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Adista monte en puissance dans l'infogérance et les services Cloud

publié le mardi 25/02/2014

Opérateur télécoms depuis 1981, le lorrain Adista est aussi devenu un fournisseur de services hébergés dans les années 2000. L'acquisition en 2013 de Cienum conforte son expertise en matière d'offres Internet, d'infogérance et de services Cloud. Selon Philippe Paci, son directeur Marketing, les services Cloud occuperont un poids prédominant dans le chiffre d'affaires d'Adista à horizon 2015.

 

 

Magazine CBP : Quelles sont les priorités d'Adista en 2014 ?

Philippe Paci, directeur Marketing de l'opérateur télécoms et hébergeur lorrain Adista : Tout d'abord, finaliser d'ici cet été l'intégration de Cienum, un spécialiste des services Internet et de l'infogérance basé à Saint-Etienne qu'Adista a racheté fin août 2013. La réplication commerciale de ses offres est presque finalisée dans nos 21 agences en France. Par ailleurs, nous lancerons plusieurs nouvelles solutions dans les mois à venir, dont une offre de dématérialisation des factures clients et fournisseurs. Enfin, Adista devrait obtenir cet été l'agrément pour devenir hébergeur des données de santé.

 

Pourquoi avoir racheté Cienum ?

Nous partageons la même vision en matière d'hébergement et de gestion du système d'information des clients. Cienum nous apporte six années d'expertise sur Internet, l'IP et dans l'hébergement, ainsi qu'un vrai savoir-faire dans l'affichage dynamique, avec des offres commercialisées sous la marque Neotess. De plus, Adista hérite d'un département dédié à l’ingénierie de projets (Web, mobile, etc.) et à l’accompagnement des clients dans le marketing digital. Enfin, Cienum renforce la présence locale d'Adista dans le Sud-Est de la France.

 

Que pèse le nouvel Adista suite à l'intégration de Cienum ?

Adista a réalisé environ 38 M€ en 2013. Nous devrions en générer 55, dont 9 ME proviennent de Cienum, lors du bouclage de notre prochain exercice fiscal cet été. Notre chiffre d'affaires, qui est composé à 90% d'activités récurrentes, se répartit entre l'intégration, l'hébergement (Iaas et Saas) et les télécoms. Le poids du pôle télécoms est encore important dans nos résultats, car il est l'origine de la croissance rapide de l'entreprise.

 

Cette acquisition bouleverse-t-elle la ventilation du chiffre d'affaires d'Adista en termes de clientèles ?

Non, pas vraiment. Historiquement, le développement d'Adista s'est surtout effectué en province et auprès des PME du secteur privé (55%). Le secteur public représente quand même environ 45% de notre chiffre d'affaires suite aux contrats remportées dans les collectivités locales. Le succès de nos services hébergés, ainsi que le lancement sur l'Ile-de-France en décembre dernier d'une agence dédiée aux grandes entreprises, changera un peu la donne en 2014.

 

Vos services Cloud participent-ils activement à la croissance d'Adista désormais?

La croissance de nos services Iaas ou Saas est plus rapide que prévue. Elle va s'accélérer en 2014 avec la sortie de nouvelles offres. Cette activité détiendra un poids prédominant dans le chiffre d'affaires d'Adista à horizon 2015. Avec les télécoms, notre activité historique, dont la croissance reste soutenue.

 

Vous avez évoqué le lancement de nouvelles offres en 2014, quelles sont-elles ?

Effectivement, Adista lancera plusieurs nouvelles offres cette année, dont une solution de dématérialisation des factures clients et fournisseurs dès mai 2014. Le même mois, Adista introduira une offre Big Data avec Splunk, un éditeur de logiciels d’intelligence opérationnelle. Nous la proposerons à nos clients sous la forme d'abonnement. Nous finalisons également le lancement d'Adista Drive, une offre de stockage dans le Cloud pour les entreprises hébergées dans nos data centers. En janvier, nous avions déjà introduit Satelink, une offre d'accès à très haut débit à Internet par satellite (Intelsat). Elle intéresse des sociétés qui veulent sécuriser leur VPN n'importe où.

 

Combien gérez-vous de data centers en propre suite à l'arrivée de CieNum ?

Cinq avec les trois petits data centers que Cienum opère à Saint-Etienne et à Lyon. Ils sont reliés entre eux par une fibre optique de 16 Gbit/s pour permettre une réplication en temps réel des données entre ces salles. Adista dispose aussi depuis 2008 d'un deuxième data center de 200 m² et 320 KW dans la banlieue de Nancy. Par ailleurs, nous finaliserons prochainement la modernisation de notre data center historique, dont l'inauguration remonte à 2000. Sa capacité a augmenté car nos services commerciaux et marketing ont déménagé dans de nouveau locaux à proximité. Conçu sur une architecture tier 3+, ce data center dispose aujourd'hui d'une surface de 700 m² pour une puissance de 3000 KW avec de la haute densité allant jusqu'à 18 KW par baie.

 

Pourquoi Adista modernise-t-il ses data centers ?

Afin d'offrir une meilleure qualité de services à nos clients. La mise à jour de notre data center principal nous permet de mieux satisfaire la demande des hôpitaux et des centres hospitaliers, clients qui étudient désormais la possibilité de faire héberger certains de leurs applicatifs chez nous. Raison pour laquelle Adista a réalisé les démarches administratives nécessaires pour devenir hébergeur de données de santé dès cet été.

 

Quelles sont les attentes des clients actuellement en matière d'hébergement, voire d'infogérance ?

Les clients attendent que nous leurs fournissions des prestations clés-en-mains. Certains désirent même que nous prenions en charge la totalité de leur production IT. La plupart d'entre eux nous demandent également de leur vendre des ressources réseaux importantes afin de maximiser la disponibilité de leurs infrastructures IT.

 

Est-ce plus facile de gérer leurs infrastructures IT à l'heure du Cloud ?

Pas toujours. Le problème est que les entreprises veulent appliquer les bénéfices des services Cloud, tels que la standardisation et la mutualisation des infrastructures, à des applicatifs métiers très personnalisées.

 

Au final, quelle est la plus-value d'Adista par rapport aux autres grands hébergeurs et opérateur télécoms régionaux ?

Contrairement à certains de ses concurrents dans les télécoms, Adista dispose aujourd'hui d'une couverture nationale. En outre, nous sommes aussi plus focalisés que bien d'entre eux sur l'informatique et nous tenons aux clients un discours très orienté valeur d'usage. Cela ne nous empêche pas de leur garantir un hébergement de qualité au cœur du backbone de notre réseau, et donc, un niveau de disponibilité maximal de leurs infrastructures IT. Notre savoir-faire d'opérateur télécoms est reconnu depuis la fin des années 90 dans les réseaux terrestres, hertziens, satellitaires, etc. Adista est aussi l'un des premiers opérateurs réseau en fibre optique d'initiative publique. L'autre facteur qui nous différencie de certains hébergeurs traditionnels réside dans notre savoir-faire historique en matière d'hébergement. Nous avons créé notre premier data center dès le début des années 2000.

 

Adista a-t-il d'autres acquisitions en vue ?

Pas dans l'immédiat. Toutefois, l'acquisition de Cienum nous permet d'être plutôt acteur dans le mouvement de consolidation qui s'annonce en 2014 dans le secteur.

 

Pourquoi le mouvement de consolidation s'accélère-t-il dans votre secteur ?

Il y a plusieurs raisons. Tout d'abord, le métier traditionnel d'intégrateur IT change très rapidement. Nous sommes entrés dans la phase finale de sa transformation. En effet, un nombre croissant de fournisseurs IT tels que Microsoft désirent vendre davantage leurs solutions en mode locatif. Aussi, beaucoup de prestataires vont chercher à se doter d'activités hébergées car elles sont génératrices de revenus récurrents. Mais tous n'en n'ont pas les moyens, tant sur le plan technique que financier. Par ailleurs, je constate depuis 2012 l'ouverture d'un grand nombre de data centers en France, phénomène qui va générer une forte pression sur les prix et ralentir le retour sur investissements de leurs propriétaires. Fort heureusement, notre passé d'opérateur télécoms nous a appris à ne pas vendre uniquement du m². Adista privilégie une approche davantage basée sur des niveaux d'engagements de services en matière d'hébergement.

 

Constatez-vous une baisse des prix sur les offres d'hébergement ?

Nous ne la sentons pas en province, sauf sur certains secteurs ou services banalisés, dont la messagerie. En revanche, la pression sur le prix des produits réseaux est importante actuellement.

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