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T-Systems France reviendra dans le vert dès 2015

publié le mardi 05/11/2013

 T-Systems vient de céder ses activités françaises d’intégration de systèmes IT à DACP pour se recentrer sur le Cloud et l’infogérance, services où cette ESN revendique une position de leader en Europe. Promu président de sa filiale française en juin, Jean-Paul Alibert, prévoit que cette entité reviendra rentable dès 2015. Dans le même temps, il pense possible de tripler la taille de T-Systems France à moyen terme.

 

 

Magazine CBP : Comment se présente la réorganisation que vous opérez actuellement dans la filiale française de T-Systems ?

Jean-Paul Alibert est le président de T-Systems en France, une SSII appartenant à l’opérateur télécoms allemand Deutsche Telekom : La maison-mère de T-Systems, Deutsche Telekom, a décidé l’été dernier de recentrer cette filiale en France sur ses pôles d’excellence, et de se séparer de ses activités déficitaires ou non stratégiques.

 

Quelles sont ces activités IT non stratégiques dont T-Systems se sépare en France ?

T-Systems France a cédé en juin 2013 ses activités d’intégration de systèmes IT à DACP*, entité qui les a intégrés dans sa nouvelle filiale baptisée Novia. Deutsche Telekom nous a demandé d’arrêter ce type de services en France car ils étaient en décroissance, contrairement à d’autres pays où T-Systems est présent. Le groupe n’a jamais vraiment réussi à relancer ces offres d’intégration et de régie localement après le rachat de la SSII Soleri. T-Systems France vend encore des services d’outsourcing d’infrastructures IT et notre pôle Aéronautique se porte bien. Je rappelle que T-Systems est le 3e fournisseur du groupe EADS.

 

La cession de vos activités d’intégration IT permettra-t-elle à T-Systems France de revenir à l’équilibre en 2013 ?

Non, la perte de T-Systems France sera encore très importante cette année. En effet, nous imputons sur une partie de cet exercice les dizaines de millions d’euros dépensés pour réorganiser les équipes suite à la cession de nos activités d’intégration IT. Nos pertes étaient supérieures à 10 M€ en 2012.

 

Et en 2014 ?

La France sera proche de l’équilibre en 2014. Au niveau européen, T-Systems vise 30% de croissance l’an prochain. Mon objectif est donc de posséder la même part de marché que les autres filiales du groupe situées dans les principaux pays européens. Selon mes calculs, notre filiale pourrait être cinq fois plus grosse si nous calquons notre rythme de développement sur le leur !

 

Comment vos équipes ont-elles accueilli cette nouvelle réorganisation ?

Les 350 à 400 salariés de la filiale française ont bien accueilli ce plan de croissance, car il montre que T-Systems investit à nouveau en France. Pour preuve, je recrute actuellement de nouveaux collaborateurs capables de vendre des solutions IT industrialisées en mode conseil, lors de grands projets d’outsourcing, de BYOD ou de Cloud par exemple. Autre avantage immédiat du repositionnement de T-Systems en France pour nos commerciaux, ils constatent que leurs métiers évoluent désormais davantage vers la vente de solutions et le conseil.

 

Est-ce que la présence de grandes sociétés de services IT en France peut expliquer les difficultés rencontrées par T-Systems pour commercialiser des services d’intégration IT auprès des grands comptes ?

En partie seulement. Car si la concurrence des grands acteurs français des services IT est forte sur la partie intégration, elle l’est beaucoup moins sur l’infogérance, du fait des excellentes compétences des ingénieurs de T-Systems et du haut niveau d’industrialisation de nos offres. Nous sommes le seul acteur en Europe à disposer d’une offre d’infogérance industrialisée de bout en bout, du poste de travail aux data centers. Elle nous permet de suivre nos très grands clients du SBF 120 partout dans le monde.

 

Que pèse l’infogérance dans le chiffre d’affaires du groupe T-Systems ?

L’infogérance d’infrastructure IT représente l’essentiel du chiffre d’affaires du groupe T-Systems, lequel réalise 10 MdE en Europe. Je constate une forte croissance de l’outsourcing, du fait du développement rapide du Cloud.

 

Quels types d’offres Cloud vendez-vous à vos clients, qui sont tous des grands comptes principalement ?

Des services Iaas et Paas pour des clients intéressés par des offres de Cloud privé, que T-Systems opère essentiellement dans ses data centers. Ce faisant, nous ne sommes jamais en concurrence avec les géants américains du Cloud public ou les acteurs du Cloud souverain. Nous proposons également du Cloud hybride. Cette offre combine un Cloud privé installé chez T-Systems, où sont hébergées les applications critiques de nos clients, avec des services de Cloud public pour les aider à mieux gérer les pics d’activités de leurs applications non stratégiques.

 

Pensez-vous que vos grands clients peuvent monter seuls leur Cloud ?

Je suis un peu agacé par certains clients du SBF 120 qui pensent pouvoir créer et opérer seuls d’importants projet Cloud. Or, peu de ces projets sont en production aujourd’hui alors qu’ils ont démarré il y a quelques années.

 

Comment expliquez-vous ces retards car la plupart d’entre eux font également appel à des SSII, françaises notamment ?

Certes, certains travaillent avec des intégrateurs de systèmes IT qui réalisent le « build & run » sur leurs projets Cloud, mais ces prestataires ont-ils vraiment le même niveau d’expertises dans ce domaine que celui des équipes de T-Systems ? Nos pôles de compétences regroupent des dizaines de milliers d’experts en Europe.

 

Ouverture d’une place de marché Cloud public

Depuis cet automne, T-Systems propose à ses clients allemands la possibilité d’acheter des services de Cloud public. Le groupe déploiera cette offre à l’international dès 2014, et probablement en France. Toutefois, nous ne ciblerons pas ou peu les PME, clientèle qui est bien couverte en France.

 

L’affaire Prism a-t-elle inquiété les clients de vos offres Cloud et d’infogérance ?

Les retombées négatives de l’affaire Prism sont une réalité dès qu’il est question d’externaliser les données. Plus de 50% des DSI français déclarent qu’ils vont vraiment en tenir compte et modifier leurs projets. Cette affaire avantage T-Systems car nous plaçons les données sensibles de nos clients en Allemagne, où la loi sur les données est beaucoup restrictive et protectrice.

 

 

* holding détenant déjà les sociétés de services IT Effitic et Polymont.

 

 

 

Biographie de Jean-Paul Alibert, le président de l’ESN T-Systems France depuis juin 2013 

 

Jean-Paul Alibert a fait toute sa carrière dans l’industrie IT, d’abord dans une start-up puis chez de grands intégrateurs IT, et enfin, chez HP.

 

Entré en 1985 chez Impulsion, une startup éditeur et intégrateur d’un ERP pour PME, il en prend la Direction des Opérations en 1989, puis la direction générale de sa filiale Sages.

En 1993, il rejoint le groupe Industriel Elsydel-Ascom en tant que membre du comité de direction pour ses activités françaises et directeur général de sa filiale d’informatique Industrielle et Embarquée.

En 1996, il prend la direction de la division Industrie-Utilities chez Unilog (CGI-Logica), centrée sur les ERP (notamment SAP) et la TMA (Tierce Maintenance Applicative).

En 2000, il rejoint la SSII Atos Origin où il dirige durant 6 ans les divisions System Intégration sur les Secteur Public - Services puis Energie - Industrie.

Il rejoint HP France en 2006 et prend la direction générale des activités de Conseil et Intégration, et Technology Services France, puis des Solutions d’Impressions, et enfin, des offres d’innovation et croissance (Cloud, Big Data, Sécurité).

 

Jean-Paul Alibert est Ingénieur en électronique de l’ESME-Sudria et titulaire d’un MBA de l’IAE-Paris. A 52 ans, il est marié et père de deux enfants.

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