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IBM rachète Red Hat, le leader mondial de l’Open Source BtoB

publié le lundi 29/10/2018

Big Blue acquiert fin octobre Red Hat, qui édite la principale distribution GNU/Linux pour les entreprises et les logiciels associés. IBM signe un chèque de 34 Md$ pour devenir, de facto, le leader mondial de l’Open Source, dont les technologies sont de plus en plus utilisées dans les environnements Cloud, les datacenters et la conteneurisation des données.

 

Ce rachat est coup de tonnerre dans l’industrie logicielle IT BtoB. Il survient alors que Red Hat, qui cherchait un éventuel repreneur depuis son entrée en bourse afin d’accélérer sa croissance, célèbre ses 25 ans. Red Hat est l’un très principaux éditeurs mondiaux de logiciels IT BtoB. Il devrait réaliser en 2018 environ 3.3 Md$ pour une marge opérationnelle de près de 16%. IBM s’empare aussi d’une trésorerie confortable, de l’ordre du milliard de dollars.

 

Une multiplication de grandes acquisitions dans l’Open Source

Afin de rassurer les clients, partenaires et investisseurs de Red Hat, Big Blue a immédiatement déclaré que rien ne changera dans la gouvernance, le modèle de développement et la contribution de Red Hat au code Open Source. Une déclaration bienvenue alors qu’IBM s’apprête à réaliser l’une des plus importantes acquisitions de l’histoire du marché IT BtoB.

La 2e après celle du rachat du groupe EMC/Vmware par Dell (67 Md$) en 2016. Big Blue s’apprête tout de même à débourser 34 Md$ pour cet éditeur américain qui édite et commercialise la principale distribution Linux (RHEL), ainsi que des logiciels et des services en mode Open Source dans le Cloud, le stockage, la virtualisation (OpenStack) pour les entreprises.

« Cette acquisition est incroyable... en termes de valorisation notamment, car elle place la réalité du marché de l'open source en 1ere ligne des considérations. 2018 est une grosse année pour l'open source, qui n'arrête plus d'attirer. », explique Grégory Becue, le directeur général en charge du développement de Smile, une importante société de services IT qui travaille avec des technologies Open Source (SSLL).

Autre preuve de l’importance de l’Open Source sur ces marchés porteurs, les rachats d’acteurs du Libre se sont multipliés en 2018. Par exemple, Microsoft a dépensé 7.5 Md$ pour Git Hub, une plateforme de partage de code, là où Salesforce s’est offert l’éditeur MuleSoft pour 6.5 Md$. Red hat a lui-même construit son offre à coup de petites acquisitions successives (3Scale, Codenvy, CoreOS, Enovance, etc.).

 

Renforcer l’adressage d’IBM dans le Cloud, les datacenters et la conteneurisation des données

Alors, la question que tout le monde se pose est : pourquoi le leader historique des systèmes IT BtoB propriétaires (mainframe, AS400, etc.) dépense-t-il autant d’argent pour s’offrir le champion américain de l’Open Source et du logiciel libre ? Pour devenir, de facto, le leader mondial de l’Open Source, dont les technologies « libres » sont de plus en plus utilisées dans le Cloud, les datacenters et la conteneurisation des données.

Bref, sur des marchés convoités par IBM, mais où le fournisseur IT a parfois du mal à s’imposer. Même si elle dope les positions d’IBM sur le secteur stratégique du Cloud Hybride, cette acquisition entérine quelque peu l’échec du groupe pour en devenir le leader. Que deviendront les récents accords signés par Red Hat dans le Cloud avec le groupe de Cloud public chinois Alibaba par exemple ? Red Hat, Big Blue se connaissent bien dans le domaine conteneurisation des données. En septembre, ils ont annoncé avec Horton Works la création d’une association Open Hybrid Architecture basé sur le système d’orchestration Kubernetes, la référence de facto dans le domaine.

 

IBM renforce son réseau de revendeurs Entreprise

Les équipes de Red Hat intégreront une division du pôle Cloud Hybride de Big Blue. Attention au choc des cultures prévient Grégory Becue : « Même si en dépensant 34 milliards de dollars, IBM va devenir une Open Source company, il existe une sacré différence de culture qu'il va lui falloir manager ». On se souvient que l’intégration de certaines entreprises acquises par IBM, dont Lotus à l’époque, s’était faîtes dans la douleur.

 

Idem au niveau du channel. IBM n’a d’ailleurs pas encore précisé comment il compte intégrer l’important réseau mondial de revendeurs qu’entretient Red Hat, qui a est nettement plus « channel friendly » que lui. « L’indirect représente environ 75% du chiffre d’affaires de Red Hat en Europe », explique Jean Christophe Morisseau, directeur channel de Red Hat en France. Les revendeurs de l’éditeur se demandent sans doute si Red Hat conservera son indépendance technologique, à l’instar d’un Vmware versus sa maison-mère Dell. Faute de quoi, les clients clientes de Red Hat, mais qui utilisent les plateformes serveurs de concurrents d’IBM, risquent d’être déçues.  

 

Les deux groupes partagent deux points communs, celui d’être très orientés grands comptes historiquement. Toutefois, Red Hat renforce actuellement davantage l’adressage des PME que Big Blue. Ils travaillent également avec des grossistes, dont certains sont communs, dont Tech Data ou Arrow ECS.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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