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Outscale lance son Cloud souverain pour le secteur public et les clients du groupe en France et au Japon

publié le jeudi 11/07/2019

Outscale dévoile son Cloud souverain pour le secteur public et les clients de Dassault Systèmes, sa maison-mère, tant en France qu’au Japon. Laurent Seror, son directeur général, invite ses pairs, français et européens, à construire une vraie stratégie digitale souveraine…, sans répéter l'histoire malheureuse de Numergy et Cloudwatt.

 

CBP (www.channelbp.com) : Quelles sont les priorités d'Outscale en 2019 ?

Laurent Seror, directeur général d’Outscale, une filiale de l’éditeur Dassault Systèmes spécialisée dans l’hébergement et le Cloud (Iaas) : Outscale mène de front deux grands chantiers actuellement. Le premier réside dans l'obtention prochainement de la certification SecNum Cloud de l'Anssi pour notre Cloud destiné au secteur public, offre que nous avions ouverte dès 2018. Les applications et les données du Gouvernement et de ses partenaires seront hébergées sur cette plate-forme. Nous serons alors le second acteur français à l'obtenir après Oodrive, un éditeur spécialisé dans le stockage de fichiers. Le second objectif du groupe est d'ouvrir Outscale Japon d'ici fin 2019. Cette société-sœur fournira localement une infrastructure IT et Cloud souveraine pour répondre aux problématiques des acteurs japonais des Smart Cities, de l'IOT et de l'industrie 4.0.

 

Comment peut-on devenir un acteur IT « souverain » au Japon sans être japonais ?

Le modèle « multi souverain » d'Outscale consiste en la création de sociétés-sœurs au plan local. Elles sont indépendantes en termes d'opérations car elles disposent de leurs propres équipes et datacenters locaux. Mais toutes utilisent nos processus industrialisés et nos outils, dont Tina OS, notre logiciel d'orchestration du Cloud. Un peu comme un franchisé qui va déployer tout notre savoir-faire sur le marché japonais, mais avec des collaborateurs japonais qui respectent les lois et les modèles de souveraineté japonais.

 

En matière de Souveraineté Numérique, La France n'a-t-elle d'autres choix que de construire, à nouveau, sa propre offre de « Cloud Souverain » afin de concurrencer les Gafam et les Batx ?

Il faut choisir si on veut, ou pas, lutter contre les hyperscalers, qui sont principalement des acteurs américains dans les faits. Veut-on gagner cette guerre du Digital ou laisser les Américains mettre toutes nos données dans leurs systèmes d'information et les exploiter sans notre consentement ? L'industrie du futur est en train de se développer chez des acteurs comme Facebook, qui installe nos milliards de photos tagguées sur ses plateformes afin d'entraîner les nouvelles intelligences artificielles (IA) qui équiperont les robots de demain. Est-ce que l'on souhaite que ces IA pensent comme un Américain ou comme un Européen ? C'est pour cela que la France, mais aussi l'Europe, doit construire une vraie stratégie digitale, qui passe notamment par la création d'infrastructures et de Clouds souverains.

 

Quel rôle Outscale prévoit-il de jouer dans ces « clouds souverains » français ? Ne risquez-vous pas de répéter l'histoire malheureuse de Numergy et Cloudwatt ?

Non. L'idée est de ne pas dupliquer les expériences de Numergy et Cloudwatt en créant des clouds souverains qui ne soient pas des clouds d'état, et qui ne fonctionnent pas à coup de subventions. La France doit disposer d'une solution industrielle, rentable et qui se développe en générant de la croissance et de la valeur. C'est ce qu'apporte un acteur comme Outscale, ainsi que des confrères connus sur la place, en France comme en Europe. D'ailleurs, nous discutons avec certains d'entre eux pour savoir comment répondre à ces problématiques de souveraineté en France.

 

Concrètement, Outscale dispose-t-il un plan d'actions pour créer son propre Cloud souverain ?

La souveraineté est une problématique très importante pour Outscale depuis sa création. Le groupe a construit en 2018, sans aucune subvention, une plateforme Cloud destinée au secteur public qui sera prochainement labellisée SecNumCloud. Cette souveraineté, nous l'obtenons aussi grâce notamment à Tina OS, notre logiciel d'exploitation qui peut tourner sur n'importe quels matériels et logiciels, tant en France qu'à l'étranger.

 

Qu'est-ce qui a changé chez Outscale après la prise de participation majoritaire de Dassault Systèmes mi-2017 dans son capital ?

Les départements R&D et Les services internes de Dassault Systèmes étaient déjà un client d'Outscale. La différence aujourd'hui est que Dassault Systèmes revend nos offres comme l'une de ses nombreuses marques, du type Catia, Enovia, etc. Cette nouvelle donne nous permet d'attaquer plus de 150 pays à l'international. Sans Dassault Systèmes, Outscale n'aurait pas pu vendre son offre infrastructure IT à la ville de Jaipur pour son projet de Smartcity, mais également nos solutions d'infrastructures à de grands constructeurs dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique. La capacité de la force de vente de Dassault Systèmes à nous embarquer dans ses processus nous a ouverts de nombreuses portes à l'étranger

 

Quelle est la part de l'activité de Dassault Systèmes dans le chiffre d'affaires d'Outscale en 2019 ?

Elle a toujours été significative. Mais si l'on compte uniquement la contribution interne de Dassault Systèmes, elle est désormais inférieure à 50% de notre chiffre d'affaires, soit bien moins que précédemment. Je précise qu'Outscale réalise aujourd'hui au moins 50% de son chiffre d'affaires global avec des acteurs qui sont déjà clients de Dassault Systèmes. Ils utilisent par exemple sa plateforme 3D Experience. Il y a aussi dans le lot des clients qu’Outscale a gagné à l'étranger avec l’aide de Dassault Systèmes, dans la Smart City par exemple.

 

Outscale revendique 10 data centers dans le monde, s'agit-il de vos propres data centers ou de points de présence chez des hébergeurs tiers ?

Il y en a 11 désormais depuis que la « région » Secteur Public s'est ajoutée en 2018 aux 10 points de présence qu'Outscale avait déjà. Nous ne construisons pas nos propres data centers car cela n'apporterait que peu valeur ajoutée à notre métier d'éditeur. Outscale collabore avec deux fournisseurs de data centers par région.

 

Outscale prévoit-il d'étendre davantage sa présence à l'international en 2019, ne serait que pour encore mieux accompagner ses clients et ceux de DS dans le monde ?

Fin 2019, Outscale ouvrira trois nouveaux points de présence au Japon, ce qui portera leur nombre à 14 dans le monde. Nous poursuivrons nos investissements à l'étranger dans les années à venir, aux États-Unis et en Europe de l'Est notamment.

 

Le rachat en juin 2019 par DS de Medidata aux Etats-Unis constitue-t-il une opportunité pour Outscale ?

Oui, Cette acquisition permet au groupe de se positionner sur le secteur, très porteur actuellement, de la santé personnalisée. Le logiciel en mode Saas de Medidata tournera sur la plateforme 3D Experience de DS ainsi que sur les offres Cloud d'Outscale.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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