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Nextiraone France croit encore dans son rachat par Dimension Data

publié le vendredi 28/03/2014

Cet intégrateur de réseaux a annoncé le 26 mars le licenciement d'environ 370 salariés en 2014. Selon Philippe Hedde, le directeur général de Nextiraone France, ces départs devraient permettre à son groupe de retrouver le chemin de la croissance. Une condition nécessaire à son éventuel rachat par Dimension Data en 2015.

 

A la question de savoir pourquoi Nextiraone France ne coupe pas plus d'un tiers de ses effectifs compte-tenu de sa situation financière délicate ? Philippe Hedde, son directeur général, nous a répondu que "cela n'était pas nécessaire". Pourtant, son groupe est dans le rouge et il a besoin d'accélérer son retour vers la rentabilité. Ne serait-ce que pour rester dans la course sur un marché des réseaux où les marges se sont dégradées. Philippe Hedde n'a pas souhaité commenter l'éventuelle amélioration des résultats 2013 de Nextiraone, clos en décembre. Il nous a juste précisé qu'il repoussait leur publication à une date indéterminée. Ce qui n'est jamais bon signe. Cela dit, le bouclage des comptes de cet intégrateur réseaux français a sans doute été compliqué par l'annonce, fin décembre 2013, de la cession à Dimension Data de 13 de ses 16 filiales internationales. Pour information, Nextiraone France avait enregistré en 2012 une perte de 4.865 M€ pour un chiffre d'affaires de 274 ME.

 

Comment "embellir la mariée"

Ces derniers résultats ont sans doute refroidi les ardeurs de l'intégrateur sud-africain Dimension Data, son acquéreur potentiel. Cette filiale de l'opérateur japonais NTT a laissé environ 18 mois à l'ex maison-mère de Nextiraone pour améliorer sa situation. Philippe Hedde pense être capable de redresser la barre dans les délais pour saisir cette option de rachat. "Cette opportunité existe et nous l'étudierons en temps et en heure. Rejoindre Dimension Data, qui est le numéro un mondial du secteur, est une superbe opportunité.".

Un délai que Philippe Hedde compte bien mettre à profit pour "embellir la mariée", en lançant de ce plan social notamment, même s'il nous affirme que cela n'est pas le but initial. "Le lancement de ce plan social est fait avant tout pour permettre à Nextiraone d'accélérer sa croissance. Le projet Nextiraone 3.0, que nous mettrons en œuvre dans les 8 prochains mois, aidera notre groupe à redevenir positif. 2014 est donc pour nous une année forte en termes de développements, que nous financerons sur fonds propres. ". Le directeur général de Nextiraone France n'a pas précisé le mode exact de financement de ses projets, ni le coût de son plan social d'ailleurs.

 

Reclasser l'ensemble des collaborateurs est une priorité…

Philippe Hedde se sent très engagé par la réussite de son plan social : "j'ai pris l'engagement personnel de permettre le reclassement de l'ensemble des collaborateurs concernés par le plan social. Nous travaillons de concert avec un spécialiste de ce genre de missions pour voir comment notre écosystème peut nous aider à reclasser tous ces collaborateurs, y compris en région".

Le directeur général de Nextiraone France dit même avoir contacté certains de ses fournisseurs IT, ainsi que leurs partenaires, pour étudier avec eux le reclassement de certains de ses salariés. Une initiative innovante. Malheureusement, il est peu probable que ses deux principaux fournisseurs, Alcatel-Lucent et Cisco, lesquels licencieront à nouveau plusieurs milliers de salariés chacun dès 2014, soient intéressés par cette proposition. Quant à leurs revendeurs, auront-ils les moyens de l'être sachant qu'ils sont également lourdement impactés par les réorganisations des grands équipementiers réseaux de la planète ? Et les compétences proposées sont-elles celles qu'ils recherchent ?

 

… mais la tâche est ardue

Pas sûr. En effet, Philippe Hedde a besoin de conserver ses meilleures compétences sur le plan technique pour réussir son projet Nextiraone 3.0. D'autant que le directeur général de cet intégrateur confirme que son entreprise reste focalisée sur des marchés tels que le data center, la communication unifiée, le WAN, etc., lesquels demandent des compétences pointues, y compris chez ses concurrents... Donc, pourquoi leurs faire des cadeaux ?

 

Apparemment, les personnels licenciés le seront essentiellement dans certaines directions transverses et parmi ceux gérant le back office de Nextiraone. "L'exécution de notre plan passe par une optimisation de notre back office, qui est toujours complexe, et que nous allons devoir simplifier", explique Philippe Hedde. Cette simplification se traduira aussi par des suppressions de postes dans certaines unités opérant dans les services, comme le confirme le directeur général de Nextiraone : "Nous devons aussi optimiser nos services, car la demande des clients évolue sur ce marché à l'heure où les technologies que nous installons sont de plus en plus fiables. Résultat, les interventions s'effectuent de davantage à distance. Nous devons donc rééquilibrer notre organisation interne, en renforçant le support de niveau 3, mais en supprimant certains postes dans la maintenance sur site". Sans doute l'un des dommages collatéraux du Cloud, qui a réduit les besoins en installation de serveurs et d'infrastructures IT chez les clients ayant opté pour le Cloud public ou hybride.

 

Au final, Philippe Hedde reconnaît qu'il s'efforce avant tout "de régler des problèmes structuraux qui ne datent pas d'hier". La bonne nouvelle est que, contrairement à son rival Computacenter, Nextiraone n'a plus à gérer les ennuis liés à l'évolution de son ERP : "SAP ? Je connais bien le problème, nous l'avons réglé il y a cinq ans".

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