IT BtoB European Collaborative Webzine for leaders

Le 3SCI se démarque du Syntec Informatique

publié le mercredi 03/11/2010

Promu en octobre président de 3SCI, Olivier Bouderand ne croit pas à une fusion entre ce syndicat des sociétés de services et de conseil IT et le Syntec Informatique : « Car dans l’IT, ce syndicat est un peu au Medef, ce que le 3SCI est à la CGMPE ». Un nombre croissant de ses 350 adhérents entrevoient une probable sortie de crise en 2011. Certains d’entre eux redoutent l’avènement du Saas, qu’ils considèrent «comme l’arrêt de mort du petit revendeur local, dont la plus-value réside dans la personnalisation et le paramétrage du système IT du client ».

 

 

Channelbp.com (CBP) : Combien d’adhérents comptez-vous au sein de syndicat 3SCI en 2010 ?

Olivier Bouderand, président de 3SCI et pdg de la société de service LSE : 3SCI compte environ 350 adhérents. Depuis 2006, 3SCI affiche une croissance annuelle comprise entre 20 et 50 adhérents. Le syndicat dispose d’un potentiel de quelques 40 000 sociétés en France, si l’on inclut dans ce calcul les petits indépendants et les agences web. Je ne prends cependant pas en compte les auto-entrepreneurs travaillant dans des SSII.

 

Quel est le profil de l’adhérent type ?

Nos adhérents comptent sept salariés en moyenne pour un chiffre d’affaires de moins d’un million d’euros.

 

Pourquoi les sociétés de services adhérent-elles au 3SCI ?

Le plus souvent, les sociétés de services rejoignent le 3SCI quand elles rencontrent des problèmes juridiques et/ou de gestion de leurs affaires, au niveau du dirigeant par exemple, mais aussi un litige avec un client, etc.

 

Quels sont les principaux bénéfices de leur adhésion au 3SCI ?

Les sociétés de services apprécient notamment le fait que notre syndicat leur permette de s’assurer au niveau de la responsabilité civile (RCP) à des coûts avantageux. Le 3SCI dispose d’un contrat groupe avec les AGF qui est compétitif car nous ne faisons pas appel à aucun courtier. C’est même sans doute l’assurance la moins chère du marché pour les petites structures. En effet, elles paient moins de 500 euros annuels, contre 800 euros en moyenne. Pour en bénéficier, nos adhérents doivent suivre une formation payante (150 euros) d’une journée sur la façon de communiquer avec leurs clients et traiter les affaires, tant sur le plan juridique que commercial. Un procès ou un litige sur deux émane d’un contrat commercial mal ficelé ! Cette notion d’expertise juridique est de plus en plus importante dans notre profession.

 

D’autres avantages ?

Toujours dans le même registre, le syndicat est souvent prêt à aider ses adhérents à régler en amont des affaires en mode pré-contentieux. Le 3SCI dispose également de consultants externes auprès des tribunaux pour tester les affaires.

 

Quelles sont les actions du 3SCI sur le plan de la formation ?

3SCI se bat avec le Fafiec, car ses fonds de formation sont asséchés dès le milieu d’année par les grandes SSII depuis deux ans. Cet organisme abondant à hauteur de ce que le prestataire est prêt à payer, un tel dispositif ne favorise pas les petites SSII. Je préconise donc la création d’une meilleure répartition de ces fonds en 2011 avec la création de budgets formation dédiés aux petites sociétés de service.

 

Etes-vous ouvert à la création d’un Syntec Numérique élargi aux autres syndicats et associations professionnelles de l’IT ?

Le syndicat 3SCI n’est pas prêt à rejoindre un projet de Grand Syntec Numérique. Dans l’IT, cet organisme est un peu au Medef, ce que le 3SCI est à la CGMPE. Bref, nous n’avons pas beaucoup de points communs.

 

Recrutez-vous encore de nouveaux adhérents ?

Le 3SCI recrute encore quelques nouveaux candidats, ne serait-ce que pour remplacer certains de nos adhérents qui ont disparu ou ont été rachetés. Mais il n’y aura pas d’augmentation significative de leur nombre cette année. En 2010, nous avons perdu au moins autant d’adhérents que les candidats que nous avons recrutés. Ce phénomène est une première dans l’histoire de notre syndicat.

 

Vos adhérents souffrent-ils encore beaucoup de la crise en cette fin 2010 ?

Oui, car les adhérents du 3SCI ont commencé à souffrir des effets de la crise économique dès fin 2009, comme le confirme le baromètre de santé de nos adhérents que nous publions chaque année. A l’inverse, les revendeurs et fournisseurs IT, qui ne disposent pas eux de contrats de services récurrents, ont ressenti les effets de la crise économique dès 2008.

 

Comment expliquez-vous l’augmentation en 2010 du nombre de sociétés de services en difficulté ?

Il y a eu un trou d’air pour beaucoup de petits acteurs en mai-juin, phénomène qui a asséché leurs trésoreries. Le problème est que ces sociétés de services ont dû licencier pour stabiliser leurs situations financières. De ce fait, elles ne disposeront plus des ressources nécessaires pour accompagner le redémarrage du marché si elles ne recrutent pas aujourd’hui.

 

Vos adhérents entrevoient-ils une sortie de crise pour 2011 ?

Une probable sortie du tunnel en 2011 est dans les esprits d’un nombre croissant d’adhérents du 3SCI, suite à la reprise des commandes et à un regain de confiance chez les entrepreneurs. Au deuxième semestre 2010, le baromètre de santé de nos adhérents montre que les dirigeants sont moins inquiets qu’au premier semestre. Le marasme psychologique a disparu, mais ils attendent que cette embellie se traduise dans les faits par une croissance plus forte de leurs chiffres d’affaires. Je constate toutefois un retard à l’allumage dans ce processus et une vraie guerre des prix favorisée par des clients qui négocient davantage, en privilégiant souvent le moins disant.

 

Quels sont les secteurs les plus porteurs pour vos adhérents du 3SCI ?

Nos adhérents investissent dans la sécurité, la convergence téléphonie-Internet et les réseaux.

 

Le cloud fait-il partie des priorités d’investissement de vos adhérents ?

Suite aux nombreuses campagnes d’évangélisation organisées par les fournisseurs IT, les clients sollicitent de plus en plus nos adhérents pour en savoir davantage sur ce qu’est le Cloud. Ils doivent donc leur expliquer les réalités que ces technologies recouvrent et les transposer dans leurs quotidiens.

 

Et le Saas également ?

Les entreprises commencent à s’intéresser au Saas, qu’elles envisagent surtout de déployer pour des applications basiques comme les notes de frais. La compatibilité et la gestion utilisent en effet des processus plutôt standardisés. En revanche, il semble qu’il soit plus difficile de les convaincre d’utiliser le Saas pour gérer leurs logiciels métiers fortement personnalisés.

 

Quels types d’entreprise s’intéressent le plus au Saas ?

La demande émane autant des grands comptes que des PME. Il existe un véritable créneau pour vendre du Saas aux entreprises, du moins, en ce qui concerne les logiciels très standardisés.

 

Que pourrait peser le Saas dans le chiffre d’affaires des sociétés de services à moyen terme ?

J’estime que le Saas pourrait représenter de 5 à 10 % du chiffre d’affaires des ISV et sociétés de services d’ici 5-10 ans.

 

Le Saas ne présente-t-il pas un danger pour une partie de vos adhérents ?

Le Saas est un peu la mort du petit revendeur local, dont la plus-value réside beaucoup dans la personnalisation et le paramétrage du système et des logiciels IT du client. Ce type de services disparaîtra peut-être dans un environnement Saas, car ces prestations seront souvent effectuées par l’éditeur. Cette menace peut expliquer la réticence de certaines sociétés de services à prescrire des solutions en Saas.

 

Le ralentissement de la commande publique impacte-t-il vos adhérents ?

Non, car ils ne sont pas encore trop sollicités par les administrations, en raison de leur taille réduite. Dans ce domaine, le Small Business Act affiche de bonnes intentions avec la publication du Pacte PME, mais il reste de nombreux progrès à réaliser pour transférer une partie de la commande publique aux PME. Il est toujours très difficile d’être référencé par un donneur d’ordre public et de remplir un appel d’offres. Même si ces organisations publient des appels d’offres ouverts, ils sont souvent dimensionnés ou orientés pour favoriser un type d’acteur spécifique...

 

Le prix des services est-il toujours en baisse cette année ?

Oui, il ne sera d’ailleurs pas facile de ré augmenter le prix des prestations en sortie de crise. Le 3SCI encourage donc ses adhérents à arrêter la course à la remise, une pratique qu’il est toutefois difficile de supprimer des habitudes déjà prises. Ils doivent rester fermes sur le prix de leurs prestations, car c’est un gage de pérennité pour leurs entreprises.

 

N’est-il pas difficile de tenter de réguler le prix des services IT sans établir une règle du jeu ?

Si. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président de 3SCI a déployé Qualilog il y a dix ans environ. Il s’agit d’un label de qualité qui couvre certaines prestations sur lesquelles le prestataire s’engage sur un plan qualité précis. Son adoption nécessite le passage par l’entreprise d’une formation de cinq jours, temps auquel s’ajoute le temps passé en interne par la direction pour l’expliquer aux équipes, le déployer, etc. Seule une vingtaine de nos adhérents, dont LES, ont sauté le pas. Ce label fonctionne bien dans les grandes sociétés, et un peu moins dans les petites PME.

Moyenne: 5 (1 vote)
Réseaux sociaux :
Twitter Facebook Google LinkedIn

Autres articles sur le même sujet :

Mots clefs :