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L'Etat à nouveau prêt à agir en faveur du Cloud

publié le mardi 18/03/2014

 Le Gouvernement examinera dès début avril les recommandations de certains comités en charge du pilotage de ses 34 plans pour la Nouvelle France Industrielle, un programme de développement industriel initié le 12 septembre 2013. Et parmi eux, celui dédié au Cloud. Reste deux points épineux à régler : le rôle de la commande publique et le financement des projets.

 

Thierry Breton et Octave Klaba, les présidents d'Atos et d'OVH respectivement, pilotent le projet Cloud du programme gouvernemental chargé de créer une Nouvelle France Industrielle. Une fois leurs recommandations validées par le Gouvernement, au tout début du printemps probablement, l'Etat s'engage à mettre en œuvre un plan d'actions étalées dans le temps.

 

Le Gouvernement ne cache pas sa volonté permanente d'aider au développement en France d'offres Cloud concurrentes de celles des grands acteurs anglo-saxons. Il en veut pour preuve son soutien à la création, fin 2012, de deux Clouds Souverains : Cloudwatt et Numergy. Interrogé sur le succès de ces deux initiatives, un haut fonctionnaire du cabinet d'Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif, se dit réservé mais optimiste. Il conseille d'attendre la signature des premiers contrats significatifs, lesquels ne devraient pas tarder à arriver selon lui. Il estime aussi que l'Etat a bien fait de soutenir ces deux projets, et non un seul, qui aurait été pourtant plus puissant, car "il faut toujours éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier".

 

"Le Cloud est une priorité nationale avec le Numérique"

Toujours au cabinet d'Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif, on rappelle que "le Cloud est une priorité nationale avec le Numérique". Chez Fleur Pellerin, la ministre en charge des PME et de l'Economie Numérique (en photo), un cadre souligne que le lancement de cette consultation semi-publique auprès d'une centaine d'acteurs a pour objectifs de stimuler la demande et l'offre pour le Cloud en France. "L'un des enjeux est d'accompagner les entreprises françaises dans le Cloud, de les rassurer sur son utilité, et de les encourager à raisonner en mode Opex", nous a confié ce proche de la ministre. Ce conseiller reconnaît toutefois que certains organismes publics, dont les collectivités locales, rencontrent des problèmes pour acheter des biens et services numériques autrement qu'en mode Capex, compte-tenu des modalités de passage des appels d'offres notamment. Les spécialistes du Cloud au cabinet de Fleur Pellerin étudieraient la façon de régler ce problème.

 

Le Public doit acheter Français, à commencer par les collectivités locales

Reste un point particulièrement épineux : celui de la commande publique. Avec ces 34 plans, le Gouvernement peut-il vraiment encourager les ministères et les institutions publiques à commander davantage de produits et services numériques aux PME françaises ? Pas sûr. Par exemple, un responsable du Ministère en charge des PME et de l'Economie Numérique s'étonnait dernièrement que des collectivités puissent encore acheter principalement des services Cloud à des acteurs étrangers. Il faisait référence à la Région Bretagne qui était passée fin 2012 entièrement sur le Cloud d'Amazon Web Services…, alors que le Gouvernement soutenait à l'époque la création de deux Clouds Souverains : Cloudwatt et Numergy. "Les dirigeants de cette collectivité auraient dû se poser la question du patriotisme économique dans ce domaine", s'indigne-t-il. "Nous devons être certains que les choix dans le Cloud réalisés par ces collectivités et les mairies respectent au moins nos normes de protection des données publiques et privilégient l'hébergement de leurs données en France. Pas question pour autant de laisser ces collectivités construire seules leurs data centers, c'est trop dangereux". Dans le même registre, nous verrons comment le Gouvernement va gérer la prochaine modernisation de sa centaine de très grands centres de données…

 

4 MdE d'investissements disponibles en théorie

Toujours côté financements, le Gouvernement aurait budgété une enveloppe dédiée au Numérique, dont le montant n'a pas été dévoilé officiellement. A Bercy, on recense environ 4 MdE d'investissements disponibles sous forme de prêts bonifiés, d'avances sur fonds propres, etc. Les projets retenus dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle pourront bénéficier des dispositifs d'aide existants, dont le Programme d'Investissement d'Avenir (PIA), le Crédit impôt recherche (CIR), des financements de la BPI, etc.). Sur les 10 milliards de la 2e tranche du PIA, 3,5 milliards pourraient ainsi être mobilisés. Chez Arnaud Montebourg, on reconnaît au passage la nécessité de créer davantage de synergies entre les différents organismes de financement publics (Bpi, CGI, FSI, Oséo, etc.) chargés de soutenir ces développements :"Nous assurons un travail continu pour rationaliser ces différents guichets", nous a déclaré un haut fonctionnaire de Bercy. Un travail de longue haleine…

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