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Consolidation et acquisitions au programme de SII

publié le lundi 11/01/2010

La pression commerciale sur le prix des services s’intensifiant, dans la maintenance notamment, SII a revisité son modèle économique. Cette société spécialisée dans la R&D externalisée et l’intégration IT propose désormais davantage de prestations de maintenance plus contractualisées, dîtes « work package ». D’ici fin 2010, SII prévoit de certifier à 100 % au niveau 3 du label CMMi son pôle d’intégration IT. Enfin, Eric Matteuci, le président de son directoire, cherche à acquérir de nouvelles sociétés de services IT en Europe, dont une en Allemagne dès 2010.

CBP (ChannelBP) : Quel est votre principal objectif pour 2010 ?
Eric Matteuci, président du directoire de SII : SII possède une forte culture technologique qui se traduit notamment par notre importante certification CMMi au niveau 3. Mon objectif est de basculer 100 % de notre activité d’intégration de systèmes (44 % de notre CA en 2009) à ce niveau d’ici fin 2010, contre 71 % en 2009. Une fois cet objectif atteint, SII deviendra la seule SSII française aussi évaluée dans ce domaine.

 

Pourquoi investir autant dans la certification CMMi ?
La non certification CMMi n’est pas encore un critère éliminatoire dans la réponse aux appels d’offres, mais elle pourrait le devenir, comme l’ISO le fût en son temps. Cette certification a le mérite de maximiser la qualité de nos réponses aux appels d’offres, ce qui nous permet notamment de définir la tarification la plus juste pour le client.

 

La réorganisation commerciale de l’Ile-de-France que vous aviez annoncée début 2009 est-elle finalisée ?
Effectivement, SII a regroupé ses deux équipes parisiennes sur un seul site et les a organisé par divisions focalisées sur les métiers de nos clients. Cette réorganisation était obligatoire car SII est davantage présente en région (environ 60 % de notre chiffre d’affaires national) que sur l’Ile-de-France. Les embauches repartant à la hausse en fin d’année sur cette région, elle sera l’un de nos principaux relais de croissance dans les années à venir, car la demande y est toujours forte.

 

Et quels sont vos projets sur le plan international ?
L’international représente déjà environ 14 % de notre chiffre d’affaires. C’est quatre fois plus qu’il y a un an ! SII est présente chez les grands comptes situés dans une dizaine de pays. La Pologne confirme son fort développement, même si l’IT y souffre actuellement du fort ralentissement des investissements des entreprises. Quant à la République Tchèque, elle connaît également 20% de croissance. La Belgique est le seul pays où le groupe connaît une contre performance, sans doute parce que nous nous y sommes implantés en mode organique, au lieu de réaliser une acquisition. J’ai le choix entre réorganiser prochainement notre équipe en Belgique, où réaliser une acquisition. Cela dit, si la situation se dégrade encore fortement, je n’exclus pas non plus un désengagement.

 

Envisagez-vous de réaliser d’autres acquisitions en Europe ?
SII cherche à acquérir en fonds propres une société de services IT en Allemagne. Je cherche une structure saine qui réalise entre 5 et 10 ME dans le secteur industriel. SSI étudie d’autant plus sérieusement certains dossiers que nous avons déjà finalisé nos acquisitions de 2008, dont celle de Coris en Suisse. L’investissement commercial réalisé dans cette structure nous permet d’être optimiste pour 2010 grâce notamment au succès de notre offre de CRM bancaire, laquelle est également disponible au Luxembourg. Par ailleurs, le groupe avait aussi acheté 80% de Concatel en Espagne sur fonds propres. Cette société de services emploie 300 consultants pour un chiffre d’affaires de 13 M€ en 2008. Elle a connu une croissance de 10% au premier semestre 2009 sur un marché espagnol difficile. Elle possède également une filiale off shore en Argentine.

 

Quels sont les secteurs de prédilection de SII ?
SII est surtout concentrée sur les métiers de l’industrie (49 % de notre CA), essentiellement dans l’aéronautique (36 % du CA), et ceux des télécoms & médias (23 %). Notre mixte client est bon, car nous ne souffrons d’aucune dépendance sérieuse vis-à-vis d’un client ou d’un secteur en particulier. SII travaille à 93% avec des grands comptes, clients chez qui il est de plus en plus difficile d’entrer. En conséquence, nous bénéficions de l’attrition relative du nombre de fournisseurs avec lesquels ils travaillent. Ces donneurs d’ordre multi sectoriel sont gage du développement et de la pérennité de notre société.

 

Comment a évolué votre métier ?
SII est passé dès 2003 d’un modèle économique basé essentiellement sur l’assistance technique vers une prestation plus formalisée contractuellement, avec engagement de résultats. Ce que nous appelons un « work package ». Cette approche représente désormais 26% de notre chiffre d’affaires, contre 60 % pour l’assistance technique, 12% pour les prestations en mode forfait. Elle permet à des sociétés de services comme SII de sortir de la logique du prix jour (TJM). Elle nous aide aussi à mieux conseiller le client sur le choix et la pertinence des équipes choisies. Je constate que l’intérêt des entreprises pour le « work package » augmente, même si tous nos clients ne sont pas encore prêts à contractualiser davantage leurs prestations de service dans ce domaine. Cela dépend de leur niveau de maturité.

 

Vos « work packages » ont-ils d’autres avantages pour les sociétés de services comme SII ?
Oui, ils nous permettent aussi d’optimiser la gestion de la charge chez nos clients, qui sont souvent réticents à couper des équipes entières en lieu et place de quelques missions. C’est une donnée importante dans le contexte économique actuel, car notre plan de charge s’est dégradé en 2009. SII a enregistré une baisse brutale de son taux d’inter contrats qui s’est élevé à 8,65 % au premier semestre 2009, contre seulement 4,4 % sur 2008. Il devrait baisser mécaniquement avec la diminution de nos effectifs. Historiquement, le deuxième semestre est meilleur chez SII, sauf en 2008, année hors norme en raison de la crise économique.

 

Leur création est-elle aussi le résultat des exigences actuelles de vos clients ?
Nos clients nous demandent des efforts financiers sans cesse plus importants, dans le cadre notamment de l’externalisation de leurs services IT, car ils ne veulent pas en supporter le coût. Certains d’entre eux vont jusqu’à nous suggérer de prendre à leur place les risques liés aux engagements pris chez leurs clients ! Quand ils ne nous demandent pas de partager les risques liés aux succès de leurs projets, phénomène que nous avons déjà connu il y a quelques années.

 

Etes-vous satisfait de vos résultats 2009 ?
En partie seulement. Le résultat opérationnel de SII a chuté de 60,1% à 2,62 M€ au premier semestre 2009, et notre résultat net, de 68% à 1,4 M€, mais notre chiffre d’affaires a progressé de 8,9% sur la période. Quant à notre marge opérationnelle, elle a baissé de 5%, en raison d’investissements importants réalisés par le groupe, en Espagne notamment. Fort heureusement, SII génère toujours beaucoup de trésorerie grâce à son activité d’assistance. Nous avons donc enregistré une forte baisse de notre besoin en fonds de roulement (BFR) sur la période et notre trésorerie s’affiche à 16 M€. La pression commerciale va rester forte sur les prix au second semestre 2009, surtout lors des renouvellements de contrats, car nos clients veulent réaliser des gains de productivité.

 

Quel chiffre d’affaires prévoyez-vous de réaliser en 2009 ?
Je table sur 180 à 190 M€ de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’exercice 2009-2010, avec une rentabilité opérationnelle correcte. Notre portefeuille d’affaires gonfle depuis juillet 2009 grâce à une augmentation du nombre d’appels d’offres, même si, il est vrai, ils ne sont pas aussi nombreux que par le passé.

 

Avez-vous dû licencier en 2009 pour gérer votre chute de chiffre d’affaires ?
Non, car SII a pris des mesures pour contrer cette baisse, en favorisant notamment la formation de ses équipes. Je remarque que les crédits du Fafiec ont été asséchés par la profession, pour la première fois depuis des années. Nous avons réussi à éviter un plan social. Tant mieux, car il est important de pouvoir garder ses équipes afin d’être prêt quand le marché redémarre. Même le turn over naturel, qui est de l’ordre de 15% habituellement, a chuté à 10% durant l’automne 2009. Pourtant, SII avait gelé les salaires sur le premier semestre et revu à la baisse les grilles des salaires à l’embauche.

 

Quelles sont vos prévisions quant à l’évolution du secteur des services IT en 2010 ?
Le Syntec Informatique est assez optimiste pour 2010. Selon moi, le marché français des services IT devrait se situer en-dessous des 2% de décroissance enregistrés en 2009, surtout dans la prestation externalisée. La pression sur les prix des services, qui s’est accentuée depuis 2008, demeurera forte. SII en a limité l’impact au premier semestre 2009 grâce à un différentiel prix/salaires stable. Mais cet équilibre sera difficile à maintenir au second semestre. Je m’attends à une dégradation des prix de 1 à 2% sur notre second semestre 2009-2010.

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