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Dans le rouge, Ricoh devrait licencier 4000 employés supplémentaires

publié le mardi 27/03/2018

Victime en 2017 du plus important déficit de son histoire, cet important constructeur nippon de copieurs planifie à nouveau des milliers de licenciements dans le monde. La France est encore impactée. Ricoh aurait déjà supprimé 5000 emplois aux Etats-Unis.

 

Rien ne va plus pour Ricoh et ses filiales (Rex Rotary, etc.). Cet important fabricant japonais de copieurs et d’imprimantes laser est dans le rouge vif sur le plan financier. Sa filiale indienne est en faillite suite à des malversations comptables et le groupe a enregistré en 2017 le plus important déficit de son histoire. Yoshinori Yamashita, le PDG et président du groupe Ricoh, a confirmé le 23 mars 2018 que son entreprise devrait enregistrer une perte de 1.6 Md$ (170 milliards de yens) pour son exercice 2017 clos fin mars 2018.

 

Une annonce qui survient alors que son concurrent japonais Fujifilm vient de dévoiler la prise de contrôle de son concurrent américain Xerox, l’inventeur du copieur. Les grandes manœuvres ne font que commencer chez les fabricants de copieurs.

 

4000 employés supplémentaires menacés

Ricoh effectuera donc encore des coupes sombres dans ses effectifs dès 2018. D’ailleurs, l’édition asiatique du Nikkei révélait début mars que Ricoh prévoyait sans doute de licencier 4000 employés dans le monde d’ici mars 2019, dont quelques 3000 salariés rien qu’au Japon. Soit environ 4% de ses effectifs mondiaux au total.

Ricoh avait déjà réalisé un plan social massif il y a quelques années. Le groupe nippon s’était ainsi séparé de 10.000 collaborateurs entre en 2011 et 2014. Un chiffre à relativiser au regard des nombreuses entreprises (Avanti, Ikon, IBM Printing Systems, Pentax) acquises par Ricoh depuis 10 ans.

 

Nouveau plan social en France

En France, plusieurs centaines de postes seraient menacés selon les syndicats. Un récent article du journal Les Echos en date du 22 mars 2018 parle d’un plan de sauvegarde de l’emploi concernant 360 des quelques 2300 salariés de Ricoh France. En 2013, Ricoh avait déjà supprimé plus de 300 postes dans l’Hexagone. Et malgré la mise en place d’un plan d’économie, le chiffre d’affaires de Ricoh France a continué de stagner pour s’établir à 682 millions euros en 2016. Le journal Les Echos évoque une brutale chute de ses résultats en 2017, indiquant que Ricoh a perdu environ 60 ME ces deux dernières années en France.

Reste à savoir si son petit réseau de distribution indirect, que Ricoh a réorganisé en 2017, lui restera majoritairement fidèle. En effet, les revendeurs de copieurs sont eux-mêmes sous pression. Les regroupements et ventes de parcs se sont accélérées en France ces deux dernières années.

 

Coupes sombres aux Etats-Unis

En janvier 2018, on apprenait que Ricoh allait déjà se séparer finalement d’environ 5000 de ses 26.000 salariés rien qu’aux Etats-Unis, suite notamment à sa décision de transférer sa force de vente interne locale aux Philippines. Ces licenciements avaient déjà démarré au printemps 2017 dans les Ricoh Distribution Centers américains. Mais il n’était question alors que d’environ 1000 licenciements aux Etats-Unis.

La donne a sans doute changée après les premières rumeurs concernant l’annonce du rachat de Xerox par son concurrent japonais Fujifilm. Cela dit, Ricoh Americas avait déjà accumulé d’importantes pertes suite aux rachats pour 1.6 Md$ en 2008 du distributeur américain Ikon Office Solutions, puis de Mindshift Technologies en 2014. Des pertes d’ailleurs confirmé le 23 mars par Yoshinori Yamashita, le PDG et président du groupe Ricoh.

 

Ricoh cède des activités et poursuit sa diversification

Ricoh n’exclut pas de céder également certaines de ses activités pour se renflouer, dont une usine en Chine. Ainsi que sa participation au capital de Coca-Cola… Rien d’étonnant sur un marché de l’impression plutôt atone depuis des années.

A l’instar d’un grand nombre de ses concurrents, Ricoh tente désormais de contre-balancer la chute de ses ventes de copieurs et de pages imprimées en prenant le virage de l’impression 3D, du Cloud et des logiciels de gestion documentaire (GED). Comme en témoigne par exemple son acquisition en janvier 2018 d’Avanti Computer Systems, un fournisseur canadien de gestion des services d’impression (IMS).

 

Un virage qui laissera sur le bas-côté de la route les nombreux commerciaux et dirigeants habitués à ne vendre que du matériel en mode transactionnel depuis des décennies… Les défis organisationnels et commerciaux qui attendent le groupe Ricoh sont donc considérables.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com

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