IT BtoB European Collaborative Webzine for leaders

Capgemini fait-elle une bonne affaire en rachetant Euriware ?

publié le mercredi 07/05/2014

L’ESN Capgemini a officialisé le 7 mai le rachat au groupe Areva des activités d’Euriware, sa filiale de services informatiques, ainsi que la signature avec lui d’un contrat d’infogérance et d’intégration IT pour 1 milliard d’euros sur 10 ans.

 

Ce rachat annoncé le 17 octobre 2013 a tardé à être finalisé. La plupart des syndicats d’Euriware étaient vent debout contre cette reprise, dénonçant le bradage de leur société et l’absence de projet industriel chez le repreneur. Ce que dément Capgemini, qui estime que la « reprise des activités d’Euriware repose sur un projet industriel et social ambitieux, conforme aux intérêts économiques des deux parties, et qui comprend notamment un engagement sur l’emploi et les implantations géographiques ».

 

Plusieurs syndicats estiment pourtant qu’Areva (donc l’Etat Français) aurait bradé Euriware. Selon la CGT, Capgemini aurait racheté Euriware pour seulement 20 ME alors que cette société de services IT était valorisée à 120 ME en 2013. Ce syndicat, qui est en conflit ouvert avec la CFTC, FO et la CFDT sur ce dossier, précise également qu’Areva « abandonne ses 6 M€ de dividendes annuels, auxquels s’ajoutent, entre autres, 4 M€ de la vente de l’activité du contrôle commande nucléaire et 8 M€ pour détacher Euriware de son infrastructure informatique ». Mais en valait-elle beaucoup plus en réalité si l’on intègre la valorisation réelle du contrat d’infogérance et d’intégration IT accordé à Capgemini ? Euriware avait-elle assez de chiffre d’affaires récurrent ?

 

Tous les grands comptes reconduiront-ils leurs contrats ?

Créée en 1991, Euriware est une société de services IT française qui emploie 1700 collaborateurs. Elle a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros, en majorité grâce à l’aide de sa maison-mère Areva. Euriware compte aussi quelques clients – grâce à sa maison-mère ? - dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et de la défense, à qui elle propose ses services d’infogérance, d’ingénierie des systèmes industriels, de sécurisation des systèmes d’information, ainsi que l’intégration de systèmes. Reste à savoir si ces grands comptes reconduiront tous leurs contrats sachant qu’Areva n’est plus derrière Euriware. Le « copinage » ayant ses limites, même dans la commande publique…, ils seront sans doute rassurés de voir qu’Euriware intègre la plus grande société des services informatiques européennes.

 

Capgemini rêvent d’atteindre de 8 à 9% de rentabilité avec Euriware

Pour sa part, l’acquisition d’Euriware permet à Capgemini d’étoffer ses offres d’infogérance sécurisée et d’ingénierie dans l’informatique industrielle, en se dotant par exemple d’une solution de gestion de vie des produits (PLM). Essentiellement en France malheureusement. Cette ESN renforce également son leadership dans le secteur de l’énergie. Et selon les syndicats, les actionnaires de Capgemini rêvent d’atteindre de 8 à 9% de rentabilité chez Euriware, alors que celle-ci n’avoisinait que 4% en 2013. S’ils y parviennent sans trop de casse sociale, alors oui, Capgemini aura réalisé une bonne affaire dans la durée.

 

Hasard du calendrier ? La finalisation de cette acquisition survient quelques semaines seulement après l’annonce d’une fusion entre Sopra et Steria, deux des principaux concurrents français de Capgemini. Et l’annonce de l’intérêt d’Atos, le troisième mousquetaire de la bande, pour Steria. Signe que la concentration a franchi une nouvelle étape en 2014 chez les SSII françaises.

 

Moyenne: 3 (1 vote)
Réseaux sociaux :
Twitter Facebook Google LinkedIn

Autres articles sur le même sujet :

Mots clefs :