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TelecityGroup calque son dynamisme sur celui du marché de l’hébergement

publié le lundi 30/01/2012

L’hébergeur TelecityGroup revendique un positionnement haut de gamme. Stéphane Duproz, son directeur général en France, n’exclut d’ailleurs pas d’investir en 2012 dans un quatrième data center pour préserver sa qualité de service. Selon lui, le marché de l’hébergement n’est menacé ni par le spectre de la surcapacité, ni par la future augmentation de la facture énergétique, ni par le Patriot Act. Stéphane Duproz est même favorable au futur durcissement des législations européennes en faveur de la protection des données personnelles.

 

 

CBP : Quelles sont les priorités de TelecityGroup pour 2012 en France ?

Stéphane Duproz, directeur général de l’hébergeur TelecityGroup en France : TelecityGroup désire améliorer son chiffre d’affaires en 2012, tant par croissance organique qu’externe.

 

Comment TelecityGroup se différencie-t-il de ses concurrents dans l’hébergement ?

Par notre positionnement haut de gamme. Notre offre d’hébergement est parfaitement dimensionné pour les acteurs du Cloud, et donc, pour la projection de contenus et de fichiers à l’international. Nous sommes l’acteur privé de l’hébergement européen qui investit le plus dans ses infrastructures IT. Je précise que TelecityGroup est l’un des rares acteurs à héberger les principaux nœuds d’échange Internet entre Paris, Amsterdam et Londres.

 

TelecityGroup envisage-t-il d’utiliser davantage le modèle indirect pour commercialiser ses offres d’hébergement en 2012 ?

TelecityGroup ayant beaucoup à faire pour gérer les nombreuses sollicitations directes, nous ne sommes pas très proactifs dans ce domaine. Toutefois, nous avons monté un modèle de vente indirecte à la demande de certains revendeurs.

 

Avez-vous assez de data centers en France pour garantir la qualité de service que vous évoquez ?

TelecityGroup dispose de trois data centers en France, dont la surface totale nette dédiée aux clients avoisine 10 000 m². Ce n’est plus suffisant désormais, car leurs taux de remplissage approchent des 90%. Bien qu’ouvert il y a un an, notre data center Condorcet à Paris est déjà rempli aux trois quarts par exemple.

 

Envisagez-vous l’ouverture ou l’acquisition d’un quatrième data center en France ?

Une telle action serait nécessaire pour accompagner la croissance de nos clients.

 

Compte-tenu du nombre croissant de data centers en cours de construction en France et en Europe, le marché de l’hébergement ne risque-t-il pas de passer en surcapacité ?

Il faut faire attention à ce que l’on appelle un data center, car ce terme recouvre différentes réalités. Nous passerons peut-être un jour en surcapacité sur l’hébergement d’entrée de gamme, mais pas sur le haut de gamme très connecté. L’offre est bien équilibrée actuellement et la demande ne baisse pas, bien au contraire. D’autant que les entreprises ont besoin d’accéder à davantage de data centers pour gérer leurs PRA (plan de reprise après sinistre), et satisfaire aux exigences de disponibilité du système d’information qu’imposent les nouvelles réglementations économiques et techniques.

 

Le taux d’externalisation des systèmes d’information est-il élevé dans les entreprises françaises ?

Environ 85% des entreprises françaises n’ont toujours pas externalisé l’hébergement physique de tout ou partie de leur IT. Or, cette proportion n’est plus que de 60% aux Etats-Unis, pays où les entreprises s’impliquent certes davantage dans une logique financière quant à la gestion de leurs systèmes d’information.

 

Votre taux de remplissage provient-il essentiellement de nouvelles affaires, issues du Cloud notamment ?

En fait, nos clients existants génèrent à eux seuls la moitié de nos nouvelles ventes. En parallèle, TelecityGroup compte aussi des nouveaux clients désireux de transférer leurs systèmes d’informations dans nos data centers. En effet, leurs directions générales veulent diminuer les coûts de fonctionnement de leurs systèmes d’information, tout en gardant une bonne connectivité électrique et Internet à un prix abordable. En externalisant ce poste, la DSI libère des ressources pour mener d’autres projets à valeur ajoutée.

 

Ne serait-il pas plus économique pour eux de construire leurs propres data centers ?

Nos clients peuvent sans doute construire leurs propres data center pour un coût similaire au notre, mais leurs coûts d’entretien seront plus élevés. Car pour parvenir à les maîtriser, un data center moderne doit disposer d’une alimentation électrique haute densité, d’une connectivité et d’une climatisation optimisée, mais aussi d’une équipe bien formée.

 

Les clients sont-ils prêts à payer plus cher pour disposer d’un hébergement de qualité ?

Le niveau de qualité d’un hébergement devient un vrai challenge pour les entreprises. Elles sont donc prêtes à payer davantage pour disposer d’une plus grande connectivité et d’une meilleure qualité de service, tout spécialement pour les hébergements critiques de taille moyenne. Mais les clients choisissent également d’héberger la partie non stratégique de leurs back offices chez des hébergeurs « low cost ».

 

TelecityGroup a-t-il beaucoup de concurrents dans l’hébergement haut de gamme ?

TelecityGroup et Interxion font partie des rares acteurs positionnés sur l’hébergement multi opérateur haut de gamme en milieu urbain, et donc, à disposer d’un bon niveau de connectivité Internet et d’alimentation électrique. Un acteur américain comme Equinix tente également de s’introduire sur ce marché en Europe.

 

Les Var et intégrateurs qui montent leur propre data center sont-ils perçus comme des concurrents par TelecityGroup ?

Ils ne figurent pas dans la liste de nos concurrents, il n’y a donc pas de manque à gagner pour TelecityGroup.

 

Et des hébergeurs comme OVH et Ikoula peuvent-ils vous concurrencer ?

OVH et Ikoula font partie désormais de la catégorie des fournisseurs de services IT pour le Cloud. Or, TelecityGroup ne propose lui que de l’hébergement ultra connecté. Le ticket d’entrée y est cher, voire inaccessible pour un nouvel entrant. Les opérateurs télécoms décident de s’associer à un hébergeur si ses clients consomment de la connectivité. De même, les clients signent avec un hébergeur si celui-ci leur propose un choix entre « x » opérateurs. C’est donc une équation complexe…

 

Que pèsent vos offres d’hébergement et d’infogérance dans votre chiffre d’affaires ?

TelecityGroup ne propose pas de prestations d’infogérance car ce n’est pas notre métier. Nous préférons exceller dans l’hébergement pour un client.

 

Le Cloud Computing est-il une opportunité pour les hébergeurs ?

C’est une nouvelle opportunité pour les hébergeurs, en raison du changement de modèle économique chez les éditeurs, qui sont nombreux à s’inscrire dans une logique de Software as a Service (Saas). Toutefois, certains éditeurs sont aussi tentés de devenir hébergeur, mais ce n’est pas leur métier.

 

Quand les hébergeurs devront-ils répercuter dans leurs prix l’augmentation programmée du coût de l’électricité (+30%) d’ici 2015 en France ?

Le marché de l’électricité sera dérégulé dès 2015 en France. Tous les contrats de nos clients intègrent une clause mentionnant qu’une partie de notre facturation est indexée sur l’évolution du coût de l’électricité. Je constate d’ailleurs que nombre d’entre eux provisionnent souvent des KW/h sur leurs factures.

 

Cette augmentation du prix de l’électricité remet-elle en cause l’attractivité de la France, qui affichait jusqu’ici des prix inférieurs à la moyenne dans ce domaine en Europe ?

Pas vraiment, car cette dérégulation de l’électricité touche tous les pays européens. Cette augmentation ne remet pas en cause l’éventuelle construction de data centers en France pour un acteur comme TelecityGroup. Le prix relativement bas de l’électricité en France constitue toujours un « plus » pour les investisseurs, au même titre que l’accès dans l’Hexagone à de nombreux points de connectivité Internet disponibles depuis fin 2009.

 

Est-ce que le Patriot Act américain constitue un handicap pour les hébergeurs anglo-saxons lorsqu’ils proposent aux sociétés françaises d’héberger leurs données ?

Le Patriot Act n’est pas un frein pour TelecityGroup, car nous expliquons aux clients que nous n’avons aucun accès logique à leurs données. Nous ne contrôlons pas l’accès entrant ou sortant des données, sauf sur la connectivité multi opérateur. Je précise que la police doit avoir une commission rogatoire établie par un juge pour accéder à un serveur….

 

Que pensez-vous du souhait de certains Etats européens de créer leur propre plateforme d’hébergement (Andromède en France) pour protéger les données publiques dans le Cloud ?

Je suis content que le Gouvernement ait décidé depuis deux ou trois ans de soutenir le développement de la filière numérique en France. Toutefois, il y a certains projets que je ne comprends toujours pas.

 

Assiste-t-on à un durcissement des législations nationales et européennes visant à améliorer la protection des données personnelles ?

Ce processus est hautement souhaitable pour deux raisons. D’une part, il faut mieux protéger les données personnelles, car les clients sont de plus en plus connectés pour s’approvisionner en produits numériques. Or, elles sont souvent insuffisamment protégées, et c’est donc un frein au développement du Cloud. Je rappelle qu’en France, le PDG est légalement responsable des données personnelles et qu’il ne peut déléguer cette responsabilité à un tiers. Le deuxième problème réside dans la sauvegarde des données et les garanties apportées par les prestataires et hébergeurs. Car ces derniers sont de plus en plus souvent rachetées par des acteurs américains, et donc le client n’a aucune garantie sur l’endroit où sont situées ses données. Ce qui pose un problème quand le client veut les « retirer » et obtenir une garantie sur l’effacement correct de ses sauvegardes…

 

Si l’un de vos clients le souhaite, peut-il facilement changer d’hébergement dans un nuage public, du type Microsoft, Google ou Amazon?

TelecityGroup ne fournit pas de services Cloud, donc nous offrons la possibilité aux clients qui le souhaitent de combiner leurs infrastructures logiques et physiques dans les différents IT environnements.

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