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En rachetant Koden, C’PRO devient le principal revendeur français de copieurs

publié le mardi 18/02/2020

C’PRO, le principal bureauticien IT français, est entré en discussion exclusive mi-février avec le fonds Naxicap Partners pour racheter 100% de son concurrent Koden, le deuxième bureauticien indépendant français. Le nouveau leader de l’impression gérera un parc de 180 000 machines pour un chiffre d’affaires d’environ 600 M€.

 

Magazine ChannelBP.com : Post-fusion C’PRO-Koden, quelle sera la taille du principal revendeur indépendant français de système d’impression en 2020 ?

Pieric Brenier, président de C’PRO, un important bureauticien et intégrateur IT français basé à valence : En 2020, notre nouveau groupe réalisera un chiffre d’affaires cumulé d’environ 600 M€ avec quelques 2500 salariés répartis dans près de 180 agences présentes sur tout le territoire national, dont 120 agences provenant de C’PRO.

 

Comment la naissance du principal revendeur indépendant de systèmes d’impression impactera-t-elle le marché français de l’impression ?

La nouvelle entité qui naitra ce printemps de la fusion entre les groupes C’PRO et Koden deviendra le principal revendeur indépendant de systèmes d’impression en France. Nous gérerons alors le premier parc français de copieurs multimarques avec environ 180 000 machines installées, contre 120 000 pour C’PRO seul. Toutefois, notre parc total représentera à peine 20% du million de copieurs A3 présents en France. Et tous segments cumulés (A4 et A3), notre nouveau groupe ne pèsera que 15% du marché français du print, qui reste très atomisé. C’est déjà beaucoup certes, mais rappelons qu’un constructeur de copieurs comme Konica Minolta en détient lui près de 30% par exemple. En outre, je précise que ces fabricants et leurs réseaux de distribution directs continueront, grâce à leurs acquisitions de partenaires notamment, à détenir 60% du marché du print en France.

 

Votre nouvelle entité ne détiendra-t-elle pas, malgré tout, des parts de marché dominantes dans les réseaux de distribution indirects des principaux fabricants de copieurs et d’imprimantes ?

Effectivement, mais le groupe C’PRO est déjà le premier revendeur de copieurs Canon, Kyocera et Toshiba en France et en Europe. Avec l’acquisition de Koden, nous devenons également le principal partenaire français du constructeur Sharp.

 

Ces constructeurs de copieurs et de multifonctions ne risquent-ils pas de se sentir menacés par le poids grandissant du groupe C’PRO dans leurs écosystèmes de partenaires ?

Je ne pense pas. Qu’auraient-ils dit si l’offre de l’un des constructeurs candidats au rachat de Koden avait été acceptée ? L’important est de savoir que nous servons bien nos clients et qu’ils sont rassurés de traiter avec un acteur indépendant possédant la taille, l’expertise et l’assise financière du groupe C’PRO.

 

Quelles synergies espérez-vous créer en rachetant Koden, votre principal concurrent en France, dont l’organisation doublonne en partie celle de C’PRO ?

Nous ne fusionnons pas pour le plaisir de fusionner. Lors de chacune de nos acquisitions, mon principal objectif a été de créer des synergies entre acteurs privilégiant avant tout le bien-être de nos collaborateurs. Cette donnée est importante pour chacun d’entre eux, et notamment pour les générations Y et Z. Ces synergies seront d’autant plus faciles à créer avec Koden que nous possédons tous deux la même culture d’entreprise. Après avoir joué chacun le rôle de consolidateur du marché de l’impression en réalisant de nombreuses acquisitions depuis des décennies, les consolidateurs se réunissent à leur tour.

 

C’PRO va-t-il intégrer toutes les entités du groupe Koden ou certaines d’entre elles resteront indépendantes ?

Chaque entité régionale restera autonome et assurera sa propre facturation, sa comptabilité, etc. Je ne veux pas réaliser d’économie d’échelle qui serait préjudiciable à notre qualité de service ou à notre relation-client au plan régional. Je précise que ni C’PRO, ni Koden, n’ont fusionné les fonctions transverses des sociétés acquises par le passé, mais ont bâti des entités régionales fortes possédant leur propre structure administrative.

 

Qui dirigera le nouvel ensemble au plan national et régional ?

Je reste président de C’PRO et je présiderai également la nouvelle entité après les rachats des différentes holdings composant Koden. Gilles Perrot demeure également le directeur général du groupe. Quant à Christian Barqui, le président de Koden, il reste dans la nouvelle entité pendant 12 à 24 mois afin de coordonner avec moi la transition. Enfin, les dirigeants des filiales régionales de C’PRO, mais aussi de celles de Koden demeurent en poste, dont Bruno Gosset, le dirigeant de NetMakers.

 

Les 5 entités du groupe Koden porteront-elles toutes le nouveau nom choisi par C’PRO ?

Toutes les entités de C’PRO et du groupe Koden / NetMakers porteront le même nom, que nous vous dévoilerons le 27 juin 2020. Nos collaborateurs seront fiers de construire ensemble le nouveau groupe en étant ainsi tous sur la même ligne de départ avec le même dossard.

 

Post-fusion, votre couverture commerciale sera-t-elle parfaite au plan national ?

Quasiment, nous n’aurons plus beaucoup de trous dans notre couverture commerciale, sauf dans l’extrême sud-ouest de la France et en Corse notamment.

 

Cette acquisition d’un bureauticien français majeur ne va-t-elle pas trop diluer la part de l’IT dans le chiffre d’affaires et les activités du groupe C’PRO ?

Si, bien sûr. Mais je prépare de nouvelles acquisitions en parallèle pour renforcer les pôles IT et télécoms de C’PRO. En outre, nous aiderons les entités de Koden possédant déjà une activité IT à destination des PME à la développer.

 

Cette acquisition majeure signe-t-elle la fin de l’intense politique de rachat de parcs de copieurs et de sociétés engagée depuis des années par C’PRO et Koden ?

Non. L’acquisition de Koden, la 108ème du groupe C’PRO depuis sa création, est de loin la plus importante, mais je poursuivrai les acquisitions pour continuer à consolider les marchés du Print et de l’IT en France. Je prévois encore d’en réaliser environ une dizaine par an.

 

Comment financez-vous cette nouvelle acquisition, la plus importante de C’PRO, et toutes les autres à venir ?

C’PRO finance ses acquisitions par de la dette bancaire. Nous avons décidé, à ce stade, de ne pas ouvrir notre capital à de nouveaux investisseurs.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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