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L’Afdel rejette toute fusion avec le Syntec Numérique

publié le vendredi 09/01/2015

Jamal Labed, le président de l’Association Française des Editeurs de Logiciels (Afdel), un adhérent important du syndicat Cinov-IT, est favorable au resserrement des liens entre son association et le Syntec Numérique, mais pas à son absorption pure et simple par cet autre syndicat des professionnels du Numérique. Est-ce un problème d’ego qui bloque les pourparlers engagés depuis près d’un an ?

 

 

Magazine Channelbp (www.channelbp.com) : Le rapprochement entre l’Association Française des Editeurs de Logiciels (Afdel) et le syndicat Syntec Numérique est-il enterré ?

Jamal Labed, président de l’Afdel et d’Easyvista : Non, car c’est l’une des priorités de mon deuxième mandat à la tête de l’Association Française des Editeurs de Logiciels (Afdel). Nous avons déjà beaucoup discuté avec le Syntec Numérique depuis l’été 2014. Le sujet n’est donc pas enterré. Je précise que le Syntec s’est rapproché de nos positions et que le dernier plan de travail proposé cet automne tournait le dos à un projet de simple fusion entre nos deux organisations.

 

Quels sont les scénarios possibles dans un possible rapprochement entre l’Afdel et le Syntec Numérique ?

Le premier schéma rend possible la création d’une fédération commune à toutes les organisations représentatives du Numérique en France. Le second suppose une fusion entre l’Afdel et les autres organisations IT au sein du Syntec Numérique, mais ce type d’absorption n’est pas acceptable pour l’Afdel.

 

Pensez-vous que les autres organisations représentatives du Numérique en France sont également opposées à une absorption au sein du Syntec Numérique ?

Je ne peux pas parler pour le Cinov-IT, mais à ma connaissance, il n’y a pas de démarche en ce sens. Je connais bien cette organisation car l’Afdel est affiliée au Cinov-IT, syndicat professionnel de l’IT qui n’a aucune volonté d’exclure qui que ce soit.

 

Pensez-vous que le rapprochement entre l’Afdel et le Syntec Numérique pourrait aboutir rapidement début 2015 ?

Nous devons progresser étape par étape. L’objectif est d’aboutir même si le processus de négociation est plus long que prévu. Le Numérique ne se résume pas à la défense d’intérêts catégoriels, car c’est un vrai sujet économique et de société en France.

 

La lente progression des négociations est-elle liée notamment à un problème d’ego entre les dirigeants des deux organisations ?

Non. Dans la pratique, les dirigeants de nos organisations prennent fréquemment des positions communes sur certains dossiers.

 

Combien d’éditeurs sont-ils membres de l’Afdel ?

L’Afdel compte près de 400 membres désormais, dont Apple et Google récemment, mais aussi beaucoup de startups.

 

Ce nombre est-il suffisamment représentatif quand on sait qu’il existe près 2000 éditeurs de logiciels en France ?

Il existe beaucoup d’ISV de très petite taille parmi ces quelques 2000 acteurs. La représentativité de l’Afdel est importante dans ce domaine, puisque une grande partie de nos adhérents font partie des 250 premiers éditeurs de logiciels français.

 

Y compris face au collège Editeurs du Syntec Numérique, qui recrute massivement des adhérents ?

L’Afdel a dépassé le stade de la simple compétition sur les simples chiffres. Selon moi, ce collège Editeurs n’a pas vraiment d’existence statutaire car le baricentre du Syntec Numérique réside sur les sociétés de services IT. Raison pour laquelle, sans doute, nous avons des adhérents en doublon dans nos deux organisations.

 

Vos adhérents sont-ils nombreux à disposer d’une offre Cloud ?

L’énorme majorité de nos adhérents disposent désormais d’offres Cloud, dont certains sont des pures players. Les capitaux-risqueurs ne prennent plus aucun dossier dans l’édition logicielle où il n’y a pas d’offres Saas. Mais selon moi, le Cloud ne représentera jamais 100% du marché car la demande client est multiple. Dans quelques années, le Saas représentera au maximum 50% du chiffre d’affaires d’un éditeur comme EasyVista.

 

Que pèsent les offres Saas dans leur chiffre d’affaires ?

De l’ordre de 10 à 20%, selon les domaines d’activités. Mais la proportion du Saas est plus importante dans le CRM que dans les progiciels par exemple.

 

La montée en charge du Cloud remet-il en cause le statut traditionnel d’éditeur de logiciels ?

Non. Certes, le métier de l’éditeur a évolué mais le Cloud ne remet pas en cause son cœur de métier, qui reste la R&D logicielle avec plusieurs modèles économiques différents. En revanche, je constate que les éditeurs proposent désormais de nouveaux services d’administration, qu’ils externalisent davantage, ce qui n’était pas le cas avant l’arrivée du Cloud.

 

Que pensez-vous du lancement en décembre 2014 de la Saas Academy, une initiative initiée par OVH et une dizaine de fournisseurs IT ?

L’Afdel est impliqué dans cette initiative qui est utile à la promotion du Cloud.

 

L’Afdel n’aurait-elle pas dû être à l’initiative de cette Saas Academy ? N’arrive-t-elle pas un peu tard après les efforts d’évangélisation importants déployés depuis des années par l’Afdel, le Syntec Numérique et Eurocloud ?

Peut-être. Mais le temps politique est plus long que le temps économique. Par ailleurs, l’Afdel ne dispose que d’une dizaine de permanents, qui ne peuvent pas être impliqués sur tous les fronts simultanément.

 

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