IT BtoB European Collaborative Webzine for leaders

Open Cloud Foundation : la nouvelle arme anti-Gafa française ?

publié le jeudi 19/10/2017

OVH désire s’imposer - à nouveau - comme un rassembleur des acteurs du Cloud et de l’hébergement. Le principal hébergeur européen les a invités le 17 octobre à unir leurs forces afin de garantir l’interopérabilité des offres Cloud grâce à une approche Open Source. Il veut combattre les verrouillages technologiques imposés dans le Cloud par les Gafa et de grands fournisseurs IT.

 

Encore une organisation européenne dédiée à la promotion et à la défense du Cloud ! Non content de piloter Cispe, une association européenne rassemblant une petite vingtaine d’hébergeurs et de fournisseurs d’infrastructures Cloud, OVH veut s’imposer - à nouveau - comme un rassembleur des acteurs du Cloud en France, voire en Europe si possible. Son objectif est cette fois-ci encore plus ambitieux. OVH veut promouvoir un « Cloud ouvert » dans le monde.

 

Grand défenseur de l’Open Source, Octave Klaba a invité le 17 octobre les acteurs de l’hébergement et du Cloud à réunir leurs forces afin de « garantir l’interopérabilité de leurs offres et de combattre les politiques de verrouillage ». Le PDG d’OVH souhaite définir un cadre normatif d’applications pour contrecarrer les politiques de verrouillage dans le secteur du Cloud, public notamment. Bien évidemment, il cible sans les citer les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Microsoft, etc.), ainsi que certains grands fournisseurs d’infrastructures IT (Dell, HPE, IBM, Microsoft, Vmware, etc.).

 

Quel intérêt pour les pouvoirs publics français ou européens ?

Pour l’heure, son initiative Open Cloud Foundation n’a trouvé aucun écho auprès des pouvoirs publics français ou européens. Peut-être parce que d’autres organisations existantes, dont Eurocloud, l’European Data Centre Association (EUDCA) ou France Datacenter par exemple - pour ne citer que celles-ci -, mènent déjà des actions de lobbying en ce sens depuis des années auprès des pouvoirs publics français ou européens. Sans grand résultat non plus. Echaudés par l’échec retentissant des tristement célèbres Cloud Souverains « à la Française », les gouvernements successifs n’ont peut-être pas envie de se ridiculiser en montant une nouvelle Ligne Maginot, non européenne de surcroît.

 

Et pour les spécialistes du Cloud ?

Et seul un petit nombre d’acteurs français du Cloud, et quelques européens, a répondu rapidement à l’appel d’OVH sur l’Open Cloud Foundation. Très peu d’entre eux sont de vraies pointures capables (ou légitimes) à définir un cadre normatif d’applications open source dans le Cloud au niveau européen. Les premiers à avoir répondu présents sont : Acronis, Aruba, Auchan Retail, BCG, CISPE, CITC EuraRFID, GoDaddy, ICT4V, Ikoula, INRIA, ISPConnect, i2Coalition, Kamet (Axa), La Poste Colissimo, Linkbynet, Netapp, OpenStack Foundation, Ormuco, OVH, Plesk, SolidHost, Sourcia, UKCloud… Bizarrement, ni les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Microsoft, etc.), ni les principaux fournisseurs d’infrastructures IT (Dell, HPE, IBM, Microsoft, Vmware, etc.) et ni les grands opérateurs internationaux de datacenters (Equinix, Interxion, etc.) n’ont répondu à l’appel d’OVH.

 

Une cause noble et défendable

Pourtant, la cause d’OVH est noble et défendable, ne serait-ce que pour aider les utilisateurs de services Cloud à se prémunir contre l’inévitable effet silo propriétaire, dont les exemples sont nombreux dans l’industrie IT. OVH ambitionne de permettre aux clients de passer d’un fournisseur à l’autre et de bénéficier d’un accès aux fonctionnalités de la pile cloud (IaaS/Paas/SaaS, et couches cognitives). En effet, le modèle « as a service » s’appliquera rapidement à presque toutes les formes d’activité : de l’infrastructure aux services, en passant par les plateformes, les couches fonctionnelles ou cognitives. Se pose alors la question de la propriété des données hébergées, de leur contrôle, ainsi que du secret industriel et des avantages compétitifs (cf. les algorithmes).

 

Concrètement, pour aider à la création de l’Open Cloud Foundation en 2018, OVH « propose la rédaction de directives, afin de permettre une gestion pratique de cette problématique, dont le cadre, basé autant que possible sur les normes existantes, pourrait évoluer aussi rapidement que la technologie elle-même. Les normes manquantes doivent être identifiées, et le groupe de travail doit œuvrer à combler les fossés. Tandis que la portée doit être mondiale, il s’agit également de pouvoir se conformer aux processus réglementaires locaux (à titre d’exemple, la « Portabilité des données » dans le règlement relatif à la libre circulation des données récemment proposé par la Commission européenne) ».

 

La première réunion de lancement officiel de l’Open Cloud Foundation aura lieu à Paris en décembre 2017.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com

#CBPMagazine, #BellinCBP, #GUIDEDUCLOUD

Moyenne: 5 (1 vote)
Réseaux sociaux :
Twitter Facebook Google LinkedIn

Autres articles sur le même sujet :

Mots clefs :