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Cybertek rachète GrosBill à la barre

publié le mercredi 02/01/2019

GrosBill a échappé à la liquidation. En redressement judiciaire depuis le 2 octobre 2018, le pionnier de la vente de matériel informatique en ligne a été racheté le 18 décembre par Cybertek, une enseigne IT bordelaise créée en 1996.

 

Plusieurs repreneurs étaient en lice pour racheter Grosbill, dont LDLC, une enseigne spécialisée elle aussi dans le e-commerce de produits high-tech. C’est finalement Cybertek que le tribunal de commerce a choisi. Sans doute parce que cette enseigne ressemble beaucoup à Grosbill. Cybertek possède un réseau de 19 magasins, dont la plupart sont situés dans le Sud de la France. L’enseigne bordelaise cogérée par Laurent Chancholle et Xavier Sourroubille est beaucoup plus rentable que Grosbill. En mars 2018, elle affichait 52,5 M€ de chiffre d'affaires (+32%) pour un résultat net de 435 700 euros (+114%).

 

Grosbill est très endetté

Le rachat des 3 boutiques parisiennes restantes de Grosbill, dont une seule serait conservée par Cybertek, ne sonnaient pas comme une évidence, tant les mauvais choix stratégiques de ses propriétaires successifs – 3 en 13 ans ! – ont poussé dans le gouffre ce pionnier français de la vente de matériel informatique en ligne. En 2017, le résultat net de l’enseigne était toujours négatif (-9.7 M€) pour un chiffre d’affaires de seulement 31,8 M€, contre 82,8 M€ en 2016 et 111,4 M€ en 2015.

 

3 propriétaires successifs en 13 ans !

Son déclin commence lorsqu’Auchan rachète GrosBill en 2005 pour concurrencer Casino, enseigne propriétaire de son concurrent Cdiscount. Le géant de la grande distribution ne saisit pas l’esprit « expertise et qualité » du métier de GrosBill. A contrario, Auchan mise alors davantage sur les prix bas et les volumes en augmentant le nombre de ses points de vente. Il en ouvre jusqu’à 9 en deux ans. Dix ans plus tard, la stratégie d’Auchan est un échec. En 2015, la multinationale finit donc par céder GrosBill à Mutares, une enseigne allemande déjà propriétaire du site français Pixmania. Là encore, la mayonnaise ne prend pas.

 

L’un des cofondateurs de GrosBill tente de sauver l’enseigne

Luc Boccon-Gibod, l’un des 5 cofondateurs de GrosBill, parvient à convaincre Mutares de lui revendre l’enseigne le 17 juin 2017. Mais trop tard peut-être. Le tribunal de commerce valide le 30 juin 2017 une procédure de sauvegarde pour GrosBill, avant de placer l’entreprise en redressement judiciaire le 02 octobre 2018. Le parcours chaotique de GrosBill illustre les difficiles mutations des enseignes historiques du retail high tech confrontées à la nouvelle concurrence des purs players du web.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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