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Scaleway veut déployer ses offres Cloud et IOT à l'international

publié le lundi 08/07/2019

La majorité des clients hébergés dans ses 4 datacenters français étant étrangers, la filiale d’Iliad en charge de ses activités hébergement, Internet et Cloud, entend se rapprocher d’eux en 2019. Scaleway ouvrira cet été un point de présence en Pologne, puis d’autres en Asie du Sud Est et en Amérique Latine. Enfin, Scaleway veut devenir l’acteur de référence dans le « Cloud souverain » en France.

 

 

Magazine CBP (channelbp.com) : Pourquoi Iliad, la maison-mère de Scaleway, a-t-elle racheté en 2019 Jaguar Networks, un opérateur télécoms et hébergeur marseillais, alors que vous disposez déjà de nombreux datacenters et offres Cloud ?

Arnaud De Bermingham, président de Scaleway, la filiale du groupe Iliad en charge de ses activités hébergement, Internet et Cloud : Il existe d'ailleurs de nombreuses synergies entre nos deux groupes car le métier de Jaguar Networks n'est pas le même que celui de Scaleway. Par exemple, Jaguar Networks adresse les PME et les ETI, un segment de clientèle qui n'est pas le nôtre. Par comparaison, Scaleway est très bon historiquement sur l'adressage des développeurs, des start-ups et des grands comptes. Ces clients sont intéressés par nos infrastructures et nos datacenters, mais aussi par la valeur technologique de nos solutions. En outre, Jaguar Networks apporte au groupe Iliad un savoir-faire, des moyens et des offres importantes dans les télécoms, activité qui représente une part assez considérable de leur chiffre d'affaires actuel.

 

Suite à cette acquisition, votre groupe peut-il rivaliser plus facilement avec des hébergeurs français plus grands, comme OVH, voire des géants américains du secteur ?

Scaleway ne cherche pas la compétition avec les autres leaders français, américains ou asiatiques du marché. Notre stratégie est différente. Scaleway souhaite se spécialiser dans des secteurs pointus, comme l'Internet des Objets (IOT), l'intelligence artificielle (IA). Nous voulons fournir à notre écosystème les briques technologiques de base telles que le compute, le stockage, etc. pour l'aider à se démarquer. Autre élément différenciant dans le groupe, nos prix, qui sont deux à trois fois plus bas que ceux de nos concurrents.

 

Scaleway prévoit-il de réaliser d'autres acquisitions afin d'acquérir des briques technologiques additionnelles ?

Le groupe ne commente pas.

 

Scaleway va-t-il développer davantage sa stratégie indirecte en 2019 ?

Non. Scaleway utilise une stratégie de vente essentiellement directe. Nous avons très peu de revendeurs. Le groupe travaille essentiellement avec des éditeurs, ainsi que des partenaires d'infogérance qui utilisent notre plateforme, de Cloud public notamment, afin d'accompagner leurs clients.

 

Alors, pourquoi Scaleway lance-t-il cet été un programme pour ses partenaires ?

Les acteurs américains et asiatiques gavent les start-ups à coup de coupons d'une valeur de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers d'euros afin de les encourager à travailler uniquement avec eux. Ils agissent un peu comme des dealers de drogue... La première dose est quasiment gratuite, ensuite, ils savent que vous êtes dépendants et c'est là où cela devient dangereux pour ces start-ups. D'autant que leurs Clouds sont finalement facturés très chers par rapport à ce qu'ils coûtent vraiment.

 

En quoi la démarche de Scaleway est-elle différente ?

Scaleway préfère mener d'autres initiatives afin de bien accompagner ces start-ups. Par exemple, nous nous engageons à leur fournir du support, à mettre à leur disposition des architectes cloud qui les aident à construire et héberger leurs applications chez nous, etc. Et sur le plan financier, Scaleway offre 3000 euros par mois à ces start-ups pour les aider à développer leurs projets avec nous. Mais l'objectif n'est pas, je le répète, de les verrouiller en leur offrant la « première dose » gratuitement.

 

Quelles sont les autres priorités de Scaleway pour 2019 ?

La principale priorité de Scaleway est de se reconnecter avec ses clients et ses communautés pour mieux comprendre l'évolution de leurs besoins et ainsi mieux les servir. La seconde priorité du groupe est de déployer ses Clouds à l'international, car la majorité de nos clients hébergés dans notre Cloud en France ne sont pas français. C'est un non-sens. Nous devons déployer nos offres Cloud au plus proche de ces clients pour accompagner leur croissance numérique. La troisième priorité de Scaleway est de continuer à développer des produits innovants qui répondent bien à leurs besoins. La tâche est immense. Les leaders du marché ont développé au moins 100, voire 150 à 200 produits ces 10 dernières années. Scaleway doit donc faire les choses différemment afin de se démarquer d’eux pour leur assurer la meilleure expérience utilisateur, tant au niveau de la qualité que du prix.

 

Quels sont les projets de Scaleway à l'international ?

Scaleway va ouvrir cet été à Varsovie, en Pologne, une zone de disponibilité pour les pays d'Europe de l'est à très forte croissance numérique, dont la Russie, l'Ukraine, les Balkans et la Turquie. Cela nous permettra de leur fournir un service de qualité avec des taux de latence très faibles. C'est le premier déploiement à l'international du groupe en dehors des Pays-Bas. Dans un second temps, Scaleway ouvrira au moins un autre point de présence en Asie du Sud Est, une autre zone à très forte croissance numérique, ainsi qu'en Amérique Latine, région où nous disposons déjà d'une très forte communauté d'utilisateurs.

 

Quels nouveaux produits avez-vous annoncé lors de votre Quick off en juin ?

Scaleway a déjà lancé 10 produits en quelques mois, dont du stockage objet, du stockage block, du « serverless », des nouveaux services Cloud, etc. Ces annonces ont demandés 18 mois de travail à nos quelques 200 développeurs. D'autres nouveautés apparaitront dès septembre. Scaleway continuera d'innover car il y a de la place pour les challengers qui innovent.

 

Que pèse le Cloud en 2019 dans le chiffre d'affaires de Scaleway par rapport à vos activités historiques ?

Le Cloud pèse une part très significative de l'activité de Scaleway en termes de serveurs, d'infrastructures et de chiffre d'affaires. Toutefois, nous ne communiquons pas ces chiffres.

 

Comment pouvez-vous vous positionner sur le Cloud souverain alors que plus de la moitié de vos clients hébergés en France ne sont pas français ?

Certes, mais nous avons 20 ans de recul dans l'Education et d'autres secteurs pour savoir bien répondre aux besoins des entreprises françaises.

 

Pourquoi Scaleway ferait-il un meilleur « Cloud souverain » que ses concurrents français ?

Scaleway a la prétention de croire que son offre de Cloud souverain et ses bonnes infrastructures peut répondre correctement aux besoins du secteur public. Par exemple, nous sommes le seul acteur en France à disposer sur Paris d'un abri antiatomique situé à 25 mètres sous terre. Il offre des conditions de sécurité uniques en Europe.

 

Le Cloud dit « souverain » est-il une nouvelle ligne Maginot que la France aligne contre les Gafam et Batx ?

Non. Et on ne devient pas un Cloud souverain en le criant haut et fort comme le font pourtant certains de nos concurrents.

 

Pourtant, la France n'a-t-elle pas été le seul pays au monde à créer deux « Clouds souverains » par le passé : Cloudwatt et Numergy ?

Ces initiatives ont coûté deux fois 275 M€ aux contribuables français. Il est donc temps d'arrêter les frais. D'autant qu'il existe déjà des acteurs historiques dont la légitimité est indiscutable sur le marché du Cloud. Ne serait-ce parce qu'ils ont réalisé des investissements importants, construit des écosystèmes, gérer des clients et des développeurs, etc.

 

Pourquoi les acteurs français n'arrivent-ils à unir leurs forces dans le Cloud et l'hébergement pour contrer les Gafam et Batx ?

C'est une bonne question. Je constate effectivement que les acteurs français ne désirent pas forcément se rassembler pour répondre aux divers challenges souverains.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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