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Keyrus renoue avec les acquisitions

publié le jeudi 31/03/2011

Après avoir réalisé une bonne année 2010 en atteignant 120 M€, l’intégrateur Keyrus table à nouveau pour 2011 sur une croissance organique soutenue, mais couplée à des acquisitions ciblées. Eric Cohen, pdg de ce spécialiste du décisionnel (BI), des progiciels et du web, dispose d’une trésorerie d’environ 15 M€ pour réaliser ces opérations. Sa filiale Absys Cyborg a déjà acquis en mars SSIN, un intégrateur du progiciel  Sage X3. Dans le même temps, sa nouvelle entité, Keyrus Management, affiche de fortes ambitions dans le conseil.

 

 

CBP (Channelbp.com) : Quel est votre principal objectif pour 2011 ?

Eric Cohen, pdg de Keyrus, un intégrateur spécialiste du décisionnel (BI), des progiciels et du web : Booster le cabinet de conseil en management que Keyrus a créé il y a un an et que nous venons tout juste d’inaugurer officiellement en mars 2011. Notre objectif ici est de créer notre propre marque afin de valoriser notre savoir-faire dans le conseil, le travail collaboratif et la BI, notamment. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un meilleur accompagnement de nos clients grands comptes dans leurs enjeux de transformation. D’ailleurs, la technologie que nous proposons à nos clients d’adopter est intégrée dans notre démarche commerciale. Ce qui constitue une plus-value par rapport à certains de nos concurrents.

 

Recrutez-vous de nouveaux talents pour Keyrus Management, votre pôle Conseil ?

Oui, car Keyrus espère y regrouper environ 150 consultants d’ici deux ans, contre 8 associés et une quarantaine de consultants aujourd’hui.

 

La croissance de Keyrus Consulting passera-t-elle par des acquisitions, dont le groupe était coutumier ces dernières années ?

Ce n’est pas si facile dans le conseil, raison pour laquelle Keyrus Management a choisi – pour l’instant - de réaliser sa croissance en organique avec des entrepreneurs et des spécialistes. C’est un vrai modèle économique original dans le secteur, que nous pouvons nous permettre d’initier car nous sommes des experts reconnus de la BI.

 

La croissance du groupe Keyrus passera-t-elle à nouveau par des acquisitions cette année ?

Keyrus table pour 2011 sur une bonne croissance organique couplée avec des acquisitions ciblées de petites et moyennes structures pouvant atteindre. Nous disposons d’une trésorerie d’environ 15 M€ pour réaliser ces opérations.

 

Ces acquisitions auront-elles lieu en France uniquement ?

Oui. Keyrus regarde des petites et moyennes structures, dont nous pourrions acquérir les compétences ou les parcs par exemple. Beaucoup de dossiers sont en circulation. Nous avons également besoin de renforcer notre présence dans le sud ouest. Je rappelle qu’Absys-Cyborg, notre filiale dédiée aux PME, a acquis en mars SSIN, un intégrateur Sage qui renforce ses compétences sur le progiciel X3.

 

Combien Keyrus a-t-il réalisé d’acquisitions par le passé pour créer l’entité actuelle ?

Keyrus a réalise une petite vingtaine d’acquisitions depuis sa création. Le groupe a enregistré une croissance importante entre 2000 et 2007 afin de créer un acteur important du décisionnel (BI). Rien qu’en 2007, Keyrus a signé deux acquisitions dans ce domaine avec le rachat de Zeni et du Canadien Trilogia, un spécialiste de la BI avec Microsoft et Cognos.

 

Et depuis 2008 ?

J’ai décidé d’arrêter les acquisitions cette année là afin de consolider les actifs de nos acquisitions successives. Keyrus avait aussi besoin de développer de nouvelles solutions et de se positionner côté métier afin de satisfaire la demande des directions fonctionnelles de nos clients.

 

La restructuration de Keyrus étant tombée avant le début de la crise économique, cela lui a-t-il permis de mieux la traverser ?

Effectivement, la consolidation de nos actifs et la définition de nouvelles offres est arrivé au bon moment, car la crise économique n’a démarré que fin 2008. D’ailleurs, si nous avons réalisé une année 2009 correcte, c’est en partie pour cette raison. D’autant que je venais de recruter Didier Taupin, un ancien cadre de chez Deloitte, afin de mieux structurer notre organisation et y implanter une activité conseil, essentiellement en BI. Grâce à lui, nous avons mené à bien la création de Keyrus Management et boucler notre réorganisation par clients, et non plus par technologies.

 

Constatez-vous un redémarrage des commandes IT chez vos clients ?

Je constate un redémarrage du marché, en général, car le turn over réapparaît, et nous connaissons – à nouveau - des problèmes de recrutement et des tensions sur les salaires. Nous assistons aussi à la création de petites sociétés de services.

 

Keyrus recrute-t-il beaucoup actuellement pour accompagner le redémarrage du marché ?

Oui, sans doute parce que nous n’avons peut-être pas assez anticipé le retournement du marché. Pourtant, Keyrus avait déjà musclé son département RH dès l’été 2010.

 

Le marché du décisionnel (BI) a-t-il vraiment décollé en 2010 ?

Ce marché enregistre actuellement une croissance à 2 chiffres. Je dirai même qu’il connaît un nouvel essor, en raison de l’arrivée de nouvelles technologies en BI, et de la prise de conscience par les entreprises qu’elles doivent repenser leur BI actuelle pour la démocratiser. Ces facteurs génèrent un regain de croissance pour nos activités en BI, d’autant que leur développement ne s’est pas arrêté pendant la crise.

 

L’amélioration progressive des ventes d’ERP aux PME explique-t-il en partie le décollage du décisionnel ?

La vision de ces éditeurs est que l’ERP demeure le cœur du SI, mais que la BI en est son futur si elle adopte une approche plus progicialisée. Auquel cas, elle interagira davantage comme un module avec les ERP.

 

Les outils de BI sont-ils désormais à la portée de PME ?

Quelques acteurs comme QlikView ont certes amené de la simplicité à ces outils de BI, mais leur démocratisation dans les entreprises n’est pas encore suffisante.

 

Keyrus va-t-il développer son adressage des PME pour la BI ?

Non, car nous adressons déjà les PME de 15 à 300 ME en BI avec notre filiale Absys-Cyborg. La vraie question étant : les offres cloud des éditeurs sont-elles prêtes ? Pas sûr.

 

 

Prévoyez-vous de faire évoluer la structure d’Absys-Cyborg cette année ?

Keyrus n’a ni pour objectif d’absorber Absys-Cyborg, ni de le coter en bourse, contrairement à l’un de nos concurrents, si cela est votre question. Le groupe a gardé cette marque pour mieux créer une démarcation et une synergie sur le haut du marché. Nos deux entités permettent de réguler le développement du groupe et de mieux tenir compte des cycles d’achat des différents types de clientèles.

 

Keyrus et ses filiales lanceront-elles de nouvelles marques ou offres en 2011 ?

Lancera de nouvelles offres en BI avec Microsoft cette année. Nos deux partenaires historiques sont toujours Sage et Microsoft, mais Keyrus développe aussi des verticaux maison qui dégagent plus de rentabilité.

 

Quelles plus-values offrez-vous en BI aux clients que vos nombreux concurrents ne proposent pas ?

Keyrus a toujours été en avance dans la BI. Nos investissements sur ces technologies nous ont permis de benchmarker très tôt les différentes solutions du marché. Résultat, nous savons très bien en parler et les déployer efficacement chez les clients, en test (Proofs of concept) notamment.

 

Le Saas est-il l’avenir de la BI ?

Keyrus propose déjà du QlikView à la demande à ses clients, ce qui nous évite de perdre de précieux mois à convaincre la DSI de nous référencer. Toutefois, sauf s’il a créé un cloud privé, un client peut difficilement passer en mode Saas une large population de ses utilisateurs, car une solution de BI génère de gros besoins de référencement dans l’entrepôt de données.

 

Keyrus propose-t-il à ses clients d’héberger les ERP ou BI ?

Keyrus a investi environ 500 kE pour se doter d’une capacité d’hébergement à Saint Denis chez Interxion.

 

Les éditeurs ne sont-ils pas tentés de court-circuiter leurs Var s’ils vendent leurs offres logicielles en Saas ?

Des éditeurs comme Sage ont acheté des entreprises qui travaillent surtout en direct ces dernières années. Ils ont donc parfois tendance à ne plus privilégier autant le canal indirect, ce qui m’inquiète fortement. En outre, ils prennent un peu trop de marges à leurs partenaires.

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