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OVH s’attaque aux marchés publics en France et à l'international

publié le jeudi 25/10/2018

Alors qu’OVH déplore la faiblesse de la commande publique en faveur des champions européens du Cloud et de l’hébergement, en France notamment, Octave Klaba, son président, monte une nouvelle équipe importante pour adresser les marchés publics. La partie n’est pas gagnée.

 

Selon Octave Klaba, si OVH ne réalise que plus de 500 M€ au niveau mondial en 2018, c'est parce que le chiffre d'affaires de l'écosystème du Cloud et de l’hébergement en Europe n’est pas assez développé. Sous-entendu, ce chiffre serait beaucoup plus important si les pouvoirs publics, en France notamment, lui faisaient davantage confiance... Pour tenter d’inverser la tendance, OVH a recruté beaucoup de commerciaux en 2018 afin de répondre, de manière très professionnelle, aux appels d’offres sur les marchés publics notamment, tant en France qu’à l’international : « Notre équipe compte désormais quelques 75 salariés, contre une poignée il y a quatre ans », précise Octave Klaba. Cela suffira-t-il ?

 

Le PDG de l’hébergeur OVH n’est pas dupe

Octave Klaba sait qu’il n’a pas partie gagnée, même en France. Il admet qu’il ne se passe pas un mois sans qu’il apprenne qu’une collectivité locale française, une mairie, ou une société parapublique bascule une partie de ses infrastructures IT dans les Clouds publics de l’un des Gafam (Amazon, Google, Microsoft, etc.). Idem dans d’autres pays européens. « Qu'est-ce qu'une mairie peut trouver chez AWS que ne propose pas OVH ? Je ne sais pas », s’interroge Michel Paulin, le nouveau directeur général d’OVH. Ces commandes publiques s’inscrivent d’ailleurs dans un contexte économique européen un peu curieux, pour ne pas dire schizophrène. La preuve, la Commission Européenne et de nombreux Gouvernements européens, dont la France, dénoncent actuellement l’optimisation fiscale pratiquée par ces mêmes Gafam et ils cherchent à les taxer davantage…

 

OVH n’est pas toujours pris au sérieux par certaines autorités publiques

Une situation jugée inacceptable par de nombreux champions français et européens du Cloud et de l’hébergement, dont beaucoup disposent désormais d’offres industrialisées sérieuses. A commencer par leur leader en Europe, OVH. Même s’il réalise plus de 500 M€ de chiffre d’affaires en 2018, dont une grande partie en Europe et à l’international, OVH n’est pas toujours pris au sérieux par certaines autorités publiques en Europe semble-t-il.

En France notamment. Octave Klaba déplore d’ailleurs le peu de soutient dont son groupe bénéficie de la part du Gouvernement, et la faiblesse de la commande publique. Un message relayé par Michel Paulin : « C'est dommage d'avoir des joyaux en Europe que l'on ne valorise pas assez, en France notamment, avec des gens (NDLR : des décideurs politiques) et que les déclarations ne soient pas suivies d'actes... OVH dispose pourtant de facteurs différenciateurs évidents. Fort heureusement, plus d'une centaine de grandes entreprises, françaises notamment (Airbus, Société Générale, etc.), reconnaissent déjà ces « facteurs différenciateurs » et elles sont clientes de son pôle Entreprise.

 

« Ils ne comprennent toujours pas ce que nous faisons… et depuis Roubaix ! »

Quand CBP demande mi-octobre à Octave Klaba, lors de l’OVH Summit, pourquoi des organisations publiques françaises et européennes choisissent encore plus souvent les offres Clouds des Gafam américains plutôt que ceux d’OVH et de ses pairs européens, le président d’OVH estime que « Le marché du Cloud est basé sur la confiance car il est en très forte croissance. Or, il semble que  certaines organisations ne soient pas encore pleinement convaincues, mais nous y travaillons. Pour preuve, OVH a levé beaucoup d'argent en 2017, ce qui a rassuré les organisations publiques que vous évoquez, mais ce n’était toujours pas suffisant... Certains d’entre elles s'interrogent encore sur notre rentabilité et comment on peut concurrencer sérieusement les Gafam… Selon elles, il semblerait qu'OVH ait déjà perdu la partie. Or, je ne crois pas que nous l’ayons perdue. La preuve, nous sommes déjà devenus le plus grand hébergeur en Europe et nous grandissons encore à l’international. J’ai d’ailleurs embauché cet été Michel Paulin, un dirigeant expérimenté, pour faire grandir plus rapidement la société… Mais ce n’est pas encore suffisant pour certains semble-t-il. Ils ne comprennent toujours pas ce que nous faisons, et depuis Roubaix !

 

OVH doit-il réaliser une nouvelle levée de fonds ou entrer en bourse ?

Octave Klaba se demande ce qu’il doit faire pour achever de les convaincre du sérieux d’OVH et de la qualité de ses offres Cloud : « Pour leur expliquer notre belle performance et notre potentiel à l’international, OVH doit-il donc avoir recours à un point de vue extérieur ? A un expert ? L'IPO peut-il être une solution à explorer dans cette perspective ? ». Octave Klaba dit d’ailleurs aussi réfléchir à une nouveau financement de 3-7 milliards à l’horizon 2021 – 2026, dans le cadre de son futur plan stratégique. Actuellement, la famille Klaba détient plus de 80% d’OVH et les fonds KKR et Tower Brook, près de 20% de son capital de l’hébergeur et opérateur Cloud. Ces fonds d’investissements privés auraient-ils investit autant d’argent si les offres Cloud et les perspectives d’OVH à l’international n’étaient pas sérieuses à court et long termes ?

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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