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Pourquoi et comment la France doit préserver sa souveraineté dans le Cloud

publié le mercredi 29/05/2019

Plus de 2.000 milliards de dollars de données sont hébergées dans le monde, dont 200 millions chez les grands acteurs du marché comme Amazon, Microsoft ou Google. Soit déjà 10% des données, mais il reste ainsi quelque 1.800 Milliards de dollars en données qui sont toujours hébergées par les entreprises au cœur de leurs propres infrastructures.

 

Face à une offre européenne en mal de puissance et face à la concurrence mondiale, il est désormais impératif de bâtir un projet commun qui permette une réelle maîtrise de l’externalisation des données pour, a minima, en préserver le contrôle et la souveraineté.

 

Les différents types de cloud

L’hébergement interne (qui vient d’être rebaptisé Edge Computing) représente toujours 80% du marché des entreprises, essentiellement pour des raisons de sécurité. En effet, et encore aujourd’hui, il est difficile d’imaginer un industriel confier ses données durablement à un tiers. Il en va de la stratégie industrielle comme de la survie des savoir-faire et expertises spécifiques aux métiers.

 

Pour les entreprises qui ne veulent pas sacrifier la sécurité de leurs données tout en externalisant tout ou partie de leur système d’informations, le cloud privé est encore aujourd’hui la meilleure des solutions. Le cloud privé satisfait aux besoins en sécurité des applications grâce à des certifications métiers comme ISO27001 ou PCI-DSS. Cela permet de stocker les données en proximité chez des hébergeurs dans des environnements maîtrisés et auditables. Il permet l'utilisation diffusée au cœur des entreprises d'applicatifs métiers critiques sécurisés ou le développement de canaux de distribution via le web e-commerce tout en garantissant le stockage et la protection de données sensibles.

 

Le cloud public est une alternative intermédiaire quand DSI et décideurs souhaitent pouvoir délester équipes les informatiques comme les développeurs de la gestion de l'infrastructure et ainsi leur permettre de se focaliser directement sur la transformation digitale, leur cœur de métier. Les ressources informatiques de l’entreprise sont ainsi stockées dans un Datacenter à distance et les ressources sont modulables directement à la demande pour encaisser un pic de charge ou une saisonnalité des usages. Tous les serveurs en Clouds Publics sont standardisés et partitionnés de manière à interdire les fuites de données.

 

Le cloud en Europe : un effort collectif !

Devant la concurrence des géants américains ou asiatiques, il convient de prendre conscience d’éventuelles menaces économiques ou industrielles. Le constat est clair : à vouloir confier toutes les données personnelles ou de nos entreprises à des puissances étrangères, nous créons de nouveaux problèmes à venir. Le choix d’une alternative forte n’est pas lisible aujourd’hui : le marché européen n’est pas consolidé et n’est donc pas encore prêt à faire face. Aucun acteur ne prédomine, pas même OVH qui tente de faire face à de complexes enjeux de croissance tant la compétition est démesurée. La concurrence mondiale est donc totalement déséquilibrée et devient ainsi concrètement dangereuse : dans un contexte de guerre économique ou idéologique, rien n’empêche un acteur piloté par une puissance étrangère d’éteindre tout bonnement le système ou de corrompre des données silencieusement. Que deviendraient nos entreprises sans la confiance en les données qu’elles pilotent ou sans plus aucune de ses applications accessibles ? Savons-nous piloter notre pays en confiant le cœur de notre économie à des puissances étrangères en tout aveuglement ?

 

Se rassembler autour d’un projet commun

Il est donc impératif de redonner une souveraineté aux puissances économiques européennes comme aux entreprises. S’il ne s’agit pas de stratégie industrielle, il s’agit, juste, d’une stratégie de survie à long terme.

 

Pour ce faire, un projet de collaboration en commun doit émerger, qui lie les intérêts de tous : un projet de coopétition (collaboration dans la compétition), ce qui nécessite un outil orchestrateur multi-cloud qui va unir les industries françaises.

 

Dans ce contexte, l’IT a plus que jamais besoin de flexibilité et de sécurité. Dans chaque organisation, chaque périmètre doit être préservé, tout en participant à un effort de cohérence globale et consolidation flexible.

 

Il est donc nécessaire de mettre en place une solution simple et fiable, éprouvée et capable d’intégrer différents fournisseurs cloud du marché. L’objectif est d’orchestrer un cloud souverain dont le service public a besoin, notamment en matière de géographie des données : l’organisation doit maîtriser à tout moment la localisation précise en Europe où ses données sont stockées. Plus question de mettre son patrimoine à la disposition des autorités américaines, comme l’exige le Patriot Act quand les données sont stockées aux USA ou par une entreprise américaine.

 

Il est donc venu le temps de reprendre la maîtrise de notre géographie de données, de reconquérir notre Atlas.

 

Pour préparer une émergence de nouveaux marchés donc de nouveaux métiers, il faut rapidement refermer le chapitre des infrastructures et bâtir la confiance via le cloud souverain sur des fondations saines et appropriées.

 

L’enjeu majeur est de réussir à faire travailler ensemble les entreprises françaises. La deuxième étape de la transformation numérique est donc humaine et la majorité des informaticiens doit se préparer, non plus à piloter des infrastructures, mais à analyser les données hébergées : à passer d’un métier d’architecte bâtisseur à celui de datascientist.

 

Kevin Polizzi, président & fondateur de Jaguar Network

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