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Devoteam, futur Cloud Broker ?

publié le mardi 14/05/2013

La SSII Devoteam a signé ce printemps un partenariat avec Google Entreprise pour accompagner ses clients dans leur transition vers le Cloud et la mobilité. Stanislas de Bentzmann, le PDG de cette société de service, nous explique pourquoi il a privilégié cet acteur à Amazon ou Microsoft, et comment le Cloud oblige Devoteam à faire évoluer son modèle économique.

 

Magazine CBP : Pourquoi avoir choisi Google comme partenaire Cloud, et non Amazon ou Microsoft ?

Stanislas de Bentzmann, PDG de cette société de service Devoteam : Google possède une vision disruptive du marché qui est intéressante. Ses offres Paas sur la mobilité et le Big Data, bien que de première génération, conviennent bien aux PME. A l’inverse, Microsoft fait tout ce qu’il peut pour empêcher le Cloud de casser sa base installée. Cet éditeur a adopté une stratégie défensive pour empêcher de nouveaux concurrents de « bypasser » sa base installée chez les clients finaux. Quant à Amazon, il propose essentiellement du Iaas, ce qui n’est pas la priorité de Devoteam.

 

Que vous apporte le partenariat signé ce printemps avec la division Entreprise de Google ? Ses produits ne sont-ils pas un peu trop « low cost » pour une SSII comme Devoteam ?

Les produits de Google sont pointus sur le plan technologique. Sur la partie messagerie, marché où Devoteam avait peu de revenus, ils nous apportent un peu de fonctionnel et de services. Ils fournissent surtout une réelle valeur ajoutée à nos clients, en termes de productivité notamment. Ces derniers peuvent ainsi réaliser d’importantes économies sur certains postes, qu’ils pourront alors réinvestir dans d’autres types de services, sur d’autres technologies IT, dans la mobilité, le Cloud ou le Big Data par exemple.

 

Ce partenariat change-t-il la relation de Devoteam avec ses clients ?

Devoteam peut tirer avantage à se positionner comme un intégrateur de solutions Cloud et un Cloud Broker vis-à-vis des grands comptes. Nous pouvons piloter les architectures des solutions Saas des clients qui ne voudront plus traiter en direct avec les éditeurs, et nous pouvons aussi gérer leur support.

 

Et avec les PME en particulier ?

Quant aux sociétés plus petites, beaucoup feront bientôt appel à des prestataires spécialisés dans le Cloud. Dans les 5 ans à venir, près de 50% des PME auront basculé leur système d’information chez un Cloud Broker ! La DSI traditionnelle qui fabriquait seule de la data en interne n’est plus d’actualité. Le Cloud est une vague de fond qui va obliger tous les acteurs à se transformer. Devoteam doit donc adapter son modèle économique afin d’accompagner ce changement chez ses clients.

 

Ce modèle de Cloud Broker ne va-t-il pas raviver une guerre des prix déjà brulante dans les services IT ?

Dans nos métiers de services, la pression est continue sur les prix. C’est donc en offrant des propositions innovantes – telles que celles de Google - que l’on continue à se différencier.

 

En qualité de futur de Cloud Broker, envisagez-vous d’agréger d’autres contenus Cloud ?

Pas dans l’immédiat, car ce marché est immature et en avance de phase dans les grands comptes, clientèle chez qui Devoteam demeure positionné comme un acteur incontournable du conseil, de l’ingénierie, etc.

 

Pourquoi Devoteam a-t-il cédé sa filiale française dans les télécoms à Ericsson ?

Cette cession s’inscrit dans notre plan de transformation Eagle, qui vise à pousser un portefeuille d’offres plus concentré, dans les télécoms bien évidemment, mais également dans les offres d’infrastructures dédiées aux opérateurs et dans les réseaux d’entreprises.

 

Comptez-vous céder d'autres filiales en France ou à l'international ?

Non, notre bilan est solide et ces cessions d’activités ne poursuivent pas un objectif financier.

 

Pourtant, le résultat net part du groupe Devoteam est en perte de 2,8 ME, contre un bénéfice de 14,8 ME en 2011, non ?

Devoteam a enregistré une perte dans ses éléments exceptionnels suite à une dépense de 7 ME pour restructurer certaines de nos entreprises, activité qui n’est pas liée à l’opérationnel. A l’inverse, Devoteam a dégagé 17 à 18 M€ de profits opérationnels et nous disposons toujours d’environ 15 ME de trésorerie. Je le redis, la situation du groupe est saine.

 

Assez saine pour envisager de réaliser une acquisition en 2013 ?

Devoteam ne se situe pas aujourd’hui dans une logique de grandes acquisitions. Le groupe a juste acquis récemment une partie du capital d’une start up spécialisée dans la sécurisation de la messagerie. De même, Devoteam est entré au capital d’une société espagnole qui commercialise un e-store privé.

 

Comment évoluera le marché des services IT en 2013 selon vous ?

2013 ne démarre pas sur une tendance très dynamique. Les sociétés privilégient la rationalisation de leurs dépenses et les décisions d’investissement sont bloquées. J’ajoute que les dernières décisions économiques et politiques prises par nos dirigeants ont découragé les gens d’investir en France. Je reste malgré tout raisonnablement optimiste quant à un possible redressement du marché des services IT fin 2013.

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