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Intel livre au compte-goutte ses nouveaux processeurs en 14 nm

publié le mercredi 19/09/2018

La frustration est grande chez les constructeurs, les OEM et les revendeurs d’ultra portables et de 2-en-1 utilisant des processeurs Core Intel. Ils regrettent la livraison en petites quantités de sa 8e génération de processeurs Whiskey Lake et Amber Lake gravés en 14 nm. Intel joue-t-il la montre en attendant la sortie en 2019 de tous ses processeurs en 10 nm ?

 

« Seuls les comptes stratégiques et les meilleurs clients d’Intel ont accès aux premiers lots de la dernière génération des Core Intel gravés en 14 nm », nous explique un dirigeant d’un important constructeur de PC. Annoncés en fanfare cet été lors de grands salon tels que l’IFA de Berlin, Whiskey Lake et Amber Lake, les deux nouvelles générations de processeurs Core (i5, i7 et i9) d’Intel gravés en 14 nanomètres sont encore trop peu disponibles en Europe. Un mois pourtant crucial pour les revendeurs de PC grand public avec le boom des ventes à l’occasion du « back to school ». Idem sur le segment BtoB, où nombre d’entreprises attendaient la sortie de cette nouvelle génération de puces Intel pour accélérer le basculement de leurs parcs de PC portables vers Windows 10 semble-t-il.

 

La pénurie diminuera progressivement au second semestre 2018

Les fabricants de PC ultra portables et à leurs clients devront patienter encore quelques semaines ou mois pour accéder à des volumes plus importants sur ces nouveaux processeurs. Cette pénurie pourrait se traduire par une hausse du prix des ultra portables. Une mauvaise nouvelle pour un marché des PC qui stagne depuis des années.

 

A défaut de passer enfin à la gravure en 10 nm en 2018, Intel a fait miroiter aux constructeurs, OEM et aux revendeurs d’ultra portables une réelle augmentation des performances avec le 14 nm, combinée à une baisse significative de la consommation pour ses puces des générations Whiskey Lake et Amber Lake. Le fondeur leur a promis un quasi doublement des performances par rapport à une configuration similaire vendue avec un processeur Haswell-U il y a cinq ans, ainsi qu’une autonomie portée à environ 16 heures.

Les premiers processeurs de la génération Intel Whiskey Lake sont les Core i3-8145U (2 cœurs / 4 threads), i5-8265U (4 cœurs / 8 threads) et  i7-8565U (4 cœurs / 8 threads) au TDP de 15 W. Quant à Amber Lake, seule la série Y destinée aux ultra-portables et 2-en-1 est concernée : m3-8100Y, i5-8200Y et i7-8500Y, au TDP de 5 W.

 

Intel joue-t-il la montre en attendant ses premiers processeurs en 10 nm… ?

Espérons qu’Intel fera le nécessaire pour livrer ses Whiskey Lake et Amber Lake en volumes plus importants dès l’automne 2018. Mais souhaite-t-il vraiment sortir en masse ses processeurs gravés en 14 nm, alors que le fondeur place enfin ses 10 nm sur les starting blocks ? Et que son concurrent AMD prépare lui ses premiers GPU 7 nm en 2019, et à destination des serveurs dans un premier temps ?

Pour l’heure, seul le processeur Intel Core i3-8121U est disponible en 10 nm, mais en quantités limitées jusqu’aux vacances 2019. Et toujours rien du côté des Xeon, les processeurs qu’Intel destine au marché BtoB des serveurs.

 

… reportés plusieurs fois

Le fondeur américain a de nouveau repoussé, à 2019-2020 cette fois, la production en masse de ses futurs nouveaux processeurs en 10 nm. Une décision motivée principalement par des raisons économiques, dont la coûteuse mise à niveau de ses usines. Pourtant, Intel possède depuis 2015 le savoir-faire nécessaire à la gravure en 10 nm, suite notamment aux tests menés sur les processeurs Cannon Lake construits sur l’architecture Skylake.

L’architecture 10 nm d’Intel, qui représente une réelle prouesse technologique, est très attendue par les fabricants de PC pour dynamiser leurs ventes. La densité en transistors du nouveau processeur représenterait un bond d’un facteur de 2.7 par rapport à l’actuel 14 nm. Intel pourrait y intégrer environ 100 millions de transistors par mm², soit quelques 12 milliards de transistors par processeur de nouvelle génération.

 

Au final, Intel ne joue-t-il pas un peu la montre car il ne redoute pas une remise en cause directe de ses parts de marché considérables dans les CPU et GPU. Cherche-t-il aussi à ménager AMD, son éternel et fragile concurrent… Intel ne devrait pas trop se relâcher car AMD a renoué avec une croissance soutenue depuis la sortie fin 2016 des processeurs 12 nm de la famille Ryzen. Les revenus d’AMD ont d’ailleurs augmenté de 54 % en 2017, contre 3,3 % seulement pour Intel.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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