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HP peut-il se permettre de racheter EMC ?

publié le lundi 08/06/2015

La rumeur d’un rachat d’EMC par Hewlett-Packard (HP) a refait surface début avril à l’occasion de Discover, la grande messe américaine de HP et de ses partenaires. Déjà évoqué en 2014, celui-ci n’a pas abouti entre-temps. Rappelons que HP n’a pas été très chanceux avec ces précédentes acquisitions géantes (Autonomy, EDS, etc.)…

 

Alors, cette opération a-t-elle enfin des chances d’aboutir rapidement, du moins, avant la scission de HP en deux entités dès novembre 2015 ? Pas sûr, car le ticket d’entrée est très élevé à plus d’un titre.

 

Rappelons tout d’abord qu’EMC, le leader mondial du stockage, pesait à lui seul 24.4 Md$ (+5% de croissance) en 2014. En outre, ce groupe américain plutôt rentable (2.7 Md$ de bénéfices l’année dernière) possède plusieurs filiales importantes, dont VMware, qui est également le leader mondial de la virtualisation. Ainsi que certains actifs intéressants. Par exemple, VMware a racheté Airwatch, dont les actifs dans la mobilité complèteraient bien ceux de HP, car c’est un marché sur lequel ce constructeur tient à se développer rapidement. Comme ceux dans le Cloud de VMware et de Virtustream, une société qu’EMC vient tout juste de racheter.

 

Mais HP a-t-il les moyens financiers de ses ambitions à la veille d’une scission très coûteuse pour lui sur le plan financier et organisationnelle ? Pas vraiment dans l'immédiat. D’autant que les résultats de ce constructeur IT américain ne sont pas très bons actuellement. Rien que sur son deuxième trimestre fiscal 2015, clos le 30 avril, le chiffre d’affaires total s'affichait en repli de 7 % sur un an à 25,5 milliards de dollars. Quant à son pôle BtoB, ses résultats se sont également dégradés. Les revenus de cette division Entreprise Services ont reculé de 16% par rapport à la même période de 2014. Hewlett-Packard prévoit donc de faire économiser 2 Md$ à sa division Entreprise Services, dont l'activité est en panne de croissance.

 

En parallèle, un tel rapprochement nécessiterait une fusion de leurs réseaux de distribution indirecte, lesquels contiennent de nombreux doublons dans les différents pays. Pas sûr également que les revendeurs HP voient arriver ces nouveaux concurrents d'un très bon oeil. En outre l'unification des divers programmes de partenariat est un travail de longue haleine.

 

Enfin, HP peut-il se permettre de s'embarquer actuellement dans une acquisition majeure alors qu'il joue son avenir avec sa prochaine fusion ? Certainement pas, d'autant que le leader mondial de l'IT BtoB n’a pas intérêt à se rater sur ce coup-là. Il est dans le collimateur de Wall Street et de ses partenaires. Rappelons que HP n’a pas été très chanceux avec ses précédentes acquisitions géantes (Autonomy, EDS, etc.). Quant à EMC, si l'opération ne se fait pas avec HP, elle aura sans doute lieu avec un autre géant de l'IT. D'autant que les milieux financiers encouragent le président d'EMC, qui devrait prendre sa retraite cette année, à céder certaines de ses activités pour valoriser le groupe.

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