IT BtoB European Collaborative Webzine for leaders

Iphone 4s : Apple favorise encore ses propres boutiques et le retail

publié le jeudi 13/10/2011

Les Apple Premium Resellers (APR), autrement dit, les boutiques Apple indépendantes, n’auraient-ils plus de Premium que le nom en France ? Elles enregistrent désillusions après désillusions la veille du lancement de l’Iphone 4s, qu’elles ne peuvent vendre qu’au compte-goutte et au prix fort (629 €). Et comme ce smartphone très convoité représente, selon elles, une vente de produit Apple sur deux, elles assistent, impuissantes, à la migration de leurs clients les plus fidèles vers… les Apple Stores du constructeur, les boutiques télécoms et les enseignes du retail.

 

 

La veille du lancement de l’Iphone 4s, force est de constater qu’Apple n’autorise toujours pas ses APR à commercialiser son smartphone autrement qu’en version désimlockée (sans carte SIM liée à un abonnement 3G). Au prix fort (+629 euros) par conséquent. Leurs clients se ruent donc massivement dans les Apple Stores du constructeur, ou pire, chez les opérateurs télécoms, ou dans les enseignes du retail. Pourquoi s’en priveraient-ils, puisque ces boutiques vendent l’Iphone beaucoup moins cher (200 € en moyenne) car il est couplé avec un abonnement téléphonique 3G.

 

« Nous sommes frustrés et inquiets », affirme le patron d’un APR, qui tient à garder l’anonymat, par peur des représailles d’Apple (comme tous ses confrères dans notre enquête), « Quand nous leur proposons l’Iphone 4 au prix fort et sans abonnement, les clients nous répondent qu’ils vont aller le chercher dans les Apple Store ! Il s’agit donc d’une concurrence directe et déloyale pour les APR puisque le client est quasiment sûr de ne jamais revenir ». Cette lente hémorragie de leur clientèle est d’autant plus mal vécue par les APR qu’ils connaissent, nous le verrons, des problèmes d’approvisionnement sur d’autres produits Apple, dont le PC portable MacBook Air !

 

La perte en revenus est conséquente, surtout que l’Iphone est une vraie cash machine en termes de vente d’accessoires. Paradoxe, Apple prêche auprès de ses APR pour une amélioration de leurs pourcentages de ventes additionnelles autour de ses différents terminaux (smartphones, PC, etc.) ; il les invite même à les vendre couplés, sous forme de solutions IT communicantes avec le plus d’accessoires possible. Cherchez l’erreur.

 

Le parcours du combattant pour se procurer des Iphones

Les APR français ont pourtant le droit de commercialiser l’iPhone d’Apple depuis 2007, mais avec plusieurs contraintes commerciales significatives, qui découragent même les plus motivés. Tout d’abord, ils doivent le vendre désimlocké, c’est-à-dire que ce téléphone fonctionne avec n’importe quel opérateur télécoms.

En théorie, c’est un « plus » pour les APR, mais ils doivent le commercialiser au prix fort (629 euros minimum). Ils ne bénéficient pas de la subvention d’un opérateur télécoms puisque ce terminal est vendu sans carte SIM liée à abonnement 3G. Précision intéressante, il était impossible de verrouiller automatiquement la carte SIM sur ce terminal avant juillet 2010.

 

Des grossistes télécoms juge et partie

Autre contrainte, et non des moindres, les APR doivent s’approvisionner en Iphone chez l’un des trois grossistes télécoms (Coriolis Télécom, Audim, Extenso Télécom) du constructeur en France. Or, ces derniers gèrent aussi directement, ou indirectement, des chaînes de boutiques de téléphonie sous leur nom, ou pour des tiers… Par exemple, Extenso Télécom est une filiale de Bouygues Télécoms et elle gère plus de 200 magasins affiliés sous l’enseigne Phoneo. Coriolis Télécom dispose lui de plus de 300 boutiques sous la marque Téléphone Store. Et comme Apple livre peu d’Iphones à ces grossistes, selon eux, ils les gardent pour leurs boutiques, plutôt que de les livrer à des APR. D’autant que ces derniers ne leur commandent, peu ou prou, que ces smartphones. Ces facteurs ont encouragé une enseigne comme Ebizcuss, le premier APR français, de lancer des magasins en téléphonie mobiles à ses couleurs sous la marque ICLG Phones.

 

Mais un APR, qui tient lui aussi à garder l’anonymat, fait valoir qu’il « est difficile, voire coûteux de gérer les stocks de trois grossistes télécoms disposant d’une multitude de références, en parallèle de celles des grossistes IT ». L’un de ses confrères précise que ces mêmes grossistes ne leur donnent pas accès aux abonnements télécoms des opérateurs (sur instruction d’Apple ?), sauf sur exceptions du type : le client de l’APR ne doit jamais avoir acheté d’Iphone.

 

La raison l’emportera-t-elle sur la passion au sein du réseau Apple ?

Au final, la colère gronde chez les APR, qui se sentent toujours plus dévalorisés par Apple et moins concernés par la vente de ses nouveaux produits les plus lucratifs, dont l’Iphone, et les logiciels, qu’ils ne peuvent plus vendre depuis 2011. Apple, dont l’arrogance est décriée depuis des années par tous ses partenaires, devrait pourtant se méfier de l’insatisfaction grandissante de ses revendeurs mono marque.

S’ils ont l’impression de ne plus avoir rien à perdre, les plus remontés pourraient jeter l’éponge (c’est peut-être ce qu’attend Apple), ou le gant. Iraient-ils jusqu’à rappeler au bon souvenir d’Apple une récente jurisprudence française dans la téléphonie mobile ? Un revendeur de produits SFR, la société ETE, a gagné son procès en février 2011 contre l’opérateur et s’est vu requalifié par la cour de cassation en franchisé de fait. La raison l’emportera-t-elle enfin sur la passion au sein du réseau Apple ?

Moyenne: 5 (1 vote)
Réseaux sociaux :
Twitter Facebook Google LinkedIn

Autres articles sur le même sujet :

Mots clefs :