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L’abonnement et le support logiciel portent la croissance de Linagora

publié le lundi 11/03/2019

A l’aube de son 20e anniversaire, la SSLL Linagora accélère sa transformation vers le métier d’éditeur intégrateur de logiciels et services en Open Source. Son modèle de vente par abonnement rencontre un franc succès, tant au niveau de ses logiciels que de son service de support sur 400 logiciels libres. Ces offres génèrent déjà plus de 40 % de ses 16 M€ de chiffre d’affaires. Linagora étudie des acquisitions pour accélérer sa croissance en France et à l’étranger.

 

 

Magazine CBP (www.channelbp.com) : Linagora bénéficie-t-il des multiples acquisitions dans l’Open Source Outre-Atlantique, lesquelles revalorisent beaucoup les offres et services de ses acteurs ?

Alexandre Zapolsky, président et co-fondateur de Linagora, un important éditeur-intégrateur français de logiciels et services en Open Source créé en 2000 : C’est certain. Les clients, dans la banque par exemple, sont moins réticents désormais à passer dans le Cloud, qu’il soit public ou privé. L'Open Source est devenu un phénomène majeur dans la Silicon Valley. Rien qu’aux Etats-Unis, les sociétés Open Source ont réalisé en 2018 plus de 53 milliards d’euros de cessions ou introductions en bourse ! Ces opérations et le succès des Gafam crédibilisent l'Open Source, ses acteurs et ses offres. D’ailleurs, l’Open Source est au cœur de la stratégie Cloud de tous les géants de l’Internet et du Numérique. Un acteur historique comme IBM a racheté l’éditeur Red Hat pour 34 milliards de dollars, alors que Microsoft a investi 7,5 milliards de dollars dans la plateforme Github.

 

Par comparaison, pourquoi y-a-t-il aussi peu d'acquisitions d’acteurs Open Source en Europe ?

La France et l'Europe sont un peu en retard dans ce domaine, mais je m'attends à un phénomène de rattrape dès cette année, comme en témoigne déjà l'acquisition de l’éditeur allemand Suse fin 2018.

 

En tant qu’acteur majeur de l’Open Source en France, Linagora participera-t-il dès 2019 à la consolidation du marché de l’Open Source dans l’Hexagone, voire en Europe ?

Nous y réfléchissons. Linagora prévoit d’accélérer dès 2019 son expansion à l'international.

 

Linagora et ses filiales sont-elles déjà très présentes à l’étranger ?

Linagora dispose déjà de bureaux en Tunisie, au Vietnam, ainsi qu’au Canada, pays où nous allons réaliser près de 1,5 M$ cette année. Je crois aussi qu’il est important d'ouvrir rapidement une filiale en Allemagne, pays qui possède une forte culture technique dans l’Open Source. Par ailleurs, Linagora projette d’en ouvrir une également en Russie d’ici fin 2020, ainsi qu’à Dubaï afin d’adresser les pays du Golf.

 

A l’aube de son 20e anniversaire, Linagora est-il encore une Société de Services dans les Logiciels Libres (SSLL) à part entière ?

Non. En 2019, Linagora est désormais davantage un éditeur qu’une SSLL. En effet, une grande partie de notre activité provient de la vente de nos logiciels et de nos offres de support (Open Source Software Assurance) sur plus de 400 logiciels libres. La croissance soutenue de notre chiffre d’affaires en 2018 (+18%) est elle-même fortement liée à l’augmentation significative de notre activité de souscription, laquelle a bondi de 26 %. Les revenus issus de ces abonnements représentent aujourd’hui  plus de 40 % du chiffre d’affaires de Linagora.

 

Comment sont générés vos revenus issus de vos offres vendues sous forme d’abonnements ?

Le chiffre d’affaires issu des abonnements provient à la fois de la commercialisation en mode SaaS de nos logiciels maison, mais aussi du support sur les 5 logiciels Linagora (OBM, LinShare, LinPKI, LinID, Petals ESB), ainsi que de l’Open Source Software Assurance (Ossa). J’y ajoute les revenus issus d’OpenPaas, une plateforme logicielle virtuelle en open source vendue comme un service (Paas), qui intègre des fonctions de communication (mail, agenda, calendrier, contacts). Lancée début 2018, OpenPaas est le fruit d'un investissement de 30 M€ sur six ans avec des organismes publics pour aider nos clients à réussir leur propre plateformisation.

 

Pourquoi ne pas insérer plutôt les revenus issus de votre support logiciel (Ossa) dans la catégorie Services ?

Je ne les inclus pas dans notre chiffre d’affaires Services, car ce support logiciel correspond à un métier d'éditeur qui n’aurait pas à investir dans une R&D coûteuse. En revanche, ce choix nécessite de disposer d’une base installée importante car le coût d'entrée dans un modèle de type Ossa est élevé.

 

Qui achète vos offres de support logiciel Ossa (Open Source Software Assurance) ?

Des grands comptes principalement. Linagora a gagné près d’une dizaine de contrats majeurs d’Ossa en 2018, auprès de plusieurs grands groupes bancaires, de constructeurs automobiles, de la Banque de France, et de la Caisse Nationale d’Assurance maladie.

 

Linagora est-il aussi actif dans l’édition et la vente de logiciels en mode SaaS ?

Tout à fait. D’ailleurs, Linagora a prévu d’investir près de 2 M€ sur la commercialisation de ses logiciels en mode SaaS, que ce soit directement ou avec l’aide d’un leader européen de services numériques.

 

Pourquoi militez-vous en faveur d’une 3e voie Numérique, qui est une alternative européenne aux offres des Batx chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) et des Gafam américains ?

Nous sommes au début d’une prise de conscience des entreprises européennes sur les dangers lié à leur dépendance vis-à-vis des géants américains ou chinois du Numérique. Je me félicite de la création de la taxe Gafam par Bruno Lemaire et de la décision de l'OCDE de lancer dès 2019, avec le support des Américains, un projet de mieux taxer les revenus des géants du Numérique.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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