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Micropole table sur une croissance soutenue en 2012, mais sans l’aide du Cloud

publié le lundi 27/02/2012

Bien ancré dans le décisionnel, l’e-commerce, le CRM, et l’ERP plus récemment, l’intégrateur Micropole prévoit de doubler son activité à l’international en 2012, ainsi que la part du récurrent dans son chiffre d’affaires. Christian Poyau, son PDG et co-fondateur, ne voit pas dans le Cloud un vrai relai de croissance pour son entreprise, contrairement à certains de ses concurrents. D'ailleurs, il n’envisage pas non plus de devenir éditeur.

 

Magazine CBP (channelbp.com) : Etes-vous satisfait des résultats 2011 de Micropole… ?

Christian Poyau, PDG et co-fondateur de la société de services Micropole : Oui, car Micropole a réalisé un chiffre d’affaires de 121 M€ en 2011, soit une progression de 18%, dont 10% de croissance organique. Nous avons enregistré un bon développement de nos activités à l’international en 2011, au Benelux notamment après notre récente implantation au Luxembourg, mais aussi en Chine, pays où nous avons annoncé une acquisition en juin de l’année dernière.

 

…Et de son développement à l’international ?

Micropole est désormais beaucoup plus présent à l’international qu’auparavant, mais nous avons encore des progrès à réaliser dans ce domaine. Mon objectif pour 2012 est de réaliser au moins un tiers, voire 40% de notre chiffre d’affaires à l’étranger.

 

2012 sera-t-elle, à nouveau, une année de croissance soutenue pour Micropole ?

Mon objectif est de porter le chiffre d’affaires de Micropole à environ 150 M€ en 2012, contre 121 M€ en 2011. Pour y parvenir, nous continuerons d’aborder les besoins de nos clients sous l’angle de leurs métiers. Par ailleurs, comme la part des affaires vendues au forfait à encore beaucoup augmenté en 2011, - c’est une tendance de fond en période de crise – nous serons encore plus dynamiques dans ce domaine. Micropole développera aussi ses activités de conseil dans ses pôles d’excellence, dont le décisionnel, mais pas question ici de vouloir rivaliser avec les Big 4 (les quatre principales sociétés de conseil, où il a commencé sa carrière : NDLR). Je précise que l’ERP est désormais l’un de nos pôles en fort développement, suite notamment à l’acquisition réalisée par Micropole il y a quelques années.

 

Envisagez-vous de lever des fonds pour accélérer la croissance de Micropole en 2012 ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour. J’estime que les entreprises de services IT sont encore trop sous-valorisées en Bourse, où nous sommes cotés depuis 2000, malgré le fait que l’industrie IT soit très résiliente en période de crise. En effet, les entreprises ont toujours besoin de faire tourner leurs systèmes d’informations et de les moderniser.

 

Votre objectif est-il de renforcer également la part du récurrent dans votre chiffre d’affaires ?

Oui, car la part de nos revenus récurrents n’est que de 10 à 15%, et elle provient essentiellement de la Tierce Maintenance Applicative (TMA) et de l’ERP. Micropole désire porter ce pourcentage à 25% le plus rapidement possible. Je précise que la part du chiffre d’affaires récurrent chez nos clients existants est très bonne.

 

Le Cloud participera-t-il à l’évolution du chiffre d’affaires récurrent de Micropole en 2012 ?

Le Cloud Computing ne développera ni le chiffre d’affaires de Micropole, ni son récurrent, car c’est avant tout une affaire d’infrastructures et d’infogérance. Or, nous n’avons aucune activité dans ces domaines. Le Cloud n’impacte donc pas notre modèle économique de société de services et de conseils IT. Je remarque que certains de nos concurrents, qui avaient créé une activité d’hébergement, l’ont revendu. Un grand nombre de clients se moquent de savoir si leurs données non critiquent sont hébergées dans leurs entreprises.

 

Concernant le décisionnel (BI), l’un des points forts de Micropole, est-il normal que vous travaillez avec autant de fournisseurs ?

Sur la Business Intelligence, nous sommes tout autant partenaires de SAP, d’IBM (Cognos) que d’Oracle (Hyperion), car nous devons assurer un devoir de conseil auprès de nos clients.

 

Constatez-vous un ralentissement de la commande IT des entreprises depuis fin 2011 ?

Le ralentissement que nous constatons a surtout démarré début 2012, dans la Finance notamment, secteur qui enregistre des restrictions budgétaires sur fond de crise dans le monde bancaire. Et à l’instar d’autres secteurs, il fait preuve d’attentisme à la veille des élections présidentielles. En parallèle, ses acteurs doivent aussi gérer l’avènement des nouvelles évolutions réglementaires (Bale 3, etc.). Et comme elles changent leurs métiers en profondeur, ils devront faire évoluer rapidement leurs systèmes d’information.

 

Les autres secteurs sont-ils plus dynamiques ?

Quant à l’industrie, ses acteurs continuent à investir dans l’IT, de même que les Telcos, dont le modèle économique a été bouleversé par l’arrivée de Free Mobile. Ils investissent donc davantage dans la mobilité alors qu’ils ralentissent parfois leurs investissements IT dans d’autres secteurs.

 

Ce ralentissement des dépenses IT est-il seulement conjoncturel ?

Bien malin qui pourra prévoir ce que sera 2012. Pour ma part, je constate que ce ralentissement est moins fort qu’en 2009 et qu’il ne touche pas toutes les technologies IT. Par exemple, les projets d’ERP ne connaissent pas de ralentissement notable. Les secteurs qui vont le plus se développer en 2012 chez Micropole sont ceux où il existe un croisement entre les besoins métier du client et notre expertise sur les technologies IT pointues.

 

Micropole envisage-t-il de devenir éditeur pour monter dans la chaîne de valeur ?

Nous ne voulons pas devenir éditeur, car c’est un autre métier qui suppose d’autres investissements. En revanche, nous créons des verticaux métiers sur des technologies IT telles que le décisionnel (BI), en Belgique notamment.

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