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Critique-t-on trop souvent Oracle à tort ?

publié le lundi 13/05/2019

Souvent critiqué pour sa politique commerciale et ses audits de licensing réputés « agressifs », Oracle mérite-t-il vraiment toutes ces critiques ? Pas selon l’Association des Utilisateurs Francophones d'Oracle (Aufo), qui se montre plutôt clémente à l'égard de l'éditeur. Toutefois, elle reconnait qu'Oracle pourrait parfois faire davantage d'efforts pour mieux satisfaire ses clients et partenaires.

 

Magazine CBP (Channelbp.com) : Existe-t-il davantage de tensions ou de polémiques actuellement entre Oracle et ses clients ?


Jean-Jacques Camps, président de l’Aufo (Association des Utilisateurs Francophones d'Oracle) et DSI d'Air Liquide : Pas spécialement. L'Aufo reçoit parfois des remontées sur la visibilité insuffisante des roadmaps d’Oracle. Mais l'équipe française d'Oracle y répond très vite. Ils savent écouter. Par exemple, sur les deux dernières années, Oracle a su remettre en vente des licences on premise alors qu’il poussait surtout ses offres Cloud.

 

Que pensez-vous des récentes critiques de Cheops Technology à l'égard de la politique commerciale et licensing d'Oracle ?

Certaines de ces critiques méritent analyse. Toutefois, j'ai surtout l’impression que Cheops Technology est une entreprise de service qui a une solution concurrente à vendre, avec du support à la clef.

 

Donc, selon l'Aufo, le contrôle agressif des licences par Oracle que dénonce Cheops et certains clients n'est pas une réalité ?

Oracle n’est pas l’éditeur le plus agressif dans ce domaine, et de loin... Ses contrôles de licences sont très précis. Ils peuvent donc vous paraître agressifs, surtout si vous ne maîtrisez pas ses régles de licensing. Ces audits ne doivent pas être traités de manière désinvolte car ils nécessitent un vrai savoir-faire chez le client ou son revendeur. Il faut leur allouer du temps et des moyens. Par exemple, la DGAC s’y était préparée et elle n’a pas eu de redressement. Certains clients estiment même nécessaire de créer un poste d’assistant pour gérer leur relation avec Oracle. En parallèle, l'Aufo dispose d'un groupe de travail actif pour aider ses adhérents à préparer ces audits et à gérer leurs actifs Oracle.

 

Serait-il faux de penser que certains contrôles de licences sont à charge ?

Comme indiqué précédemment, le licensing n'est pas simple. D'autant qu'Oracle a sous-traité par le passé certains audits à des entreprises externes qui se rémunéraient sur le montant du redressement... Cela dit, un client peut refuser le prestataire choisi et demander à ce que l'audit soit réalisé par Oracle directement.

 

Le prix du support et de la maintenance a-t-il beaucoup augmenté ces dernières années chez Oracle ?

Personne dans l’association ne m'a remonté une explosion de son prix. D'une manière générale, le prix de la maintenance a augmenté chez la plupart des éditeurs de logiciels ces dernières années. Oracle ne fait pas exception à la règle.

 

Oracle verrouille-t-il (Locking) davantage ses clients que ses concurrents comme l'affirme certains revendeurs, dont Cheops ?

Ce genre d'affirmation n’est pas nouvelle. Je n'ai pas le sentiment que ce soit différent d'un éditeur à l'autre.

 

Le Cloud a-t-il complexifié pour les clients et revendeurs la gestion des licences et services d'Oracle ?

La politique de licence d'Oracle est actuellement plus souple et plus simple qu'auparavant afin de faciliter le passage des clients vers le Cloud. Oracle tolère des choses qu'il n’aurait pas toléré auparavant avec les licences « on premise ». Mais attention, le Cloud met à nu les infrastructures IT du client. Aussi, quand celui-ci pensait jadis être prêt pour un audit licence on premise, il ne l’est plus forcément sur la même base dans un modèle Cloud ou hybride.

 

La multiplication des accès indirects aux bases de données Oracle depuis les mobiles et le Cloud a-t-elle augmenté les risques de redressement lors des audits?

Non, pas vraiment. C’est plutôt la virtualisation massive des infrastructures IT incluant les solutions Oracle qui présente des risques accrus. Quand un utilisateur achète des licences, leur prix est calculé sur le nombre de cœurs et de partitions notamment. Il convient donc être prudent si l'on virtualise beaucoup ses infrastructures IT.

 

Le Cloud Oracle est-il un succès globalement chez les clients ?

Les adhérents de l'Aufo ont connu de belles réussites lors de migrations ou de nouveaux projets Cloud sur la plateforme Oracle. Toutefois, comme toujours, certaines choses n'ont parfois pas aussi bien fonctionné qu'espéré au départ. Si Oracle a démarré avec du retard sur certains aspects du Cloud, il l'a bien rattrapé depuis. Les clients apprécient le fait que le Cloud ait amélioré le versioning des logiciels. Ils n'ont plus à attendre 3 à 4 ans pour passer à une version majeure.

 

L'Aufo constate-t-elle un engouement de ses adhérents pour les solutions logicielles en Open Source, dont MySQL ?

Pas spécialement. Il existe cependant des groupes assez actifs sur l'Open Source dans des associations Oracle davantage orientées que l'Aufo vers les questions plus technologiques.

 

Que pensez-vous des rumeurs faisant état d'un possible arrêt dès 2019 du système de virtualisation d'Oracle (OVM) ?

Je n’en n’ai pas entendu parler. Oracle s’appuie beaucoup sur ses intégrateurs pour promouvoir OVM, donc il faut voir avec eux s'ils relaient correctement cette plateforme.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com,

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