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Les partenaires de « Microyahoo » feront-ils cause commune contre Google ?

publié le dimanche 03/02/2008

44,6 milliards de dollars, c’est la somme record que Microsoft s’apprête à débourser – dont une grosse partie en cash - pour s’offrir le moteur de recherche Yahoo ! L’éditeur franchit ainsi une étape, qu’il espère décisive pour lui, et ses partenaires, dans sa bataille pour introduire sa stratégie « Software as a Service » (Saas) face à Google, son rival du moment sur Internet.

Steve Ballmer, le président de Microsoft, a déclaré à cette occasion que « la combinaison des deux entreprises permettra à Microsoft d’offrir un meilleur choix et des solutions innovantes aux consommateurs et à nos partenaires industriels ». Si elle est acceptée par les autorités anti-trust américaines…

Cette acquisition de Yahoo n’est ni une Opa hostile, ni une surprise dans le sérail Internet. En effet, des fuites ou indiscrétions (bien orchestrées ?) faisaient état de discussions avancées depuis fin 2006 entre le numéro mondial des logiciels et Yahoo. Ce qu’a confirmé Steve Ballmer lors de la conférence, en reconnaissant que « les deux entreprises avaient tout d’abord envisagé un important partenariat commercial ». Ce faisant, Microsoft reconnaît implicitement le développement insatisfaisant – voir l’échec -, de son moteur de recherche Live Search. Idem pour Yahoo, qui a beaucoup souffert de l’ascension fulgurante de leur rival commun : Google.

Une opportunité pour les partenaires Microsoft ?

Pas sûr. Car la somme record que Microsoft dépense dans cette acquisition n’ira pas, à coup sûr, dans la promotion directe de ses canaux de distribution. D’autant que les partenaires de Microsoft ne voient pas trop comment ils bénéficieront, directement ou indirectement, de l’entrée de Yahoo dans le portfolio de Microsoft. Disposeront-ils, à l’instar de l’éditeur, d’un meilleur référencement sur Internet ? Si oui, n’est-ce pas un peu cher payé, surtout pour prendre le contrôle d’un acteur important, mais de second rang face à Google?

Reste que cette acquisition semble cohérente avec la nouvelle stratégie de vente en ligne de ses licences sous forme de services mensualisables, baptisée « Software as a Service » (Saas). En effet, suite à l’achat de Yahoo, Microsoft dispose d’une plate forme de (web) services conséquente sur Internet, dont pourront profiter ses partenaires, s’ils y sont conviés. Ces derniers encouragent au passage l’éditeur – ainsi que son concurrent, Google - à éclaircir la manière dont ils seront commissionnés de manière récurrente pour vendre des abonnements à ces nouveaux services, ainsi que le support ou le service associé. Tant auprès des PME que des grands comptes.

Les prestataires seront-ils bien commissionnés sur le Saas ?

Or, pour l’instant, ni l’un, ni l’autre ne leurs proposent clairement, semble-t-il, de toucher un revenu mensuel récurrent pour commercialiser leurs offres de bureautique, dont Microsoft Office Live ou Google Docs. Dommage, car un grand nombre de prestataires IT estiment que si Microsoft se montre plus généreux dans le Saas que sur la vente traditionnelle de ces licences, il prendra l’ascendant sur Google parmi les partenaires IT. Ces derniers n’oublient pas que Microsoft a toujours défendu une stratégie majoritairement indirecte.

Toutefois, l’éditeur doit prendre en considération le fait que ceux-ci sont commissionnés par Google pour « vendre » sa barre de menu à leurs clients, y compris sur le Internet Explorer, le navigateur de Microsoft. Ils bénéficient également de réduction sur leurs achats de mots-clés pour les référencements. Enfin, même s’ils s’en défendent, ces mêmes prestataires IT ont intérêt à assister une compétition financière exacerbée entre Yahoosoft et Google, car ils pourraient en tirer les marrons du feu.

Les partenaires ont besoin de « garanties »

En conséquence, si Microsoft se montre moins gourmand financièrement sur les licences, en partie au profit de ses partenaires, il pourrait contribuer, toujours selon ces derniers, à réduire significativement le taux de piratage sur sa suite Office. Le Saas devrait aussi doper la commercialisation de certains modules d’Office 2007, un très bel outil, mais dont les ventes décollent trop lentement au goût de Microsoft…, et de ses revendeurs. Ces derniers sont donc impatients de connaître tous les détails de la stratégie Saas de l’éditeur. D’autant que celui-ci pourrait également se servir, de ce modèle économique pour vendre les licences de ses autres logiciels professionnels, dont le Dynamics CRM 4.0 par exemple.

A terme, ses partenaires ont besoin de « garanties » ou, à défaut, de garde-fous. Car si Microsoft pousse sa logique Saas jusqu’au bout à l’aube de la communication unifiée sur IP, qu’est-ce qui l’empêchera de s’associer avec des opérateurs, télécoms ou ADSL par exemple, afin de commercialiser son offre Saas davantage en direct, via une « box » par exemple. A l’instar d’Asus récemment, avec son offre de portable allégée et communicant vendue par SFR en France.

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