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Osiatis investit 2 ME dans un data center et l’IaaS

publié le mercredi 27/10/2010

Osiatis prédit une sortie de crise en 2011 pour les SSII. Bruno Grossi, son coprésident  table sur une croissance organique soutenue grâce à un surcroît d’embauches et au développement rapide de son pôle Conseil. Il n’exclut pas de procéder à des acquisitions pour le développer, en France notamment. Le dirigeant positionne aussi cette SSII dans l’infogérance du poste de travail virtualisé, le cloud et les Infrastructures as a Service. Osiatis vient d’ailleurs d’investir environ 2 ME dans un data center flambant neuf.

 

 

CBP (Channelbp.com) : Entrevoyez-vous une sortie du tunnel pour les SSII comme Osiatis en 2011 ?

Bruno Grossi, coprésident de la SSII Osiatis : Les SSII qui, à l’instar d’Osiatis, ont une vraie valeur ajoutée et une forte valeur distinctive voient la sortie du tunnel arriver, mais elle ne viendra pas toute seule, car la croissance ne se décrète pas… L’objectif d’Osiatis est de sortir en tête du peloton, la tête haute. Je ne me berce pas d’illusions, le marché restera dur, y compris dans l’infogérance. 

 

Prévoyez-vous de réaliser des acquisitions prochainement pour accélérer votre croissance ?

Osiatis a l’intention d’être un acteur de la consolidation dans la prestation de services, en conseil notamment.

 

Quels types d’entreprises intéressent Osiatis ?

Osiatis regarde des cibles pesant jusqu’à 200 ME, tant en France qu’à l’étranger. Nous ne sommes pas une stratégie de micro acquisitions, car elle consomme beaucoup de temps dans la phase d’intégration.

 

Que représentera l’activité Conseil dans le chiffre d’affaires d’Osiatis après son renforcement ?

8 à 10% du chiffre d’affaires d’Osiatis devra être généré à court terme par le conseil et l’ingénierie, contre à peine 4% aujourd’hui. Ces pourcentages sont donnés hors prestations de type IaaS, Saas, etc. Le groupe s’organise pour travailler davantage en mode projets afin de capter en amont les affaires où les clients ont besoin d’une vraie qualité de services et de processus.

 

Prévoyez-vous d’investir davantage à l’étranger qu’en France en 2011 ?

Le développement de l’international est une priorité pour Osiatis. Nous ne manquerons pas de réaliser les investissements nécessaires dans les grands pays où nous sommes déjà présents, dont l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. Cependant, nous restons attentifs à l’évolution de la situation économique de ces pays, qui est parfois tendue, en Espagne par exemple.

 

Cela signifie-t-il que vous allez également investir davantage en France l’année prochaine ?

Effectivement, il est plus probable qu’Osiatis réalise ces éventuelles acquisitions en France. Je précise que notre croissance dans l’Hexagone sera aussi organique car nous croyons à un retour durable des investissements sur le marché des infrastructures en France. Nous sommes sur un marché d’infogérance des infrastructures qui connaîtra une progression annuelle d’environ 3 à 4% dans les prochaines années.

 

Osiatis consolidera-t-il ses équipes dans les infrastructures ?

Cela fait partie de nos projets. L’acquisition en août 2010 du pôle parisien de la SSII Astek, soit une centaine de collaborateurs, était déjà une opportunité de consolider en Ile-de-France nos équipes spécialisées en infrastructures. Nous disposons désormais d’une offre très conséquente dans l’infogérance de serveurs. Je précise qu’Osiatis ne possède pas d’option pour acheter le reste des activités d’Astek basées à Lyon.

 

Augmenterez-vous également vos capacités de services en « nearshore » ?

Osiatis renforce cette année ses plateformes industrielles mutualisées en France, et notamment à Grenoble, Lille, Lyon, Rouen et Vélizy. Nous poursuivrons également le développement de nos plateformes situées à Barcelone et à Madrid. Elles assurent des prestations dans la télédistribution sur le poste de travail, le service desk, la supervision et l’administration de système. Osiatis dispose aussi localement d’équipes de développeurs dans les applicatifs et la mobilité.

 

Et pas au Maghreb ou en Asie ?

Osiatis a également la possibilité de travailler sur une plateforme en Tunisie. Le groupe continuera de favoriser la proximité avec ses clients en région, tout en maintenant une structure de coûts compétitive. De ce fait, nous ne prévoyons pas d’ouvrir des capacités off shore dans les pays de l’Est ou en Asie.

 

Comment se réparti votre chiffre d’affaires entre Paris et province ?

La province représente environ 43% de notre chiffre d’affaires, ce qui est assez atypique pour une SSII. Osiatis compte 53 implantations dans le monde, dont une quarantaine en France.

 

Pourquoi avoir autant d’agences en région, n’est-ce pas une démarche coûteuse ?

Cette présence en région est un axe important de notre développement, surtout dans des métiers comme l’infogérance et la maintenance. L’objectif d’Osiatis est d’être capable d’intervenir en moins de deux heures chez la plupart de ses clients pour assurer ses SLA (garantie d’intervention sous quatre heures en moyenne). Cette contrainte explique l’importance de notre parc automobile, lequel contient environ 500 voitures.

 

Comment Osiatis finira-t-il l’année 2010 ?

Osiatis sort de la tête de l’eau, contrairement à certains de ses concurrents, qui cherchent encore une croissance positive.

 

A l’instar de certains de ses concurrents, Osiatis a-t-il subi avec retard les effets de la crise économique ?

L’embarqué a moins d’effet chez Osiatis que chez certains de ses concurrents. En effet, nous disposons de nombreux contrats pluri annuels, dans l’infogérance notamment, qui lissent notre chiffre d’affaires annuel. Par ailleurs, Osiatis a peu perdu de sa masse salariale, hormis le turn over naturel à toutes les sociétés. En prime, nous l’avons rééquilibré en réduisant les coûts des éléments non productifs.

 

Cette réduction des coûts non productifs concerne-t-elle essentiellement les fonctions transversales ?

Non, je tiens à préciser que le groupe ne veut pas sacrifier certaines fonctions transverses, et notamment la formation et les RH. Osiatis ne perdra pas de terrain dans ces domaines car nous avons besoin d’optimiser la gestion des carrières de nos collaborateurs, secteur où notre industrie à d’ailleurs beaucoup de progrès à réaliser. La confiance du client se développe plus rapidement quand on met en face de lui des salariés motivés par des postes stables et intéressants.

 

Prévoyez-vous d’embaucher à nouveau ?

Effectivement, Osiatis a lancé une politique de recrutement plus agressive au deuxième semestre 2010, afin de récupérer le chiffre d’affaires perdu suite aux départs de collaborateurs. Le groupe se prépare à accompagner ses clients en sortie de crise, comme en témoignent les quelques 200 personnes déjà embauchées cette année.

 

Avez-vous profité des taux plus élevés d’inter contrat pour augmenter la formation de vos collaborateurs ?

Notre budget formation a augmenté depuis 2009. Il avoisine aujourd’hui environ 2% du chiffre d’affaires d’Osiatis. Par ailleurs, le groupe renforce ses investissements en formations internes et en certifications afin d’améliorer ses capacités de conseil en amont. Nous aidons nos consultants à bien se positionner sur l’infogérance du poste de travail virtualisé, prestation qui est au coeur des priorités de fournisseurs tels que Microsoft, Citrix, VMWare, etc. Enfin, Osiatis va développer davantage de formations de courte durée pour ses collaborateurs.

 

Quelles sont les secteurs ou technologies sur lesquelles vous investissez le plus en formation ?

Le poste de travail notamment, car nous recevons de plus en plus de demandes de nos clients pour sa virtualisation et sa personnalisation, pour les VIP notamment. Les entreprises sont également plus nombreuses à étudier son interfaçage avec le poste de travail domestique.

 

Et le cloud ?

Bien évidemment, Osiatis investit dans une offre de cloud et les formations associées pour accélérer sa maîtrise de ces technologies et architectures. Nos ingénieurs seront formés sur nos clouds privés et publics.

 

Pourquoi avoir créé votre propre data center cette année ?

Notre ambition n’était pas d’ouvrir un herzatz du NTC de Microsoft à Issy-les-Moulineaux. Si Osiatis a investi presque deux millions d’euros dans un data center, c’est pour être capable de fournir, en toute indépendance, de l’énergie informatique aux clients désireux de monter des projets du type Infrastructure as a Service (IaaS). Je précise que le groupe n’a pas pour vocation de devenir un hébergeur.

 

Ce data center vous servira-t-il également à proposer des offres en Saas ?

Pour le Software as a Service (Saas), le groupe veut être en capacité d’infogérer les applicatifs métiers de ses clients. Nous enrichissons d’ailleurs nos offres Saas et cloud avec plusieurs éditeurs, dont BMC en octobre. Osiatis renforce ses partenariats avec les éditeurs afin de devenir leur plateforme de distribution logicielle.

 

Que pèsera le cloud dans votre chiffre d’affaires à moyen terme ?

Le cloud représentera jusqu’à 5% de notre chiffre d’affaires à court terme. Osiatis couvrira le spectre des besoins de ses clients, dans le cadre notamment d’un contrat d’infogérance pluri annuel. Nous ne changeons donc pas de métier.

 

Ces industriels ont-ils financé la création de votre data center ?

Non, Osiatis a payé les équipements nécessaires car nous ne voulons pas être dépendant d’un constructeur ou d’une technologie spécifique. Le groupe doit conserver son indépendance dans le conseil technologique pour être crédible.

 

Quelles technologies avez-vous choisi pour équiper votre data center ?

Osiatis a choisi les offres Blade Matrix et Cloud Service Automation de HP que nous couplons avec les solutions System Center et Hyper V de Microsoft. Ces choix ne nous interdisent pas de travailler un jour avec Citrix ou VMWare par exemple.

 

 

Comment prévoyez-vous de restorer les marges de votre département Nouvelles Technologies ?

Osiatis va davantage focaliser l’offre de son pôle Nouvelles Technologies dans certains domaines, tout en améliorant ses coûts indirects de production. Cette approche est cohérente avec notre réorganisation en divisions depuis le 1er janvier 2010. Je note d’ailleurs actuellement une amélioration sensible de leurs performances, tant au niveau de la génération des leads que de la diminution de leurs coûts de production.

 

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