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Pourquoi Microsoft se focalise-t-il autant sur le Cloud public ?

publié le mercredi 11/04/2018

En mars 2018, Microsoft a ouvert 4 points de présence dans les datacenters neutres français d’Interxion et d’Equinix afin de promouvoir Office 365 et son Cloud public Azure face au leader AWS. Quid du Cloud privé ou hybride, dont Microsoft ne parle que rarement aux millions de partenaires et clients détenteurs de licences pour ses logiciels sur site ?

 

Pourquoi avoir attendu 2018 pour ouvrir des datacenters en France alors que Microsoft en détient déjà une centaine dans le monde, dont une dizaine en Europe ?

Frédéric Aatz, responsable senior du groupe Infrastructure et Hybrid Cloud chez Microsoft en France : Microsoft n’a pas attendu. La décision de construire ces datacenters a été prise il y a six ans au moins. Le groupe a même démarré une preview pour Office 365 et Microsoft Azure dès fin 2017 pour permettre à certains clients français de tester nos offres jusqu’en mars 2018

 

Pourquoi avoir ouvert des datacenters en Irlande, au Royaume-Uni et en Allemagne avant la France ?

Pour répondre à la demande de ces pays présents dans des géographies similaires.

 

La mise en conformité obligatoire des acteurs européens du Cloud avec la future loi RGPD explique-t-elle la récente accélération de vos ouvertures de datacenters en Europe ?

A priori, ces ouvertures de datacenters correspondent davantage à un souci de localisation des données dans chaque pays que d’un besoin de se conformer avec le calendrier d’introduction de la GDPR en France et en Europe.

 

Microsoft prévoit-il de demander la certification HADS pour être autorisé à héberger les données de santé de ses clients français ?

Microsoft travaille sur le dossier pour obtenir de l’ASIP la nouvelle version de la norme HADS (hébergeur agréé des données de santé) qui sortira dès avril 2018.

 

Pourquoi héberger vos serveurs dans les datacenters neutres d’Interxion et d’Equinix en France plutôt que de bâtir vos propres datacenters ? Est-ce partout pareil dans le monde ?

Microsoft utilise tous les modèles d’hébergement, de la colocation neutre aux datacenters que nous construisons et opérons en propre. Au plan international, Microsoft travaille avec plusieurs experts des datacenters, mais les sites de Chicago et d’Amsterdam nous appartiennent par exemple. Pour des questions de sécurité, Microsoft ne communique pas sur les noms des partenaires datacenters avec lesquels nous travaillons dans différents pays.

 

Pourquoi ouvrir 4 points de présence dans des datacenters implantés dans 2 régions françaises distinctes, et non pas un ou deux datacenters dans une seule région ?

Afin d’être compatible avec les normes internationales de disaster recovery et d’offrir la plus faible latence possible. Raison pour laquelle Microsoft répartit ses offres Cloud entre au moins 3 datacenters distincts en France.

 

Mais pourquoi avoir ouvert un point de présence dans le datacenter d’Interxion à Marseille ? Pour couvrir également le Maghreb ?

Quand Microsoft planifie l’ouverture d’un datacenter dans un pays, il s’interroge sur toutes les régions couvertes à proximité. Nous savons que nos datacenters français auront aussi des clients en provenance du Maghreb et du Moyen-Orient, voire de l’Afrique du sud. Microsoft ne dispose pas encore de datacenters en Afrique. L’ouverture de nos premiers datacenters au Moyen-Orient, à Abu Dhabi et à Dubaï, devrait intervenir dès 2019. Je précise que Microsoft rattache les utilisateurs d’un pays, français en l’occurrence, aux offres hébergées dans leurs datacenters nationaux, afin de faire correspondre leurs offres Cloud à leurs adresses de facturation.

 

Comment Microsoft se positionne-t-il face à ses concurrents directs dans le Cloud public, dont AWS, l’actuel leader du marché ?

Microsoft est désormais moins suiveur sur le marché Entreprise vis-à-vis d’AWS car Azure enregistre une bonne dynamique, laquelle nous permettra de prendre le lead.

 

Pourquoi Microsoft ne parle-t-il que rarement, voire jamais, de Cloud privé ou hybride à ses partenaires et clients détenteurs de licences ? Cette approche devrait pourtant être l’une de vos forces face à AWS ?

Je reconnais que le groupe ne communique parfois pas assez en France sur le Cloud Privé et le potentiel du Cloud hybride avec notre offre Azure Stack. Microsoft a peut-être hypertrophié sa communication en faveur du Cloud public, alors que 80% de nos clients licences existants s’intéressent déjà au Cloud hybride. Nous avons sans doute besoin de réaliser davantage de pédagogie en interne et auprès de nos partenaires.

 

Pourquoi Microsoft n’a-t-il toujours qu’une seule marketplace Cloud, et qui ne vends qu’Azure et aucune autre de ses autres offres Saas (SQL Server, Office 365, etc.) ?

Effectivement, l’offre Cloud de Microsoft recouvre également d’autres logiciels et services qui ne sont pas encore marquetés sur la marketplace d’Azure, laquelle propose également les produits d’éditeurs tiers.

 

Pourquoi vos ERP Dynamics sont-ils encore le parent pauvre de la communication Cloud de Microsoft ?

Nos offres ERP Dynamics sont également disponibles en mode Saas.

 

Tablez-vous sur une stabilisation du prix de vente des services de Cloud public car, suite aux nombreuses baisses de prix de Microsoft, Google et d’AWS, il est difficile pour vos revendeurs et clients de construire un modèle économique ?

Aucun des acteurs du Cloud public ne baisse ses prix pour baisser les prix. La situation s’est déjà calmée ces derniers mois et j’espère que ce marché très concurrentiel va se stabiliser à l’international. Je précise qu’en cas de baisse des prix, le client paie certes moins, mais Microsoft maintient les marges de ses revendeurs.

 

Parmi vos quelques 10.000 partenaires français, combien revendent-ils vos offres de Cloud public Azure ?

Quelques centaines déjà. Leur nombre progresse rapidement.

 

Vos revendeurs peuvent-ils héberger les offres Cloud de Microsoft dans leurs datacenters ?

Oui, au moins pour Office 365. Concernant l’hébergement d’applications dans le Cloud public Azure, nos partenaires peuvent l’opérer via Azure Stack. Sinon, ils peuvent nous en confier la gestion.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com

#CBPMagazine, #BellinCBP, #GUIDECLOUD

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