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Net regain d’activités dans les data centers en France

publié le mercredi 23/07/2014

Selon Fabrice Coquio, le président de l'hébergeur Interxion en France, les prix de l’hébergement et les taux de remplissage des data centers remontent depuis 2014. Cependant, nous sommes loin des tarifs pratiqués au début des années 2000. Autre bonne nouvelle, les clients américains sont de retour en France. Ces facteurs encouragent Interxion à ouvrir son nouveau data center géant (PAR 8) plus tôt que prévu.

 

Magazine CBP (www.channelbp.com) : Comment expliquez-vous les prix très bas que connaît le secteur de l'hébergement en France depuis quelques années ?

Fabrice Coquio, le président de l'hébergeur neutre Interxion en France : Le secteur a enregistré en 2012 une baisse significative du prix du m² car plusieurs grands hébergeurs, tels que Global Switch et Interxion, ont mis sur le marché des dizaines de milliers de m². Par la suite, une guerre des prix a éclaté entre plusieurs d'entre eux, dont Equinix, qui avaient besoin de regagner des parts de marché.

 

Les prix de l'hébergement vont-ils enfin vraiment remonter en 2014 ?

C'est difficile à dire. Les prix sont repartis à la hausse, me semble-t-il, sans doute parce qu'il n'y a pas eu d'ouverture de très gros data centers en 2013. L'année dernière, le prix de l'hébergement dans un data center standard avoisinait 140 à 150 euros HT du m² pour les contrats importants, contre 80 euros en 2012. La bonne nouvelle pour les hébergeurs est que les prix sont donc repartis à la hausse. La mauvaise est que nous sommes loin des 250 euros HT du m² que nous facturions au début des années 2000.

 

Cette importante variation de prix est-elle simplement conjoncturelle ?

C'est la quatrième fois en 14 ans que je constate un fort déséquilibre de l'offre et la demande que pendant plus de quelques mois.

 

Comment se porte le marché de l'hébergement en France cette année ?

Le marché est reparti à la hausse depuis le début de 2014. Les grands projets d'hébergement, qui avaient été gelés en 2013, sont enfin de retour. De même que les clients américains, qui avaient pourtant quitté la France en 2012, après le résultat des élections présidentielles.

 

Que représentent les clients américains dans les data centers européens d'Interxion ?

Environ 30% de la demande en matière d'hébergement. Et leur présence augmente actuellement. En effet, suite au scandale des écoutes de la NSA, ces grands acteurs américains investissent pour géolocaliser davantage les données localement afin de rassurer leurs clients français et européens. En dépit des coûts additionnels importants que cela implique pour eux, car ils savent qu'il est important de lever rapidement certains freins qui bloquent la commercialisation de leurs offres Cloud.

 

Interxion a-t-il mis en place des mesures spéciales pour mieux capter cette clientèle américaine ?

Effectivement, Interxion a mis en place pour eux un guichet unique au niveau européen afin d'aider ces clients américains à mener leurs actions commerciales en Europe, un marché éclaté qu'ils connaissent parfois mal. Nous leur facilitons aussi la vie tant sur le plan juridique, au niveau des contrats, que de la facturation, qui est centralisée et harmonisée au niveau européen. Contrairement à certains de ses concurrents, Interxion leur donne la possibilité d'étaler leurs commandes au niveau européen, et non par pays. Cette facilité est très appréciée.

 

Comment expliquez-vous ce regain d'activités dans le monde de l’hébergement depuis début 2014 ?

Beaucoup d'appels d'offres intéressant ont circulé ces six derniers mois. Interxion en  a gagné certains, grâce notamment à la qualité de nos installations. De plus, nous sommes l'un des rares hébergeurs à avoir beaucoup d'espace disponible en haute densité, un critère nécessaire pour installer des plateformes Cloud. Certains très grands acteurs sont aussi intéressés par notre capacité de développement sur Paris, car ils ont des plans de développement à 4 ou 5 ans.

 

Le taux de remplissage de vos data centers français a-t-il donc augmenté en 2014 ?

Il avoisine aujourd'hui les 85%, contre 75% il y a moins d'un an.

 

Va-t-il encore augmenter encore cette année ?

C'est probable. Comme je l'indiquais précédemment, Interxion dispose de la capacité nécessaire pour monter en charge à la Courneuve (93), où notre grand data center (Par 7) possède par exemple une capacité électrique importante (64 mega watts). Par ailleurs, j'ai reçu en février le permis nous autorisant à construire notre futur data center Par 8 dès 2016. Il sera implanté au niveau de l'usine Eurocopter à La Courneuve, laquelle est située en face de notre Par 7. Interxion disposera ainsi de 20.000 m² sur place.

 

Cette capacité totale est-elle beaucoup plus importante que celles que peuvent aligner vos concurrents directs en Ile-de-France ?

Par exemple, le data center de 10.000 m² d'Equinix à Pantin ne dispose que de 10 mega watts, alors qu'il nécessiterait du 64 MW, comme notre Par 7. Or le poste source d'Aubervilliers qui pourrait le lui fournir ne sortira de terre qu'en 2018, avec un an de retard, alors qu'il devait servir à ERDF pour redispatcher la capacité électrique sur tout le département 93. C'est un problème majeur pour les opérateurs de data centers dans la région. Cette donnée risque de remonter les prix, comme en 2012.

 

Au final, Interxion prévoit-il de réaliser une bonne année en 2014 ?

Le redémarrage des investissements nous permet d'anticiper de 12 à 15% de croissance en 2014. Notre filiale française enregistre l'une des plus fortes progressions du groupe Interxion.

 

Comment vous positionnez-vous face à vos concurrents ?

Avec un chiffre d'affaires de 50 ME l'année dernière, Interxion France est le leader de l’hébergement sur Paris, zone où nous détenons 28% de parts de marché en termes de chiffre d'affaires, face à une petite dizaine de pure players. Nous n'en n'avions que 26% il y a un an. Pour information, 6-7 acteurs seulement concentrent 70% de la facturation en Ile-de-France, laquelle représente environ 80% de la facturation nationale. Ce ratio est comparable en Espagne et au Royaume-Uni.

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