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Eurocloud invite le Gouvernement sur son Nuage

publié le jeudi 17/03/2011

Pierre-José Billotte, président de l’association Eurocloud France, a remis le 17 mars à Eric Besson, Ministre de l’Industrie, 17 propositions en faveur du développement du Cloud. Son objectif, inciter le Gouvernement à développer la commande publique pour amorcer la demande en services Cloud. Il préconise au passage « d’évangéliser les acteurs de la distribution sur les bienfaits du modèle Cloud Computing ». Enfin, Eurocloud souhaite obliger les hébergeurs à jouer la carte de la transparence sur la localisation et la sécurisation des données hébergées.  

 

Pierre-José Billotte n’a pas oublié la distribution dans ses mesures. « Elle est essentielle pour développer l’usage du Cloud dans les PME, or les Politiques ne s’y intéressent pas assez » estime-t-il. Il préconise donc « le financement d’un programme de sensibilisation et d’évangélisation des acteurs de la distribution en France sur les bienfaits du modèle Cloud Computing ». Qui le concevra et le mettra en place ? Il invite également les acteurs du secteur et le Gouvernement à mieux prendre en compte l’importance des acteurs de l’intermédiaition entre l’offre et la demande.

 

Mettre à contribution l’Etat

Pierre-José Billotte préconise tout d’abord la création d’un fond d’amorçage spécifique pour l’industrie du Cloud, qui puisse capitaliser sur des projets naissants à visée internationale d’un montant de 500 ME. Le président de l’association Eurocloud en France souhaiterait que le Gouvernement intervienne sur un premier tour de capital risque, est-ce son rôle ?, même si les promoteurs de ces projets ont pas ou peu de capitaux, mais un business plan solide. Bien évidemment, il milite aussi pour que le Fond Stratégique d’Investissement (FSI) affecte une ligne dédiée au Cloud pour les entreprises intermédiaires. Enfin, Pierre-José Billotte veut relancer le statut de Jeune Entreprise Innovante, qui aide les entreprises à bénéficier d’une fiscalité favorable. Dans la foulée, il demande l’extension du Crédit Impôt Recherche à l’usage des services liés au Cloud.

 

Un vrai challenge à l’heure où les caisses de l’Etat sont vides… D’autant qu’il n’est pas certains que les fonctionnaires de Bercy comprennent les tenants et aboutissements du Cloud, ainsi que les réalités économiques qu’ils recouvrent, au moins sur le plan commercial.

 

Amorcer la pompe grâce au secteur public

Les autres mesures préconisées par Eurocloud sont déployables plus facilement et rapidement, car moins onéreuses pour l’Etat. Quoique. En effet, Pierre-José Billotte désire favoriser l’amorçage de la demande en faveur du Cloud en incitant les administrations et autres organismes publics à acheter du…Cloud. Cette initiative présuppose l’ouverture des catalogues de fournisseurs référencés du secteur public aux fournisseurs de services Cloud, avec un quota de 50% réservé aux PME de moins de 500 salariés. Elle suppose également le référence des champions « français » du Cloud (si on arrive à définir ce que ce terme recouvre exactement) dans le référencement public, via la nouvelle direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC). Enfin, Eurocloud préconise la formation des agents de l’Etat à l’intérêt des services Cloud. Quel intérêt si la direction des achats s’en occupe et des organismes comme l’Ugap prennent le relai ?

 

Rassurer les clients

Eurocloud, association présente dans plusieurs pays européen, préconise en toute logique la création d’un label sécurité européen dédié au Cloud. Histoire de faire tomber l’un des premiers freins à l’adoption de services Cloud : la sécurisation et la localisation des données. Pierre-José Billotte souhaite d’ailleurs que les prestataires puissent garantir à leurs clients une localisation des données transparente. Il veut imposer dans les contrats cloud l’obligation de les informer contractuellement sur le lieu d’hébergement de leurs données. « C’est une mesure simple et efficace, qui favorise le développement d’offres en France et en Europe », estime-t-il.

 

Et pour lutter contre les mauvais joueurs ou prestataires du Cloud, Eurocloud appuie la création d’une liste noire sur Internet. Celle-ci tiendra à jour la liste des prestataires à prohiber, du fait de la mauvaise qualité de leurs services, tout  spécialement hors de l’Union Européenne. « En revanche, l’exécution de la condamnation s’avère plus complexe. Cependant, on pourra trouver sur Internet une liste des prestataires condamnés par les justices française et européenne », précise Pierre-José Billotte. Il ne dit pas qui sera l’organisme en charge de l’établissement de cette liste et sa mise à jour.

 

 

Reste à savoir si les préconisations d’Eurocloud ont l’aval ou le support du Syntec Informatique, syndicat de la branche IT qui milite également en faveur du développement du Cloud. Surtout depuis qu’il s’est rebaptisé Syntec Numérique à la fin 2010. Même constat pour l’Afdel, son principal adversaire dans ce domaine.

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