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Computacenter France n'échappe pas à une restructuration

publié le mercredi 09/04/2014

Insatisfait des résultats de sa filiale française depuis des années, Computacenter a décidé de la reprendre en main. Il a mandaté Mike Rodwell, son directeur des activités de distribution, pour l'aider à déployer les services IT qui font le succès des autres filiales de cet intégrateur en Europe. Un plan social n'est pas à exclure tant le niveau de transformation nécessaire est important.

 

 

Magazine CBP (www.channelbp.com) : Remplacez-vous Henri Viard à la tête de Computacenter France ?

Mike Rodwell, directeur des activités de distribution groupe de l'intégrateur IT britannique Computacenter : Non. J'assure ici un rôle transitoire depuis janvier 2014 en attendant que le groupe nomme un nouveau directeur général en France. Entre-temps, je contribue à améliorer la logistique et l'exploitation de cette filiale de Computacenter.

 

Comment expliquez-vous que Computacenter France soit toujours dans le rouge ?

Cette filiale n'était pas déficitaire en 2012, mais elle l'est devenue sur son exercice fiscal 2013. Le marché IT est dur en France. De plus, Computacenter France a enregistré un nombre significatif de changements en interne qui ont perturbé ses équipes.

 

A quoi faites-vous allusion ?

Au départ de certains dirigeants de la filiale française, à notre déménagement dans de nouveaux locaux, aux problèmes rencontrés par notre logistique, suite notamment à l'implémentation de notre nouvel ERP SAP. Nous avons aussi perdu quelques grands contrats...

 

Pourquoi Computacenter France enregistre-t-elle au global de moins bons résultats que vos filiales anglaise ou allemande notamment ?

Ses résultats sont moins bons que ceux des autres pays européens où Computacenter est implanté, car notre filiale française reste très orientée produits. Elle ne réalise qu'environ 18% de son chiffre d'affaires en services, en maintenance principalement, contre environ 30% en Allemagne ou en Angleterre, pays où nous vendons davantage de services IT managés.

 

Comment Computacenter prévoit-il de changer la donne en France ?

En introduisant en ce mois d'avril notre plan de transformation. Il a pour objectif de simplifier les processus et la façon de travailler de nos équipes en France.

 

Remplacerez-vous les trois dirigeants qui ont quitté l'équipe de direction française ?

Nous ne les remplacerons pas poste par poste. Nous nous focaliserons surtout sur la composition des équipes commerciales.

 

Quels changements votre plan Transition and Transformation va-t-il introduire concrètement en France ?

Il y a quelques années, chaque filiale opérait de manière indépendante. Or, le groupe a récemment décidé que chacune d'entre elles était responsable désormais de son P&L et de sa direction commerciale. Tous les autres départements transversaux, les RH, le marketing, la finance, la comptabilité et le juridique sont gérés directement par la maison-mère du groupe. Ce constat vaut également pour leur direction, qui reporte au groupe. Bien évidemment, ce dispositif nous permet de réduire les coûts de fonctionnement de nos filiales, même si ce n'est l'unique objectif recherché.

 

Pourquoi ces changements étaient-ils nécessaires en France ?

La rationalisation du mode de fonctionnement de Computacenter France est nécessaire pour lui permettre de mieux gérer un nombre important de grands clients, dont ceux qui opèrent au plan européen. De ce fait, nous devons également recomposer son portfolio de clients et son mix-produits/services. Les deux prochaines années vont être dures, mais Computacenter France dispose d'atouts pour surmonter les éventuelles difficultés qui se présenteront.

 

Quels sont les secteurs ou marchés dans lesquels Computacenter investira le plus cette année, en France notamment ?

Computacenter investit surtout dans la mobilité, les services, le help desk, ainsi que dans notre capacité à soutenir nos clients à l'international.

 

Quelles sont les priorités de Computacenter dans les Services ?

Nous voulons améliorer le support que nous fournissons à de grands clients, avec l'aide de services tels que le conseil, la maintenance, la migration de parc, etc. Peu de gens le savent, mais Computacenter est le troisième spécialiste mondial de la migration XP selon Microsoft. Et grâce à notre nouveau plan stratégique, il y a peu de sociétés de services IT en Europe capables de rivaliser avec notre capacité à délivrer des services aux grandes entreprises.

 

Même des acteurs comme HP ou IBM, qui figurent pourtant parmi vos  concurrents ?

Computacenter est habitué à être en concurrence avec ces fournisseurs IT, ou à travailler en partenariat avec eux. Nous sommes confiants dans notre capacité à convaincre nos clients qu'il est préférable de passer par nous.

 

Computacenter ne semble pas investir autant que ses concurrents dans le Cloud, pourquoi ?

Car Computacenter ne prévoit pas investir des millions d'euros dans des data centers pour fournir du Cloud public aux entreprises. En revanche, nous commençons à signer des partenariats pour leur proposer des services d'intégration et de conseil dans le Cloud. Computacenter deviendra aussi un Cloud Broker à terme afin d'aider ses clients à trouver les bons services dans le Cloud.

 

Votre plan de transformation permettra-t-il à Computacenter France de réaliser un meilleur chiffre d'affaires en 2014 qu'en 2013 ?

Le chiffre d'affaires 2014 sera similaire à celui de 2013, de l'ordre de 500 M€. Je pense que la réorganisation que je pilote actuellement nous aidera à signer davantage de contrats dans les services IT au second semestre, et surtout en 2015.

 

Que fera votre maison-mère si son plan ne fonctionne pas en France ? Mettra-t-elle en vente cette filiale ?

Computacenter ne fera jamais cela, car nous avons besoin de la France. Elle fait partie de notre stratégie de couverture du marché européen.

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