Promu fin 2009 directeur général de NTT Communications France, Christopher Quinton explique à CBP pourquoi cet opérateur télécoms a acheté en septembre 2009 Integralis AG, un intégrateur réseau d'origine allemande. Le dirigeant précise que son groupe prévoit d'acquérir d'autres sociétés de services IT en 2010.
CBP (ChannelBP) : L'acquisition de l'intégrateur Integralis AG pour environ 75 M€ est-elle finalisée ?
Christopher Quinton, directeur général de NTT Communications France : L'acquisition est finalisée de notre point de vue car NTT détient environ 60 % du capital d'Integralis depuis fin septembre 2009. Ses prestations sont d'ailleurs sont désormais intégrées à notre portfolio de services.
Envisagez-vous d'acquérir 100 % d'Integralis ?
NTT n'a pas forcément pour objectif d'acquérir le reste du capital d'Integralis. Cette situation ne pose pas de soucis de confidentialité à nos clients. Son acquisition est déjà plutôt bien vue de nos clients respectifs.
Quels sont les projets de NTT Communications pour Integralis AG, intégrateur acquis par le groupe durant l'automne 2009 ?
Nous conservons toute son équipe et sa direction. Pour l'instant, la filiale française d'Integralis AG n'a pas suivi en décembre le déménagement de NTT à La Défense (92). Notre nouveau siège français regroupe une activité de déploiement de Lan ainsi que nos deux métiers historiques d'opérateur télécoms dans la gestion des réseaux et des services associés pour les entreprises.
Pourquoi acquérir des sociétés de services IT comme Integralis ?
Les acquisitions chez NTT Communications ont souvent pour objet d'élargir nos compétences dans la gestion des applications, SAP notamment, mais aussi dans le développement de services de sécurité managés à destination des banques, des assurances, etc. Le savoir-faire d'un intégrateur comme Integralis est précieux dans ces domaines. Son rachat nous permet aussi de nous doter d'une équipe spécialisée dans la sécurité et de trois centres d'assistance multilingues opérants en 24/7 dans le monde. NTT disposait déjà de ce savoir-faire dans les data center, mais uniquement chez nos clients.
Le rachat d'Integralis ne renforce-t-il pas trop votre concurrence frontale avec les sociétés de services IT ?
NTT est certes un concurrent des Var et intégrateurs IT, mais nous sommes parfois partenaires, car ils revendent aussi une partie de notre offre télécoms.
Quel est le niveau d'intervention de NTT Communications dans les services ?
Depuis 10 ans, NTT propose au Japon et en Europe des prestations infogérance complètes, qui vont de l'hébergement des applications jusqu'à leur sécurisation. Notre filiale française propose également des services de conseil et d'intégration dans les réseaux.
NTT prévoit-il d'acquérir d'autres sociétés de services IT ?
NTT envisage de réaliser de nouvelles acquisitions en Europe d'ici fin 2010, comme tous les ans, car son objectif est de générer une part croissante de son chiffre d'affaires hors Japon. NTT veut réaliser 50 % de son CA hors du Japon d'ici 2015, contre seulement 10 % environ en 2009.
Quel type de sociétés de services cherchez-vous à acheter ?
NTT acquiert surtout des sociétés de taille moyenne faciles à intégrer et présentes à l'international.
Dans quels domaines ?
NTT s'intéresse à de nombreux secteurs IT connexes à ceux des réseaux, dont les technologies cloud, secteur où l'on dispose désormais d'une offre privé, ainsi que celles sous-tendant les offres Saas et ASP. Toutefois, peu de nos clients sont encore prêts à investir rapidement dans le cloud computing, essentiellement pour des questions de sécurité et de traçabilité perfectibles.
NTT a-t-il des projets dans le stockage en réseau ?
NTT n'est pas encore très présent dans ce domaine, car il est trop neuf et en forte évolution. Pour l'heure, le groupe se borne à mesurer l'intérêt de ses clients.
Les ambitions des équipementiers télécoms dans le cloud computing ne font-elles pas de l'ombre aux opérateurs télécoms tels que NTT ?
Que des équipementiers télécoms affichent de fortes ambitions dans le cloud computing n'inquiète pas NTT. Des acteurs comme VMWare sont de vrais partenaires plutôt que des concurrents pour créer des réseaux virtualisés, une grosse tendance depuis deux ans. On est passé à des infrastructures à 70% virtualisées sur l'ensemble des systèmes de nos clients, mais la dématérialisation des salles 100% physiques sont bien maîtrisées et traçables.
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