Sylvano Trotta espère remporter son procès contre l’Eben
publié le jeudi 07/02/2013
Sylvano Trotta développe actuellement Resom, un nouveau groupement qui facilite la distribution de produits entre différents acteurs de l’IT. Un projet ambitieux, mais qui tardera sans doute à décoller tant que cet ex-patron de la fédération Ficome n’aura pas soldé le conflit l’opposant à l’Eben. Verdict mi-février.
Sylvano Trotta est le président du nouveau groupement Resom, mais aussi d’Atelio, un VAR strasbourgeois spécialisé dans les télécoms. Il a également présidé la Ficome, l’ex-fédération des professionnels de la communication d’entreprise, laquelle a fusionné en avril 2012 avec la FEB (Fédération des distributeurs d’équipements de bureau, de papeterie, etc.) pour donner naissance à l’Eben (Fédération des entreprises du Bureau et du Numérique). Sylvano Trotta en est devenu l’administrateur et le vice-président pour 3 ans, avant de démissionner ou d’être démis de ses fonctions en juillet 2012, selon les versions défendues par les deux parties dans le contentieux qui les oppose.
Magazine CBP : Pourquoi avoir créé le groupement Resom en 2012, pratiquement au lendemain de votre départ de la fédération Eben ?
Sylvano Trotta, le président du groupement Resom, mais aussi d’Atelio, un VAR spécialisé dans les télécoms : Je souhaitais créer un groupement d’intelligence économique afin de faciliter la distribution de produits innovants entre différents acteurs de l’IT, qu’ils soient fournisseurs, grossistes, revendeurs ou sociétés de service.
Il existe déjà des groupements de revendeurs IT, alors qu’offre Resom en plus aux acteurs de l’IT?
Beaucoup de choses. Contrairement à la plupart des groupements existants, qui accueillent surtout des revendeurs IT, il n’y a pas de protection territoriale entre les adhérents de Resom. Elle n’est pas utile puisque nous leur proposons de mutualiser leurs ressources afin d’accélérer la vente de leurs solutions. De plus, nous ne sommes pas un distributeur à proprement parler, même si nous aidons nos adhérents à créer des réseaux de distribution. Nos experts peuvent aussi les aider à mieux répondre aux appels d’offres, en provenance des centrales d’achats par exemple.
Comment aidez-vous vos adhérents à répondre aux appels d’offres ?
Resom a recruté un avocat spécialisé qui leur donne un coup de main pour boucler leurs dossiers, une prestation qu’il leur facture environ 250 euros.
Pourtant, vos membres ont déjà des commerciaux, alors pourquoi devraient-ils faire appel aux services de Resom ?
Beaucoup de pépites technologiques ne savent pas vendre leurs produits correctement ou bien répondre à des appels d’offres. Nombre d’organisations n’ont pas non plus suffisamment de commerciaux sachant vendre rapidement plusieurs produits différents aux clients, ou leur proposer des offres sur mesure. Je souligne que Resom aide aussi ses adhérents à réaliser des bundles sur la base de leurs différentes offres, afin de mieux adresser certains secteurs d’activité, telle que l’hôtellerie par exemple.
Quels types de services un peu originaux Resom propose-t-il à ses adhérents par rapport aux groupements existants?
En matière de mutualisation des compétences et des ressources techniques rares, Resom propose par exemple à ses adhérents de mutualiser leurs certifications. Ainsi, un VAR parisien certifié au niveau Platinium chez Cisco peut mettre à disposition ce type de compétence pour un acteur situé à Toulouse, ou dans une autre ville où il n’est pas présent. Il touche alors une compensation financière en contrepartie.
Combien avez-vous de membres en ce début 2013 chez Resom ? Des exemples ?
Nous comptons déjà une cinquantaine de membres certifiés et nous voulons en avoir environ 200 d’ici 2014, raison pour laquelle nous recruterons davantage cette année. Des acteurs tels qu’Open IP, Panasonic, Parc Consulting, etc. sont déjà membres de Resom.
Avant de créer Resom, vous étiez vice-président de l’Eben, mais vous avez été écarté de sa direction durant l’été 2012. Où en est l’assignation que vous avez lancé depuis contre l’Eben ?
Le juge a renvoyé au 12 février pour clôture notre dossier, car André Vidal, le président de l’Eben, ne s’est pas présenté mi-décembre devant le tribunal. Le 14 février, il y aura aussi le jugement devant les prudhommes de Guy Têtu et d’Isabelle Foucher, deux salariés permanents de l’ex-Ficome licenciés injustement par M. Vidal. Il est coutumier du fait. Par le passé, André Vidal a déjà licencié un permanent à la Fédération Française de la Papeterie.
M. Vidal justifie ces licenciements suite à votre décision de leur verser, en tant que président de la Ficome, et sans l’en informer, une prime exceptionnelle de 49 860 euros. Il évoque aussi le coût trop élevé, selon lui, de ces deux permanents pour l’Eben. Qu’en pensez-vous ?
Il était au courant du versement de cette prime, laquelle était justifiée. En outre, la procédure de licenciement économique n’est, elle, pas fondée.
Que réclamez-vous à l’Eben dans ce procès?
L’annulation de mon exclusion de l’Eben, ainsi qu’une indemnisation de 500 000 euros pour dommages et intérêts suite à ma révocation injustifiée en juillet 2012.
Pourquoi dites-vous qu’il ne reste que 76 membres de l’ex Ficome à l’Eben ?
Il en reste même beaucoup moins, selon moi, car des dissidents n’approuvant pas la politique de la nouvelle direction de l’Eben ont démissionné en envoyant leurs recommandés à Noël, période où l’Eben était fermée. Ils n’ont d’ailleurs pas apprécié que M. Vidal leur demande de payer leurs cotisations dès le 3 janvier 2013, soit un trimestre avant l’échéance. Car à la Ficome, les cotisations étaient valables du 1er avril au 31 mars.
Que pensez-vous du départ d’Orange Business Services de l’Eben en janvier 2013 ?
Il est significatif du malaise qui règne au sein de l’Eben. Certes, Orange Business Services est le principal concurrent de tous les intégrateurs télécoms membres de l’ex-Ficome, mais cela me fait mal au cœur qu’un acteur de cette importance quitte la fédération.
Vous ne croyez pas l’Eben capable de recruter 400 adhérents dans le secteur numérique, comme M. Vidal l’a pourtant annoncé à CBP fin 2012 ?
Quand vous voulez recruter quelqu’un, il faut lui proposer des services justifiant le paiement d’une cotisation annuel de 3000 euros. Or, l’actuelle direction de l’Eben n’a mené aucune action significative depuis juin 2012, hormis l’organisation d’un atelier consacré au piratage. C’est largement insuffisant, surtout quand on sait que nous montions beaucoup plus d’événements de ce genre par le passé à la Ficome.
Pourquoi dites-vous que M. Vidal a une totale méconnaissance des métiers des télécoms, branche jusque-là représentée par la Ficome ?
Il le dit de lui-même. M. Vidal est avant tout un vendeur de photocopieurs, raison pour laquelle nous avions convenu ensemble que j’occupe le poste de vice-président de l’Eben, en charge des télécoms, afin de développer les adhésions dans ce secteur.
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