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Racheté par Divalto, Swing Mobility continuera-t-il de travailler avec ses concurrents, dont Cegid ?

publié le vendredi 06/02/2015

En janvier 2015, l’éditeur strasbourgeois Divalto a racheté à la barre Swing Mobility, un spécialiste strasbourgeois des applications de mobilité. Il booste ainsi ses revenus en Europe, dans la mobilité, et surtout dans le Saas, mode de vente en ligne qui représente environ 80% des revenus de Swing. Son application de mobilité est utilisée par des éditeurs d’ERP concurrents de Divalto, dont Cegid...

 

 

Fondé en 2003 par Patrick Metzger, Swing Mobility était en redressement judiciaire depuis le 13 octobre 2014. Une trentaine de candidats, dont un expert de la mobilité tel que Danem, étaient sur les rangs pour racheter cet éditeur strasbourgeois. En effet, il possède un atelier de génie logiciel permettant de bien développer des applications pour les mobiles. Swing Mobility avait déclaré un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2011. Thierry Meynlé, président du directoire de Divalto, nous explique ce qu’il compte faire de cette pépite très convoitée. Maintiendra-t-il les relations commerciales, OEM notamment, que son compatriote Swing Mobility entretient avec plusieurs éditeurs concurrents de Divalto, qui utilisent déjà son application de mobilité dans leurs ERP ?

 

 

Magazine Channel BP (www.channelbp.com) : Comment s’est déroulée votre deuxième acquisition ?

Thierry Meynlé, président du directoire de Divalto, un éditeur strasbourgeois de progiciels RH et d’applications de mobilité : Ce rachat a été très disputé. Quelques 30 candidats ont demandé à recevoir le dossier, ce qui a fait monter les prix. Cette affaire est tombée en plein milieu du voyage distributeurs qu’organisait Divalto en Afrique du Sud.

 

Divalto n’était-il pourtant pas déjà en pourparlers avec son compatriote strasbourgeois Swing Mobility ?

Effectivement, nous avions engagé des pourparlers il y a trois ans, mais ils n’ont pas abouti. Swing nous intéressait déjà à l’époque car c’était une belle marque et le leader de son secteur.

 

Divalto intègre-t-il tous les salariés de Swing ?

Oui, les 30 salariés de Swing Mobility rejoindront dès ce mois les quelques 150 salariés de Divalto. Les deux équipes fusionneront dans un nouveau siège que nous avons racheté. Il se trouve être l’ancien bâtiment de RBS, éditeur dont nous avons racheté des activités il y a deux ans.

 

Est-ce le virage Saas qu’avait pris Swing Mobility qui l’a mis en difficulté, sur le plan financier notamment ?

Swing Mobility a généré trois millions d’euros de revenus en 2014, essentiellement en services logicielles de type Saas. Ce modèle de vente en ligne représente 80% des commandes de cet éditeur. Or, il affichait un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros en 2011, époque où il ne vendait qu’en mode licences. Le passage au mode Saas nécessite pour un éditeur de la trésorerie et de la patience de la part de ses actionnaires.

 

Divalto profitera-t-il du rachat de Swing Mobility  pour développer sa stratégie Saas ?

En 2015, Divalto réalisera 20% de son chiffre d’affaires en Saas, pourcentage qui n’était de 10% en 2014. La demande pour l’achat en mode Saas des ERP est moins forte que pour les applications de mobilité. Il faut donc savoir répondre à la demande des clients et ne pas l’anticiper. Je ne crois pas que le monde logiciel sera 100% Saas, car certains dirigeants refusent de payer un loyer à vie.

 

Qu’apporte le rachat de Swing Mobility à Divalto ?

Une application puissante et configurable grâce à sa boite à outils (SDK). Elle nous permet, par exemple, de développer des applications vendues en mode Saas, ce qui est l’avenir. Divalto hérite également d’une belle filiale opérationnelle dans les pays germanophones (Allemagne, Autriche et Suisse).

 

Que pèsera l’international dans votre chiffre d’affaires en 2015 ?

Environ 20%. Je suis satisfait de pouvoir accélérer enfin le développement du groupe à l’international. D’ailleurs, j’ai nommé directeur des activités de Divalto à l’international la personne qui était à ce poste chez Swing.

 

L’acquisition de Swing Mobility va-t-elle beaucoup doper le chiffre d’affaires et les marges de Divalto ?

Divalto prévoit de réaliser 21 ME en 2015, contre 16.9 ME en 2014, année où nous enregistrons une croissance organique de 15%, ce qui est considérable. Cette croissance provient de la signature d’un nombre accru d’affaires ERP, dont 120 pour le seul mois de décembre. Preuve que Divalto a beaucoup progressé en termes de notoriété et de reconnaissance chez les clients. Divalto devient le champion français de l’ERP vendu en indirect, face notamment à un Cegid, qui commercialise lui ses ERP essentiellement en direct.

 

Quelles sont les synergies entre Swing et DS-Mobileo ou DS-Agileo, deux applications de mobilité que vous aviez rachetée il y a deux ans à RBS, un autre éditeur/intégrateur strasbourgeois ?

Ces deux lignes d’applications utilisent des technologies différentes. L’ADN de Mobileo est basé sur le système d’exploitation Android, alors que celui de Swing Mobility repose sur la plateforme IOS d’Apple. En outre, au plan fonctionnel, Swing propose à ses clients une boite à outils (SDK) leur permettant de créer des applications-métiers. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui de DS-Mobileo ou DS-Agileo. Divalto prendra le meilleur de ces deux savoir-faire pour créer un produit de mobilité parfait à horizon de deux ou trois ans. Nous le commercialiserons bien évidemment en indirect.

 

La stratégie commerciale de Divalto étant toujours 100% indirecte, pensez-vous pouvoir intégrer facilement les produits de Swing dans votre réseau de distribution ?

Oui, toutefois, Divalto ne confiera sa commercialisation qu’à des partenaires disposant des bonnes compétences technologiques. En effet, je suis conscient que le SDK de Swing Mobility peut compliquer la commercialisation en mode indirect de ce type de produit. Ces intégrateurs devront être en capacité de gérer les mises à jour sur un produit aussi configurable. Fort heureusement, certains VAR Divalto disposent déjà de compétences dans ce domaine grâce à DS-Mobileo.

 

Swing Mobility était-il perçu comme un concurrent par les revendeurs de Divalto ?

Pas vraiment car Swing Mobility commercialisait surtout son application en mode Saas, et donc majoritairement en direct, même si cet éditeur travaillait avec quelques apporteurs d’affaires. En 2014, nous n’avons répertorié que 10 affaires où Divalto DS-Mobileo était face à Swing Mobility. Le marché est vaste et nous saurons gérer d’éventuels conflits s’ils se présentent à l’avenir.

 

Divalto maintiendra-t-il les partenariats technologiques et commerciaux que Swing Mobility avait signés avec certains de vos concurrents ?

Swing Mobility est effectivement la solution de mobilité tournant sur les ERP de l’éditeur Cegid. Je prévois de maintenir ce partenariat technologique, qui est aussi une source de revenus. Cette application tourne également chez beaucoup d’autres éditeurs d’ERP. Je m’en réjouis car Divalto désire développer cette politique OEM, laquelle ne concurrence pas notre réseau indirect. Je précise d’ailleurs que la solution de mobilité disponible sur notre ERP Divalto reste DS-Mobileo.

 

Les futures acquisitions de Divalto ne concerneront-elles – à nouveau - que des acteurs alsaciens ?

Je suis sûr que non (rire). Certes, RBS et Swing Mobility étaient des acteurs alsaciens, mais aussi des spécialistes nationaux et reconnus de la mobilité. Divalto ne réalisera pas d’autres acquisitions en 2015, car nous devons intégrer les nouvelles équipes et préparer le déménagement. En outre, notre prochaine acquisition sera très probablement effectuée à l’international.

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