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"Le Cloud, what else for… SAP ?"

publié le mardi 18/03/2014

Cette phrase, qui aurait pu être prononcée par Georges... ou par Bill McDermott, le PDG de SAP aux cheveux poivre et sel, résume bien la stratégie de cet éditeur allemand de progiciels. Et nous aurions pu y ajouter le mot "channel", car les revendeurs sont au cœur de ses préoccupations.

 

Dès le démarrage mi-mars de sa conférence de presse parisienne, Bill McDermott a salué d'emblée les bons résultats de son groupe : "SAP a enregistré en 2013 sa quatrième année consécutive de croissance, ainsi que la plus forte progression des grandes entreprises de l'IT". Et cela, grâce notamment aux affaires signées par ses partenaires, qu'il a présentés comme des acteurs importants de la réussite de SAP. Au passage, il a confirmé que "SAP prévoit de réaliser au moins 40 % de son chiffre d'affaires via le channel d'ici 2017, contre 30% en moyenne actuellement.". Seule ombre au tableau, les PME "représentent toujours moins de 10% du chiffre d'affaires de SAP, mais cela progresse", se rassure Bill McDermott. Tous l'espèrent, à commencer par ses revendeurs, car SAP tire l'essentiel de ses revenus PME du channel et des installations de progiciels "on premice".

 

SAP dit être le n°1 mondial du Cloud avec 35 millions d'utilisateurs

L'autre objet de satisfaction du PDG de cet éditeur allemand de progiciels réside dans le succès de sa plateforme Hana dans le Cloud, marché où il positionne son groupe comme le "n°1 mondial du Cloud avec 35 millions d'utilisateurs". Des chiffres difficiles à vérifier. La bonne nouvelle est que cela signifierait qu'un grand nombre des clients existants de SAP, qui n'en révèle pas le nombre total, ait déjà migré leur ERP dans le Cloud. Bill McDermott revendique ce bon bilan : "Auparavant, peu d'entreprises portaient leur ERP dans le Cloud. J'ajoute qu'avant SAP, aucun éditeur n'avait encore pris les ERP de ses clients pour les emmener complètement dans le Cloud. Cela est possible grâce à Hana, plateforme qui possède un réel facteur différenciateur grâce à ses fonctionnalités poussées dans l'analytique et le transactionnel".

 

Certes, mais même à court terme, ce marché du Cloud ne représentera qu'une faible part du chiffre d'affaires de SAP. Pas plus de 15% d'ici 2017 selon Bill McDermott, lequel vise les 22 Md$ de revenus cette année-là. En revanche, pas un mot de ce dirigeant sur les investissements, sans doute massifs, que SAP a consenti pour développer ses offres Cloud et l'héberger.

 

Pourquoi SAP préconise-t-il le Cloud comme premier choix ?

Alors pourquoi SAP se focalise-t-il autant sur le Cloud ? Pour satisfaire ses clients… et surtout ses actionnaires. "Ce que nos actionnaires apprécient dans la montée en charge de SAP dans le Cloud, c'est la prévisibilité des revenus récurrents que nous en tirons", explique le PDG de cet éditeur. Il estime d'ailleurs que, grâce au Cloud, la part des revenus récurrents passera rapidement d'environ 50 % à 65% du chiffre d'affaires total de son groupe ! "C'est le pouvoir du Cloud. Il permet aux acteurs qui utilisent son modèle de mieux se valoriser", se réjouit Bill McDermott. Raison pour laquelle ce dirigeant prévoit de faire migrer rapidement sa base installée vers le Cloud. A ce propos, Il précise que les dirigeants de ses clients sont très sensibles à la réduction des temps de déploiement des logiciels et infrastructures qu'autorise le recours au Cloud. Le PDG de SAP estime ainsi que "Le Cloud est le parfait modèle de déploiement, raison pour laquelle nous le commercialisons aujourd'hui comme le premier choix auprès de nos clients".

 

Tout en restant attentif aux exigences de son client

Lucide, Bill McDermott reconnaît que son discours "tout Cloud" a ses limites et qu'il est important pour son groupe de rester focaliser sur les exigences de ses clients. "Le message que nous leur passons est qu'ils ne sont pas obligés de remplacer leur ERP existant. Nous leur donnons le droit de choisir la manière dont ils veulent consommer nos logiciels. C'est courageux de notre part, d'autant que le mode locatif peut être plus coûteux au démarrage pour un éditeur". Peu désireux de se couper de sa base installée, le PDG de SAP se dit prêt à "emmener nos clients où ils veulent aller, dans le Cloud s'ils le souhaitent, y compris dans le Cloud privé s'ils veulent rester on premice.".

 

SAP veut créer une Silicon Valley en France

Interrogé sur l'éventuel retard du marché européen dans le passage au Cloud par rapport à son homologue américain, Bill McDermott s'est voulu diplomate. Selon lui, "le marché américain est pur cloud en comparaison avec l'Europe, mais la situation change dans les pays européens car les entreprises veulent dépenser moins d'argent grâce au Cloud, afin de pouvoir continuer à innover et à croître". Dans ce domaine, le PDG de SAP a expliqué vouloir "créer une Silicon Valley en France, et tout particulièrement à Paris, où SAP va continuer à investir". Il a cité le cas de Business Objects, un éditeur français racheté par SAP, et dont le centre de recherche participe localement au développement de la nouvelle génération de logiciels de SAP dans l'analytique. Au final, reste à savoir si SAP sera fidèle à sa stratégie dans son exécution au quotidien.

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