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IBM envisagerait l'acquisition de Sun

publié le mercredi 18/03/2009
Le Wall Street Journal annonce le 18 mars qu'IBM, le numéro 1 mondial des serveurs, pourrait débourser 6,5 Md$ pour acquérir le 4e mondial, Sun Microsystems. Une opportunité pour ce dernier, qui cherche déjà à se vendre depuis plusieurs mois. Une proie enfin abordable en raison de la chute de sa capitalisation boursière et de ses résultats en demi-teinte ces dernières années. En 2008, Sun a réalisé un chiffre d'affaires de 13,88 Md$ avec 33 500 employés. Si la nouvelle se confirme, on pourrait croire qu'IBM déroge à sa règle de n'acquérir que des éditeurs et sociétés de services IT pour se développer. Car quel intérêt les serveurs de Sun présentent-ils pour IBM qui dispose déjà d'un vaste portfolio de serveurs ? en revanche, Big Blue s'intéresse de près à sa Java Machine et MySQL...

Pour mémoire, Sun Microsystems a annoncé le 31 octobre 2008 des pertes de 1,68 Md$ sur son troisième trimestre 2008, alors qu'il réalisait un bénéfice de 89 M$ un an plus tôt. Il a donc annoncé la suppression en 2009 de 5.000 à 6.000 postes, soit entre 15 et 18% de son effectif mondial. Quant à sa valorisation boursière de Sun elle a perdu près de 80% de sa valeur en 2008 à environ 3 Md$. Enfin, Sun s'est réorganisé dès fin 2008 en trois divisions: Application Platform Software, qui englobe ses activités logicielles et open source, dont Java et MySQL ; Systems Platforms, branche dédiée aux OS, dont Solaris 10, à la virtualisation et aux produits associés ; et enfin Cloud Computing & Developer Platforms.

Contrôler la Java Machine et MySQL face à Microsoft
En fait, IBM veut surtout mettre la main sur la Machine Java de Sun et les licences que lui paie toute l'industrie IT. Désormais quasi universelle, elle est au cœur du middleware WebSphere d'IBM, et elle figure parmi les principaux logiciels du poste client, fixe ou mobile, après ceux de leur rival commun... Microsoft. En outre, Java possède encore, semble-t-il, la plus importante communauté de développeurs en services web et serveurs d'applications devant, à nouveau, le .Net de Microsoft. Rappelons également qu'IBM a lancé il y a quelques années Eclipse (de Sun ? Une coïncidence ? NDLR), un outil de développement de développement intégré de d'applications... concurrent de Java.
IBM est sans doute également intéressé par sa célèbre base de données open source MySQL, éditeur acquis par Sun en 2008. Après l'acquisition de MySQL, Sun a combiné son organisation Logiciels d'infrastructure avec l'entité Base de données pour former un groupe produits Open source unifié. Rappelons au passage qu'IBM est l'un des principaux investisseurs mondiaux dans les offres Open source, sans doute pour contrer - là encore - Microsoft. Enfin, Sun Microsystems a noué de très nombreuses alliances avec des ISV dans le cadre d'une verticalisation par métiers destinée à booster ses ventes de serveurs avec des applications adaptées.
D'ailleurs, en novembre 2008, IBM et Sun ont annoncé la sortie d'un kit de développement destiné aux développements d'applications capables d'exploiter le format ODF (OpenDocument Format), alternative à l'Open XML défendu par... Microsoft. En proposant gratuitement les outils nécessaires à l'implémentation d'ODF, IBM et Sun espèrent le transformer ce système en un standard de facto.

Bloquer de nouveaux entrants dans les serveurs
Côté matériel, IBM est également intéressé par les systèmes et librairies de stockage de StorageTek, constructeur racheté par Sun pour 4,1 Md$ en juin 2005. En revanche, en tant que numéro 1 mondial des serveurs avec 36,3 % pdm en valeur, Big Blue n'a sans doute pas besoin de disposer du portfolio de serveurs de Sun pour gagner des parts de marché significatives, même si Sun est le numéro 4 mondial du secteur (9,3 %). Surtout sur un marché en déclin. Cela dit, IBM empêche ainsi de nouveaux entrants potentiels de faire irruption sur ce marché en acquérant Sun... Rappelons que Sun Microsystems et HP ont annoncé en février 2009 un partenariat important permettant à HP d'utiliser son système d'exploitation Solaris 10 pour les clients qui le souhaitent.
IBM, détenteur historique de l'OS Unix AIX, a-t-il intérêt à acquérir Sun pour mettre la main sur son OS Solaris 10 ? Sans doute pas, même si Big Blue tentera de favoriser une migration massive de son importante base installée vers AIX.
Quant au processeur UltraSPARC équipant les serveurs haut de gamme de Sun, il n'intéresse pas vraiment IBM. Ce dernier investit massivement dans son propre chip baptisé PowerPC, que l'on trouve dans ses calculateurs et ses serveurs Unix haut de gamme, concurrents de ceux de Sun, mais aussi la console PS3.

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