie française. Souvent sous-capitalisés, comme la plupart des PME françaises, les éditeurs ont-ils les moyens, ou la volonté, de devenir des ETI, voire de s’exporter à l’international ? Pas sûr.

Rares sont les éditeurs comme Esker (41e du classement) dans le BtoB, ou Ubi Soft (2e) dans le jeu, à déployer la stratégie et les moyens nécessaires pour réaliser près de 70% de leur CA à l’international. Pourtant l’étude montre que 62% des éditeurs interrogés utilisent les financements publics (Oseo, UbiFrance, etc.)... Qu’en font-ils réellement a-t-on envie de se demander ?

L’étude montre que même si elle s’accroît avec la taille, la part de chiffre d’affaires réalisé à l’international par les éditeurs de logiciels progresse. Les sociétés de moins de 50 M€ sondées réalisent déjà près de 30% de leur activité à l’international (15% pour celles de moins de 10 M€), avec une première étape en Europe. Les plus grands éditeurs (plus de 100 M€) sont eux présents sur tous les continents, en particulier aux Etats-Unis (31% du CA), avec une part de leur activité dans l’Hexagone qui devient alors minoritaire (27%). Reste que l’Asie est encore très peu, voire pas du tout démarchée par nos éditeurs.

 

… et sont des cibles prisées

« Les très grandes entreprises mondialisées d’origine française sont encore trop peu nombreuses, ce qui tend à confirmer que la consolidation du secteur initiée depuis quelques années devrait se poursuivre », indique les analystes d’Ernst & Young. Et quand ces sociétés dépassent le cap des 50 M€, elles deviennent fréquemment des cibles idéales pour des opérations de croissance externe de grands groupes internationaux. D’ailleurs, tous les ans, nous assistons au rachat de plusieurs éditeurs de taille moyenne par leurs concurrents anglo-saxons.

Des acquisitions à relativiser pour Ernst & Young, qui se félicite que la R&D française les attire par la qualité de son savoir-faire. Cela conduit de grands éditeurs étrangers comme Sage, SAP et Microsoft à installer d’importantes unités de développement en France.

 

 

 

TOP 250 éditeurs : le Saas changera-t-il la donne ?

La donne changera-t-elle dans ce classement avec les changements structurels profonds qu’induit progressivement l’avènement du Cloud Computing, et du Saas en particulier ? Très progressivement, car si le Saas était déjà présent chez les 139 éditeurs et éditeurs/intégrateurs qui ont accepté de ventiler leur chiffre d’affaires par activités, il reste minoritaire.

 

Toutefois, certaines catégories d’éditeurs sont plus pro actives dans le domaine. Par exemple, les éditeurs « horizontaux »*, du type Cegid, Axway, ESI, etc., déclarent que leur chiffre d’affaires Saas avoisine les 16% en 2010, à comparer avec les 32% du CA généré par les licences, les 25% issus de la maintenance et les 20% des services. C’est beaucoup plus que les éditeurs "sectoriels"* (Dassault, Murex, Linedata, etc.), chez qui le Saas ne dépasse pas 6% du CA, ou que les éditeurs/intégrateurs, qui annoncent 5%. Chiffre à comparer pour ces derniers avec les 16% du CA généré par les licences, les 29% issus de la maintenance et les 43% des services.

 

Les analystes d’Ernst & Young en conclut que « Si le Cloud Computing est un axe de développement identifié, l’évolution du modèle de revenus n’a pas encore été totalement bouleversée. La part licence représente encore 32% du chiffre d’affaires, en très légère baisse par rapport à 2008 (34%), et cela au bénéfice du Saas, qui passe ainsi de 7% à 10% en moyenne sur la même période ». Les autres composantes, maintenance et services, restent stables. Le modèle traditionnel de vente de licences semble donc encore avoir de beaux jours devant lui pour une partie des acteurs du secteur. Les sociétés les plus récentes nées avec Internet ont, quant à elles, construit dès le départ leur stratégie sur le modèle Saas.

 

 

 

* "Editeurs Horizontaux" : Editeurs et créateurs de logiciels proposant une offre générale à toutes les entreprises

 

"Editeurs Sectoriels" : Editeurs et créateurs de logiciels adressant un secteur particulier (Banque, Administration, Industrie, Transport, etc.)

 

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