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Oracle poursuit la réorganisation de ses troupes

publié le mardi 04/06/2019

L’éditeur de base de données préparerait, dès juin, un nouveau plan social au plan mondial. Oracle poursuit le réalignement de son organisation commerciale sur son nouveau modèle Cloud, afin de doper des ventes – et un cours de bourse - qui ne progressent pas assez vite à son goût.

 

Depuis plusieurs années déjà, les licenciements pour cause de réorganisation sont devenus une pratique annuelle « classique » chez Oracle. Ainsi que chez tous les grands acteurs historiques de l’IT qui se convertissent au Cloud d’ailleurs, et dont le chiffre d’affaires issu du matériel et des licences logicielles recule mécaniquement au profit des abonnements.

 

Mark Hurd, un spécialiste des plans sociaux de grande ampleur

Mais là, les salariés de l’éditeur américain de SGBD redoutent le montage d’un plan social de plus grande ampleur car Oracle estime depuis 2018 que ses ventes de produits et services Cloud ne progressent pas aussi vite que prévu. Occasionnant ainsi le désengagement début 2019 de Warren Buffet du capital flottant d’Oracle.

 

Et vu le palmarès de leur président dans ses précédents postes, ils ont de quoi s’inquiéter. En effet, Mark Hurd a réorganisé HP par le passé, occasionnant ainsi le départ dès 2008 de près de 25 000 salariés en trois ans. Et selon les syndicats d’Oracle, il aurait déjà licencié près de 23 000 des 137 500 collaborateurs de l’éditeur depuis qu’il a remplacé, fin 2014, son ami Larry Ellison à la tête d’Oracle.

 

Des licenciements ont démarré aux Etats-Unis et en Chine

Rien qu’aux Etats-Unis, la presse locale relate depuis ce printemps les départs de plusieurs centaines de salariés au siège d’Oracle à Redwood City, ainsi qu’à Santa Clara en Californie. En mars 2019, Oracle avait déjà fermé sa division Publicité et marketing aux Etats-Unis.

 

Le mouvement semble s’être accéléré le 3 juin avec l’envoi par la direction d’Oracle d’un mail invitant de nombreux collaborateurs américains, et étrangers, à des « réunions d’informations » avec leurs dirigeants. L’objectif est tout d’abord de les informer, par téléphone parfois, de la nouvelle réorganisation des divisions et dirigeants en cours de finalisation chez Oracle. « Business as usual ».

 

En Chine, les médias locaux annoncent la fermeture du département recherche d’Oracle (CDC) et le licenciement depuis mai de près d’un millier de collaborateurs. Selon eux, près de 1600 salariés Oracle pourraient ainsi être remerciés dès cette année en Chine. Le résultat des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ? En interne, on explique aussi que ces restructurations dans les activités développement d’Oracle auraient pour objectif d’arrêter des produits on premise « classiques », en voie d’obsolescence rapide selon l’éditeur, au profit de produits et services Cloud plus porteurs a priori. La première génération de la plateforme Cloud d’OCI, la division Cloud d’Oracle, est d’ailleurs dans le collimateur.

 

L’Europe est épargnée pour l’instant

En Europe, zone où les lois sociales protègent davantage les salariés, Oracle organise déjà des plans de départ volontaire depuis fin 2018. Les syndicats d’Oracle redoutent toutefois l’arrivée d’un plan social de grande ampleur dès 2019. En France, ils s’y sont préparés. En mars, ils se félicitaient de « la signature de l’accord ACDE jusqu’en décembre 2022. Cet accord encadre les conditions de départ des collaborateurs dans le cadre de PSE ou de Ruptures Conventionnelles Collectives, aux exactes mêmes conditions que l’accord précédemment négocié (2017-2019) ». En France, sur la centaine de départs effectifs depuis 2018 chez Oracle en France, la plupart l’ont été sur la base du volontariat.

 

Le départ depuis fin 2018 de plusieurs VP de premier plan, dont Thomas Kurian, le président du développement des produits d'Oracle, illustre la profondeur de la réorganisation commerciale. En Europe, l’éditeur s’est aussi séparé de plusieurs de ses VP senior français, dans le channel notamment, dont Franck Hourdin ou Jean-Paul Michenaud-Rague, etc.

 

Oracle a deux présidents… et les mieux payés des Etats-Unis

Ces licenciements à répétition passent d’autant plus mal que les salariés d’Oracle sont nombreux à s’interroger sur la pertinence d’avoir deux présidents très (trop) bien rémunérés à la tête de l’éditeur. Plusieurs grands médias américains, dont USA Today et 24/7 Wall St., rappellent d’ailleurs que Mark Hurd et Safra Catz sont beaucoup mieux payés que tous les grands patrons aux Etats-Unis, dont Tim Cook, le PDG d’Apple, Antonio Neri, le PDG de HPE, ou encore Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, etc. En 2018, leurs revenus respectifs étaient de 37.7 M$ pour une compensation annuelle totale de 108.3 M$ chacun !

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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