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Neurones cogite sur ses acquisitions

publié le mercredi 18/02/2009

Cette société de conseil en management et de services IT est un bon élève. En effet, Neurones a enregistré un chiffre d‘affaires 2008 de 189,3 ME, à nouveau en forte progression (+21,4%, à comparer au +20% de 2007). Son président, Luc de Chammard, explique que son entreprise est encore peu impactée par la crise économique, car Neurones génère 60 % de son chiffre d'affaires avec des prestations récurrentes, du type infogérance. Services que ce prestataire développera davantage en 2009, tant en France, où il a ouvert un centre près d'Angers en décembre 2008, qu'en dehors de ses frontières. Opportuniste en cette période de crose, le pdg de Neurones se servira de sa trésorerie importante, estimée à 50 ME, pour réaliser à nouveau des acquisitions cette année.

 

ChannelBP (CBP) : Comment expliquez-vous les résultats, meilleurs que prévus, de Neurones en 2008 ?Luc de Chammard, président de la SSII Neurones : Par le mix des activités de services de Neurones, dont 60 % du chiffre d'affaires est réalisé en infogérance et sous maîtrise d'œuvre au forfait, prestations touchées avec retard par le ralentissement du marché. A l'inverse, les SSII qui évoluent sur des cycles de vente plus courts sont davantage impactés par la crise économique que traversent nos clients.

 

Neurones sera-t-il davantage impacté par la crise économique en 2009 ?Le matelas important que constituent nos contrats d'infogérance continuera de jouer son rôle d'amortisseur en 2009 et au-delà. En période de crise, je ne vois pas pourquoi les entreprises réintégreraient brusquement leurs outils IT de gestion en interne, surtout avec tous les problèmes salariaux et de recrutement qui se posent actuellement. Elles savent que l'infogérance limite les problèmes de coûts et qu'elle règle, en partie, le problème de la pyramide des âges dans leurs populations d'informaticiens.

 

Tablez-vous sur une reprise rapide du secteur des services et logiciels IT en 2010 ?Historiquement, la croissance de l'Informatique est directement liée à celle du Produit intérieur brut (PIB) en France, dans un rapport de 2 à 3 fois supérieur. Mais, compte tenu de la stagnation des PIB en Europe cette année, il n'est pas certain que notre secteur connaîtra à nouveau une croissance aussi forte en 2009, voire en 2010.

 

Comment envisagez de maintenir cette croissance soutenue en 2009 ?Par la croissance organique, tout d'abord, même si elle sera sans doute plus faible qu'en 2008, mais également par des opérations de croissance externe. En effet, Neurones dispose de moyens importants avec une trésorerie de l'ordre de 50 ME et pas d'endettement. Neurones possède un bon savoir faire dans l'intégration d'entreprises, car une quinzaine de sociétés nous ont déjà rejoint depuis 2000.

 

Quelle typologie d'acquisitions visez-vous ?Beaucoup de sociétés recherchent un partenaire actuellement, mais c'est un challenge important de trouver le bon partenaire. Je préfère acheter cher des sociétés en bonne santé, que des entreprises peu chères, car en difficulté. Neurones se focalise surtout des acquisitions en France pour mieux satisfaire les besoins de ses clients, même si ceux-ci sont des multinationales. Je recherche des sociétés offrant des prestations de services sur des technologies pointues et positionnées sur des marchés où la concurrence est gérable. J'envisage ainsi de renforcer notre pôle conseil, mais aussi celui dédié au développement applicatifs par exemple.

 

Quels sont les clientèles les plus intéressantes pour Neurones en 2009 ?Les secteurs qui ne vont pas baisser sont ceux liés à la commande publique, à contrario de ceux trop dépendants de l'augmentation des matières premières et des salaires, surtout en cette période de crise. Fort heureusement, Neurones a peu de clients dans l'automobile. Les banques de marché, mais surtout de détail, génèrent encore de nombreuses opportunités en terme d'investissements IT.

 

Renforcerez-vous votre activité off shore et infogérance cette année ?L'infogérance est une prestation que Neurones développe depuis une décennie, tant à l'étranger qu'en France. J'ai ouvert notre premier centre de services dans le pays angevin en décembre 2008. Par ailleurs, il est probable que Neurones renforce ses capacités off shore de proximité dans les 24 prochains mois, au Maghreb par exemple.

 

Neurones peut-il passer toutes ses prestations en off shore ?Le développement d'applicatifs, prestations qui ne représentent que 17 % de nos activités, ne se prête pas toujours bien à l'externalisation off shore, surtout lorsqu'il s'agit de projets de taille intermédiaire, où les économies de coûts réalisées ne sont pas très supérieure aux coûts induits par l'off shore. La courbe d'apprentissage de l'off shore est assez longue, de l'ordre de 3 à 4 ans, de même que son ROI dans certaines prestations. En revanche, l'off shore est plus appropriée pour nos activités dans les infrastructures IT (73 % de notre chiffre d'affaires), et notamment dans la gestion des réseaux IT en France, ainsi que dans des centres situés en dehors de l'Hexagone.

 

L'actuel ralentissement économique vous aidera-t-il à régler vos problèmes de recrutement ?Non, car la crise précédente ne les avait déjà pas résolu, en dépit des nombreux licenciements chez les fournisseurs. En effet, il existe toujours un décalage structurel sur le marché IT, dans la mesure où nos clients étant plus impactés par ce ralentissement que les SSII, ils sont plus tentés de piocher - à nouveau - dans nos collaborateurs...

 

Cette crise profite-telle à votre organisation en filiales ?Oui, car les patrons de nos filiales savent qu'ils doivent trouver les ressources nécessaires pour développer leurs organisations, car ils ne peuvent se réfugier derrière une politique de groupe. Reste la difficulté de trouver de vrais entrepreneurs, même si le nombre de créations d'entreprises augmentent en France. L'IT manque encore de vrai chef d'entreprise.

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