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Pourquoi VMware reste-t-il indépendant ?

publié le mercredi 14/10/2015

BARCELONE : Durant VMWorld, la grande messe européenne de VMware qui s'est tenue mi-octobre à Barcelone, Carl Eschenbach, le président et directeur exécutif de cet éditeur, a défendu farouchement la nécessaire indépendance de VMware face à Dell, le futur acquéreur de sa maison-mère EMC et de ses autres filiales.

 

Carl Eschenbach a été clair : « VMware continuera d'être une organisation indépendante, comme elle l'est depuis son rachat par EMC ». Ce qui a confirmé Pat Gelsinger, le PDG de VMware, qui est apparu fatigué, mais toujours aussi combatif. Il a comparé ce rapprochement entre ces deux géants à un « choc tectonique qui va impacté toute l'industrie IT ». A priori, Dell ne remet pas en cause son indépendance puisque Michael Dell, qui avait l'air également très fatigué, a affirmé lors d'une vidéo diffusée au début de VMworld que, contrairement à sa maison-mère, qui sera privatisée, VMware devrait demeurer une société indépendante et cotée en bourse. Son intervention n'a pas déclenché de « standing ovation »...

 

EMC ne détient toujours qu'environ 80% de VMware

Pour des questions financières notamment. En effet, nous avons eu confirmation sur le salon VMWorld qu'EMC ne détient toujours qu'environ 80% de VMware, dont la capitalisation en bourse avoisinerait 34 Md$. Les 20% restants sont au Nasdaq. Or, si Dell avait voulu prendre le contrôle de la totalité de cet éditeur, il semble qu'il aurait dû débourser quelques 20 Md$ supplémentaires ! Pas sûr que Michael Dell ait pu sortir immédiatement cette somme énorme, sachant qu'il a déjà levé environ 65 Md$ en deux ans entre la privatisation de son groupe et le rachat d'EMC et de ses filiales. En outre, si l'actionnaire de référence remettait en cause le positionnement technologique de VMware, réputé agnostique sur la virtualisation, sa valorisation boursière risquerait de chuter, de même que l'intérêt que lui porte les clients. Enfin, Dell n'a certainement pas envie de tuer la poule aux oeufs d'or en changeant le modèle de VMware, qui est certainement l'entreprise la plus rentable de la galaxie EMC.

 

Les enjeux financiers et organisationnels sont colossaux pour ce nouveau titan de l'IT, comme l'a d'ailleurs rappelé Pat Gelsinger :« Dell et EMC ont signé ce week end le plus grand deal de l'histoire de IT ». EMC et Dell ont peut-être échappé au pire en se mariant après tout. S'appuyant sur une récente étude américaine, le PDG de VMware a en effet prédit que « 40% des entreprises de l'indice S&P 500 vont disparaître dans les dix ans à venir. Le constat est même plus sévère dans l'IT. Selon certaines études, 50% des 100 premières entreprises high tech vont disparaître sur cette période ». Et donc, pour paraphraser l'une des citations de Pat Gelsinger lors de son intervention à VMworld : « Même les éléphants doivent s'adapter et apprendre à danser ».

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