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Le Cloud accélère la modernisation des data centers

publié le jeudi 18/07/2013

Le marché de l'hébergement n'est pas ni en surcapacité, ni en manque d'énergie en France estime Jacques Perrochat, directeur des Solutions Datacenter chez Schneider Electric. Toutefois, il reconnait que Paris est un cas un peu à part et que les hébergeurs français ont tendance à diminuer la taille de leurs data centers. Dans le même temps, ils les densifient, sur le plan électrique notamment, afin de délivrer des services Cloud. Une aubaine pour les revendeurs.

 

Magazine CBP : Le data center est-il devenu un marché porteur pour les revendeurs IT en 2013 ?

Jacques Perrochat, directeur des Solutions Datacenter chez Schneider Electric en France : L'actuelle densification des data centers, sur le plan de la puissance électrique et du calcul notamment, est favorable aux partenaires. Surtout dans un contexte où se multiplient les plans de modernisation et de rénovation des salles un peu anciennes. Le passage au Cloud dans les data centers compense pour les fournisseurs l'éventuel manque à gagner financier lié au "downsizing" des installations que je constate chez de nombreux acteurs de la colocation.

 

Le marché français de l'hébergement est-il donc en surcapacité ?

Non, sauf pour quelques grands data centers parisiens, qui constituent un cas à part.

 

Existe-t-il des opportunités intéressantes pour vos revendeurs sur ce marché ?

Oui, et notamment dans les salles informatiques contenant de 1 à 3 racks, qu'il s'agisse de salles réseaux ou tertiaires par exemple. C'est un marché important. Raison pour laquelle Schneider a créé pour eux en 2013 une offre packagée spéciale. Baptisée InfraXstructure pour Small IT, elle contient le rack, son refroidissement intégré, son onduleur et son logiciel de gestion du rack.

 

Schneider confie-t-il la commercialisation de toutes ses offres data centers à des revendeurs ?

Schneider travaille exclusivement avec un réseau de distribution indirect pour les salles inférieures à 100 m², lesquelles représentent plus de 50% du marché des data centers. Nous collaborons avec une quinzaine de partenaires, du type Spiecom, Ineocom, Nextiraone, ModuleIT, Aciernet, etc. Tous certifiés Elite, ils commercialisent InfrasXtructure, notre solution d'urbanisation des data centers, en couplage avec leurs offres d'intégration informatique et télécoms. Je précise que les audits sont réalisés et facturés par nos partenaires.

 

Schneider Electric dispose-t-il de suffisamment de partenaires pour couvrir le marché des salles inférieures à 100 m² ?

Au global, oui, mais nous recrutons toujours des partenaires sur la partie DCIM car nous avons besoin de spécialistes qui savent vendre du logiciel et des outils qui optimisent la gestion des ressources.

 

Quel est l'état de la demande pour les logiciels de gestion et d'urbanisation des data centers (DCIM) ?

La demande augmente sur ce marché émergent. Le DCIM satisfait un besoin d'optimisation du pilotage des data centers. Les clients les plus intéressés sont les hébergeurs, les grands acteurs de la colocation, mais aussi les opérateurs de data centers situés dans les grandes entreprises.

 

Le Cloud bouleverse-t-il le marché de l'hébergement pour des équipementiers de data centers tels que Schneider ?

Depuis plusieurs années, l'avènement du Cloud encourage Schneider Electric à concevoir de nouveaux modèles de data centers. Leur conception a beaucoup changé. Tous ne sont pas encore "Cloud enable" mais nous y travaillons. En effet, nos clients sont plus nombreux en 2013 à nous demander d'intégrer le Cloud dans leurs projets de construction ou d'optimisation de data centers. Les hébergeurs qui se disent prêts à accueillir des services Cloud doivent offrir désormais à leurs clients de la haute disponibilité, sur le plan électrique notamment. A charge pour Schneider de les aider à qualifier ce niveau de disponibilité, qui varie selon les applications utilisées.

 

Quels sont ces changements que vous évoquez dans la conception des nouveaux data centers ?

Par exemple, un data center que nous allons inaugurer à Lyon en septembre disposera à l'extérieur du bâtiment de modules préfabriqués en béton. Construites en usine, ces unités indépendantes lui fourniront la production et la distribution du froid, ainsi que la protection électrique. Nos clients apprécient cette modularité  évolutive, de même que les dispositifs de "Free cooling", lesquels sont vendus sous la marque Ecobreeze chez Schneider.

 

Vos clients vous demandent-ils tous de la haute disponibilité électrique ?

Non, mais le nombre d'hébergeurs qui nous demandent d'améliorer l'efficacité énergétique de leurs installations augmente. Beaucoup ont compris que le Cloud leur impose d'ajouter davantage de flexibilité dans leurs infrastructures physiques. Je constate également que leurs besoins sont très variables en matière de refroidissement, de puissance de calcul, mais aussi en termes d'évolutivité de leurs systèmes de protection électrique et d'urbanisation de salle, surtout quand ils s'inscrivent dans une logique de "pay as you go".

 

Qu'est-ce que la haute densité électrique pour Schneider ?

Elle varie selon les marchés. Par exemple, la haute densité électrique s'échelonne de 20 à 60 KW/m² pour les centres de calcul haute performance (HPC). Par comparaison, les installations compatibles Cloud tournent entre 3 et 4 KW/m², voire de 5 à 6 KW/m² dans les data centers d'hébergement, contre moins de 1 KW/m² il y a quelques années…

 

Pensez-vous, comme certains observateurs du marché des data centers, qu'il existe des limitations de courant dans les principales villes françaises ?

Pas à ma connaissance, et certainement pas dans les villes de province, car ERDF a pris la mesure du problème.

 

Par conséquent, il est théoriquement possible d'installer des data centers n'importe où en France ?

Oui, mais cela n'a pas de sens d'installer un data center dans une zone où la densité électrique et réseaux est insuffisante. Un tri va donc s’opérer dans les projets actuels, en dépit des ambitions affichées par certains hommes politiques…

 

Le secteur public et les collectivités locales sont-ils de bons clients pour vos offres destinées aux data centers ?

Oui, toutes les villes supérieures à 200 000 habitants, telles que Besançon ou Grenoble, montent des projets de data center. La demande en région représente plus de 50% du marché français des data centers.

 

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