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Modéliser pour la transformation digitale ?

publié le mardi 11/06/2019

Dans les domaines business comme IT, la perspective de la modélisation, de son automatisation et plus généralement de son essor, au cours des trois dernières décennies, nous a beaucoup appris. L’innovation technologique a eu des effets contrastés sur la valeur perçue de la modélisation, et a creusé l’écart entre les anti et les pro. L’impératif digital justifie qu’on se repose la question : quelle est la valeur de la modélisation pour la transformation digitale ?

 

Et d’abord, de quoi parle-t-on ?

Un modèle est la représentation de quelque chose selon un point de vue particulier. La modélisation est l’acte de construire cette représentation. Cette représentation peut être un mot, parlé ou écrit, qui représente ce dont je parle ou écris, un dessin utilisant des symboles graphiques, une peinture, un modèle 2D d’un objet 3D, etc. 

 

Dans les métiers du système d'information, à quelle dose de “modélisation” peut être exposé un Service Designer qui doit représenter un parcours client avec un outil logiciel ? Ou un chef de produit pour représenter des idées, des besoins, des échéances, des budgets et un cycle de vie ? Assez vite, familiarisés à dessiner sur un tableau ou un paper-board, ces métiers admettent que l’acte de dessiner favorise et accélère la modélisation, même avec un logiciel. 

 

De plus, ce serait quand même pas mal si les compétences en modélisation n’étaient pas un obstacle à la construction d’une représentation, ni à la création de valeur, c'est-à-dire si le dessous des cartes ne venait pas dénaturer l'acte de modélisation par trop de complication. Un bon outil de modélisation sait masquer astucieusement plusieurs niveaux d’abstraction et de complexité pour rendre facile, voire agréable, les gestes de l'utilisateur lorsqu'il modélise. C’est là le nerf de la guerre, et c’est ce qui a fait fluctuer la valeur perçue de la modélisation par de nombreux métiers.

 

La modélisation a-t-elle perdu de la valeur avec le temps?

La valeur s’est au moins déplacée. Par exemple, le niveau de dépendance à la modélisation d’un outil utilisant UML est haut car UML est un standard très mûr (de l'OMG) utilisé dans la chaîne de valeur logicielle. Corrélativement la maturité de ces outils favorise désormais les travaux graphiques, en automatisant les contrôles de cohérence des modèles en arrière plan. Idem pour la modélisation de processus avec le standard BPMN, applicable à la description et l'analyse des processus, ou pour tout autre sujet reposant sur les standards de modélisation (par exemple, Archimate ou DMN). Ainsi avec le temps et les progrès de la technologie, naturellement, la vitesse et l’agilité sont devenus primordiaux pour résoudre par la modélisation des problèmes business. 

 

En synthèse, la valeur de la modélisation – assistée par ordinateur – n’a pas beaucoup changé dans le temps pour les architectes et concepteurs de processus et de systèmes. Le progrès essentiel vient de ce que leurs outils supportent et facilitent l’application automatique de normes (UML, BPMN…), et sont devenus très agréables à utiliser en intégrant bien mieux leurs compétences dans la chaîne de valeur. 

 

Inversement, cela a radicalement changé au cours des 5 à 8 dernières années pour les utilisateurs d’outils qui construisent des modèles en ne faisant – en apparence – que du dessin. La valeur de la modélisation dans ce contexte réside dans la dissimulation de la complexité. Elle permet à l'utilisateur de s’exprimer naturellement, dans le langage de son métier et de ses interlocuteurs. On y trouve par exemple des outils de roadmapping, d’analyse du parcours client, de gestion des idées et de l’innovation : ces domaines ne font pas encore l'objet de langage dédié, ni de standard, ni de méthode. 

 

La valeur d'une complexité cachée

Certains éditeurs de logiciels vont encore plus loin. Par exemple ils combinent les valeurs essentielles de la modélisation avec le support de méthodes agiles et collaboratives, afin de supporter des travaux plus atomisés aux cycles de plus en plus courts. Ils créent ainsi des offres logicielles plus susceptibles d’anticiper l’évolution rapide des besoins du marché, y compris pour des architectes en systèmes d’information ou des "product owners" dont la variété des interlocuteurs métier croît dans l'entreprise et au-dehors. 

 

 Par Jean-Marie ZIRANO, CMO d’Axellience

 

 

 

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