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Neo Télécoms tisse sa toile dans l’Hexagone

publié le mercredi 02/05/2012

L’opérateur Neo Télécoms se démarque de la concurrence. Florian du Boys, son directeur général et cofondateur, est en train de bâtir un réseau d’une dizaine de petits data centers en France à horizon 2013, soit en les construisant, soit par croissance externe. D’ailleurs, ce dirigeant remet en question l’hégémonie des grands hébergeurs dans la Capitale, tout en s’appuyant sur leurs infrastructures.

 

 

Magazine CBP : Quelles sont les principales activités de Néo Télécoms ?

Florian du Boys, directeur général et cofondateur de l’opérateur Neo Télécoms : Neo Télécoms a trois principaux métiers. Tout d’abord, nous sommes le deuxième opérateur IP en volume de trafic international, derrière Orange, et le 1er en IPV6 avec une vraie connectivité internationale. Ensuite, Neo Télécoms opère un important réseau de fibre noire, qui est une fibre optique non allumée. Enfin, nous disposons d’une capacité d’hébergement sur 1000 m² en tier 3 sur Paris.

 

Quelles sont les principales priorités de Neo Télécoms en 2012 ?

Amener notre chiffre d’affaires de 25 M€ à 50 M€ d’ici 2015, dont les 2/5 seront réalisés en province, et notamment par des revendeurs IT utilisant nos plateformes.

 

Un opérateur comme Neo Télécoms a-t-il suffisamment de partenaires en région pour relayer toutes ses offres  ?

Neo Télécoms a besoin de recruter davantage de partenaires en région pour promouvoir son offre Iaas en marque blanche sur Paris, mais aussi Montpellier et Toulouse notamment.

 

Quels types de partenaires recrutez-vous cette année ?

Neo Télécoms recrute des sociétés de services et des revendeurs IT capables d’intégrer leurs propres logiciels et services dans nos offres. C’est la raison pour laquelle les deux tiers de notre data center de Montpellier sont utilisés par des partenaires qui commercialisent leurs offres Cloud et d’hébergement.

 

Combien de data centers Neo Télécoms prévoit-il d’avoir en France cette année ?

Neo Télécoms en aura une dizaine en France dès 2013, soit en les construisant, soit en réalisant des opérations de croissance externe. Notre tout nouveau data center de Besancon sera officialisé le 15 mai. Nous déploierons également au plan national sept data centers avec 1300 m² de surface totale utile, et notamment à Besançon et Bordeaux, où le client a besoin de réseaux, d’infrastructures et de boucle locale télécoms.

 

Et pourquoi mettre un tel focus sur l’hébergement en région ?

Car 80% de la capacité d’hébergement du marché est située en Ile-de-France. Nous voulons donc en déplacer une partie en région et proposer autre chose à nos clients que du réseau.

 

Travaillez-vous avec d’autres hébergeurs pour acquérir la capacité d’hébergement qui vous manque dans certaines régions ?

Neo Télécoms n’a pas légitimité à être un pur hébergeur à Paris. Dans la Capitale, nous sommes hébergés chez Telecity, Equinix – sur 700 m² -, ainsi que par d’autres acteurs, car ils travaillent avec nos fibres optiques. Cette année, je veux pouvoir développer davantage de synergies avec d’autres acteurs d’une taille comparable à celle de Neo Télécoms. Notre modèle privilégie l’hébergement de proximité, en propre de préférence, afin de créer des postes localement. Ainsi, à Montpellier, une centaine de personnes utilisent notre installation pour vendre des offres et des services.

 

Que pensez-vous des hébergeurs ?

Les hébergeurs professionnels accaparent beaucoup de valeur ajoutée et de marges dans le projet, par rapport aux promoteurs immobiliers et aux clients notamment. Le delta entre le coût de revient d’un data center et son prix de vente est très élevé. Il est intéressant de constater qu’Iliad remet en cause cette situation avec une prestation de qualité. Par ailleurs, je note qu’ils fixent les règles du jeu, car le coût d’entrée à Paris est très élevé.

 

Etes-vous sûr que la demande existe pour des petits data centers en région et qu’elle n’est pas déjà satisfaite ?

Oui. Par exemple, il n’y avait pas de capacité d’hébergement disponible à Toulouse, ville où nous avons donc ouvert un data center début 2012.

 

Créerez-vous tous ces data centers seuls ?

Non, avec des partenaires régionaux le plus souvent. A Toulouse,  Neo Télécoms s’est allié avec Pro Sigma, et avec Euclide à Besançon. Sinon, nous procédons par acquisition, comme celle de l’hébergeur MIT en décembre 2011 à Montpellier.

 

Votre modèle économique basé sur la création de petits data centers en région est-il rentable ?

Oui, et notamment sur les tranches de 300 à 350 m² utiles contenues dans un bâtiment de 700 à 800 m². Neo Télécoms va tester à Besançon un nouveau modèle avec Schneider au premier semestre 2012. Je ne peux pas vous en dire davantage.

 

 

Vos data centers sont-ils tous Tier 3 ou 4 ?

Non, Neo Télécoms n’est pas favorable à un modèle full tier 4 car il est d’une grande complexité. Nous préférons disposer de data centers certifiés tier 3. Ainsi, nous sommes sûr que nos équipes sont capables de bien les exploiter en propre, et sans interruption de services. Notre modèle régional est basé sur un maillage et une offre commune lisible par tous les clients au plan national. D’ailleurs, j’ai créée le Neo Center, un label qui nous sert à référencer la qualité de tous nos sites d’hébergement.

 

Le Cloud est-il un facteur accélérateur du développement de Neo Télécoms ?

Le Cloud dope progressivement notre activité, mais il est surtout la déclinaison de ce que Neo Télécoms faisait auparavant. A iso périmètre, notre chiffre d’affaires augmente peu grâce au Cloud, mais ce marché joue en notre faveur.

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