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L’AS/400 comme moteur de la transformation digitale ?

publié le jeudi 11/10/2018

L’AS/400 a traversé les époques au gré de ses changements de nom depuis 1988 – autant dire une éternité pour le secteur IT. AS/400, IBM i Server, System i et aujourd’hui IBM i : l’enfant terrible du s/390 et du x86 est une plateforme n’a jamais cessé de se renouveler, tant elle a toujours prouvé son efficacité au sein des systèmes d’information d’entreprise.


Sauf qu’aujourd’hui, l’IBM i est pointé du doigt pour son approche traditionnelle et devient une cible au cœur d’un secteur en révolution permanente. J’en vois donc déjà certains s’étonner de cet engouement subit.

Contrairement à la croyance populaire, on trouve des IBM i dans tous les datacenters : c’est que cette plateforme, fiable et robuste, représentait la plus importante base IT installée dans le monde jusqu’à peu. Sans compter qu’avec sa longévité, elle contraste fortement dans un univers où les technologies sont plus qu’éphémères. 

En effet, ETI et PME françaises de tous secteurs, déplacent actuellement leur IBM i vers les datacenters et se posent la question de l’avenir à donner à cette plateforme en ces temps de mutations des applications SI autour de l’IoT, du Big Data et autres applications mobiles.

 

Quel avenir pour la plateforme IBM i ?

Taux de disponibilité de 99,9997 % et piratage quasi-impossible : la solidité et la fiabilité sans précédents du système ne sont plus à démonter, en témoignent les dizaines de milliers de systèmes installés en production.

 

Précurseur de la virtualisation au travers de son système LPAR (« logical partitionning »), l’hyperviseur supporte aujourd’hui différents systèmes depuis la sortie de l’i5/OS : LinuxAIX ou Virtual IO Server. L’architecture des systèmes rend l’IBM i indépendant à la technologie en permettant de faire dialoguer les applications directement, non pas avec le matériel, mais avec une interface machine (TIMI = Technology Independent Machine Interface ou plus simplement MI). Cette originalité permet de développer rapidement des logiciels objets tout en garantissant leur compatibilité dans le temps. 

Mais si historiquement, l’IBM i propose un back office particulièrement puissant grâce à son architecture de bases de données DB2/UDB, il n’a jamais fait l’unanimité concernant les interfaces proposées en front office. Même si le temps des écrans noirs et verts est depuis longtemps révolu grâce aux interfaces graphiques, la plateforme n’est pas vraiment réputée pour sa modernité et ni son expérience utilisateur.

D’autre part, si les éditeurs de logiciels développaient systématiquement leurs solutions sur cette plateforme dans les années 90, à l’heure de l’Open Source et autre .net ou Java, les compétences nécessaires à la maintenance des machines se raréfient, même si les initiatives se multiplient pour palier le problème (la pépinière IBM i d’OCSI par exemple …). 

Se pose donc, au sein des DSI ou des DAF, fréquemment la question de conserver ces machines ou de basculer vers d’autres systèmes plus traditionnels, à base d’environnement Windows ou Linux plus généralement.

 

Privilégier l’expérience utilisateur grâce au cloud

Alors même que de nombreux cabinets de conseils prônent le démantèlement de ces plateformes au travers d’un déploiement de système d’information en parallèle pour revalider l’ensemble des processus et des applications, basculer son système d’exploitation OS/400 vers un autre n’est pas sans heurts, tant les qualités de l’IBM i et de DB/2 font défaut, en comparaison, aux autres OS.

Si tant est qu’un AS/400 réponde toujours aux besoins opérationnels de l’entreprise, il est nécessaire d’analyser les risques et déterminer ce qui peut être maintenu ou doit évoluer. Car, si l'AS/400 d'hier était une machine dite départementale, la plate-forme s’est depuis transformée en serveur d'entreprise.

 

Plutôt que révolutionner son SI avec des risques industriels très forts, il est donc préférable de privilégier une approche évolutive centrée vers l’expérience et la performance des utilisateurs.  Et donc faire évoluer intelligemment les machines en se concentrant sur les usages : une meilleure mobilité et une qualité des interfaces conforme aux standards du moment. 

Pour être concret, cela signifie privilégier le meilleur des deux mondes via une approche de type cloud hybride. L’essentiel des efforts devra être porté sur l’intégration de nouvelles applications frontales via l’utilisation des nouvelles technologies (progressive webapp, mobilité, …) portées dans de nouveaux environnements tout en les connectant via API au moteur de base de données ultra performant de l’AS/400.

 

Cette approche pragmatique et économe permet de dérisquer les projets à tous les niveaux en utilisant une méthode agile qui, au travers de sprints de développement co-construits avec les utilisateurs, garantit la bonne transition grâce à un alignement des process métiers avec ces utilisateurs. 

N’oublions pas qu’au-delà de tous les articles qui font la promotion de l’intelligence artificielle en ces temps de reconfiguration, ce qui permet la création de valeur dans les entreprises ce sont des collaborateurs outillés, pas les outils ! 

 

Par Kevin Polizzi, président de Jaguar Network

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