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HPE réduit la voilure dans les services et se refocalise sur la techno

publié le mardi 14/06/2016

La cession partielle du pôle Services de HPE est une bonne nouvelle pour les revendeurs de ce fournisseur IT. Ils se réjouissent aussi de voir que la technologie redevient la pierre angulaire de la stratégie de HPE en 2016. Toutefois, ils ne sont pas dupes de sa stratégie évolutive. En 2008, HP leur expliquait qu'il devait dépenser 14 Md$ pour acquérir la SSII EDS.

 

Lors de l'événement Partenaires organisé début juin par HPE à Paris, tous les revendeurs interrogés nous ont déclaré être satisfaits de voir leur principal fournisseur IT se désengager partiellement de certains de ses services IT professionnels. Même ses 25.000 licenciements, essentiellement dans les services, ont été perçus comme un signe positif de la volonté de HPE de leur laisser le champ libre sur certains services IT. Résultat, une fois n'est pas coutume, nous avons vu des responsables de CapGemini, Evea ou encore de Cheops Technology avouer leurs satisfactions à Emmanuel Royer, le responsable channel de HPE.

 

Les revendeurs de HPE ne sont pas dupes

Toutefois, tous sont conscients que les SSII et les grands intégrateurs IT sont, en théorie, les premiers bénéficiaires directs de la cession de l'activité Services de HPE, qui reste partielle puisqu'elle concerne essentiellement les prestations d'infogérance. En outre, la division Services de HPE va plus rarement chasser sur les terres des revendeurs IT plus modestes.

Ces partenaires ont raison de ne pas se réjouir trop vite. « HPE/CSC deviendra dès 2017 le 3e acteur mondial dans l'infogérance IT. Et les parties conseil et intégration restent dans le giron de HPE », comme l'a rappelé Gérald Karsenti lors de son intervention. En outre, CSC possède une filiale en France qui va se muscler considérablement en 2017, dès la fin de la transaction.

 

IBM n'est pas le seul fournisseur à réaliser des 360° dans sa stratégie

Pour justifier la cession partielle à CSC de 50% de la branche service de HPE, Gérald Karsenti, le président de la filiale française de ce fournisseur IT, a expliqué début juin à ses partenaires que « HPE était une structure trop lourde auparavant. Nous devons devenir une structure plus petite pour être plus agile en clientèle ».

Curieusement, les deux prédécesseurs de Meg Whitman, avait expliqué le contraire à leur écosystème dès la fin des années 2000, évoquant même une massification accélérée des achats IT chez les clients à l'époque, pour justifier les acquisitions successives de la SSII américaine EDS en 2008 et de l'éditeur britannique Autonomy en 2011. HP avait alors dépensé la bagatelle de plus de 32 Md$, dont 8,8 Md$ en provision pour l'acquisition mal ficelée d'Autonomy. Or, vue la faible valorisation de la branche Services de HPE vendue à CSC, on réalise que ce groupe a de nouveau perdu des plumes suite à ses deux acquisitions mal digérées.

 

Le Cloud a rebattu les cartes dans les services IT

Aujourd'hui, le succès grandissant du Cloud, hybride notamment, a rebattu les cartes du marché des services IT, et de l'infogérance des infrastructures IT en particulier. Début 2016, HPE a d'ailleurs annoncé son intention de licencier quelques 25.000 salariés sur deux ans, essentiellement dans sa branche services. En prévision de son accord avec CSC ?

précisait quelques mois plus tôt que le groupe abandonnait son offre de Cloud public pour se rallier à Microsoft Azure. Depuis 2016, des acteurs-moteurs du succès du Cloud, tels que Dell, HPE ou IBM, qui sont également les leaders des infrastructures IT physiques, changent de cap dans les services IT. Dell a revendu sa SSII Perot, HPE, sa branche Services, etc. A la grande satisfaction de leurs revendeurs IT.

 

HPE se détache de la stratégie d'IBM 

« Ce que notre PDG, Meg Whitman réalise avec HPE actuellement dans le monde est très regardé », a-t-il ajouté. Inutile de dire que ses deux prédécesseurs l'étaient aussi, tant il était clair alors que le groupe HP semblait caler – à tort ? - sa stratégie sur celle d'IBM, un concurrent plus orienté que lui à l'époque sur les services et les logiciels.

Ce qui est moins le cas désormais selon Gérald Karsenti : « HPE se concentre de plus en plus sur les technologies IT, qui constituent plus que jamais le baricentre du groupe ». Et le président de la filiale française de HPE de préciser que « Le logiciel, qui capte une partie de plus en plus importante des opportunités du marché, se situe également au cœur de la quête de nouveaux marchés et des aires de transformation des entreprises et de leurs modèles économiques ». La technologie est également toujours au cœur de la culture d'entreprise d'IBM.

Bruno Buffenoir, vice-président des ventes de HPE, confirme que « l'ensemble des acteurs doivent apporter des ruptures technologiques avec pragmatisme. Et compte-tenu de l'explosion des données, les leaders de l'industrie IT, dont HPE, doivent aussi revoir leurs modèles IT. Ils doivent pouvoir capitaliser sur les pools de ressources disponibles sans avoir à investir davantage grâce à un accès à des données qui ne sont pas forcément les leurs ». Une stratégie qui semble cohérente et convaincante sur le papier, mais HPE sera-t-il capable de la mettre en œuvre sans failles, avec le soutien de ses partenaires ? Le diable ne se cache-t-il pas dans les détails...

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