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Interxion table sur un fort développement des prix et du marché de l’hébergement en 2018

publié le jeudi 20/04/2017

Cet important spécialiste battave de l’hébergement en colocation neutre poursuivra ses acquisitions en Europe cette année. Dopé par le décollage du Cloud public et l’arrivée massive des Gafa dès 2016, Interxion France table sur une remontée importante, mais progressive, des prix dans l’hébergement pour 2018. Fabrice Coquio, le président d’Interxion France, estime même que « les spécialistes de l’hébergement ont des années incroyables devant eux ».

 

 

Magazine CBP (www.channelbp.com) : Alors que certains de vos concurrents, multiplient les acquisitions en Europe depuis 2016, Interxion prévoit-il d’en réaliser également en 2017 ?

Fabrice Coquio est un expert reconnu de l’hébergement. Il préside depuis 17 ans Interxion en France, un important spécialiste battave de l’hébergement en colocation neutre en Europe : Interxion a déjà réalisé plusieurs acquisitions ponctuelles ces dernières années, dont celles du data center de SFR à Marseille fin 2014, et une majeure récemment, puisque nous venons d’investir 75 ME dans le rachat du data center de Vancis Holding BV, un intégrateur de systèmes IT hollandais. Installé sur le Science Park d’Amsterdam, ce site de 1800 m², dont la taille est équivalente à celle de notre data center parisien Telehouse 2, est très rentable.

 

Ce rachat illustre-t-il la volonté d’Interxion de poursuivre ses investissements dans le « triangle d’or » (Paris / Londres / Amsterdam) des échanges réseaux et de l’hébergement IT en Europe ?

Oui. Il démontre surtout qu’Interxion est très sélectif dans ses acquisitions et que nous sommes fidèles à la pratique dîtes du « Cherry picking ». Nous privilégions toujours l’acquisition de cibles qui améliorent le positionnement stratégique et la rentabilité du groupe. Je précise aussi que les actionnaires d’Interxion ont toujours privilégié la croissance organique. D’ailleurs, le groupe a ouvert en 2017 trois nouveaux data centers en Europe, dans les villes de Dublin et Stockholm notamment.

 

Interxion pourrait-il réaliser une nouvelle acquisition en France. La dernière en date est celle du data center marseillais de SFR en 2015 ?

C’est possible, mais l’objectif d’Interxion n’est pas de faire de la croissance pour de la croissance.

 

Ou au Royaume-Uni ?

Interxion est un challenger là-bas, raison pour laquelle le groupe avait souhaité acquérir dès 2015 notre concurrent britannique Telecity, groupe qui réalise 50% de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni.

 

Prévoyez-vous de refaire votre retard en Europe sur Equinix, le leader mondial du secteur, qui vous a empêché de racheter l’hébergeur britannique TelecityGroup en 2015 ?

Je reconnais qu’Equinix est six fois plus gros qu’Interxion au plan mondial, mais nous sommes plus focalisés que lui sur le marché européen. En outre, notre politique d’acquisitions est également plus ciblée géographiquement. D’ailleurs, grâce à ses 45 data centers répartis dans 11 pays européens, Interxion est aujourd’hui le numéro 2 mondial de la colocation retail (NDLR : de la salle jusqu’à la baie).

 

Les Gafa (Google, Amazon, Facebook, etc.) ayant multiplié les points de présence dans des data centers européens l’année dernière, Interxion a-t-il bénéficié de cette opportunité ?

En 2016, Interxion a pris des parts de marché importantes dans le Cloud, auprès de ces Gafa notamment, qui sont, selon moi, trop exposés avec Equinix au niveau mondial. Ces grands acteurs de l’Internet et du Cloud ont besoin de disposer d’une deuxième source crédible en Europe comme Interxion.

 

Le prix de l’hébergement remonte-t-il en France suite au débarquement de ces Gafa en 2016 ?

Malgré une forte concurrence, je constate effectivement que le prix moyen de l’hébergement remonte un peu en France, et à Paris en particulier, qui est la ville d’Europe qui dispose de la plus faible capacité d’hébergement construite. Elle n’est que de 11.000 m², contre plus de 30.000 m² pour Francfort par exemple. A titre de comparaison, Interxion vend son hébergement plus cher à Marseille qu’à Paris, car nous n’avons pas de réelle concurrence localement.

 

Malgré la présence à Marseille d’hébergeurs français indépendants assez importants, tels que Jaguar Networks et ASP Serveur (Digital Dimension) ?

Certes, mais Jaguar dispose de plus de m² dans notre data center marseillais (MRS 1) que dans son propre bâtiment… De même qu’ASPServeur. C’est normal car leurs clients sont intéressés par le grand nombre de connexions disponibles dans nos data centers.

 

Quand prévoyez-vous une réelle remontée des prix dans l’hébergement en France ?

Je table sur une remontée majeure des prix dans l’hébergement dès 2018, même s’il n’y a plus assez de puissance électrique disponible dans la capitale. Seuls les data centers PAR 8 d’Interxion et ceux de Data4 à Montlhéry en ont encore beaucoup. Mais cette augmentation des prix sera très progressive. J’aime à dire que « Les prix descendent par l’ascenseur et remontent par l’escalier ». Les spécialistes de l’hébergement ont des années incroyables devant eux. En effet, nous travaillons dans un secteur où tous les acteurs du Numérique posent leurs briques sur nos infrastructures pour construire et développer leurs outils numériques. L’Economie Numérique enregistrera une croissance phénoménale dans la décennie.

 

Cette augmentation des prix en France est-elle aussi la conséquence de l’accélération de la concentration entre les acteurs du Cloud et ceux de l’hébergement ?

Oui, même si je pense que la course à la taille sur les activités Cloud est morte, même pour un acteur tel qu’OVH. C’est un problème de ressources financières disponibles avant tout. Le budget d’investissement des Gafa étant de l’ordre de 15 Md$ chacun, les acteurs nationaux plus petits, tels que Jaguar, devront se spécialiser sur des niches et/ou participer à la consolidation du secteur.

 

Prévoyez-vous d’améliorer le partenariat que vous avez signé en 2016 avec TDF pour exploiter ses data centers régionaux ?

Je l’espère. TDF est en pleine réorganisation stratégique. Cet acteur important des réseaux numériques veut saisir toutes les nouvelles opportunités. Toutefois, Interxion ne prévoit pas de racheter ses petits proxy centers, car le groupe n’est pas intéressé par une nouvelle implantation en région actuellement.

 

Confirmez-vous l’intérêt grandissant des clients pour la connectivité réseaux dans leurs choix de data centers ?

Effectivement, la connectivité et les réseaux sont devenus des facteurs très importants dans le choix des clients. Ces derniers nous demandent désormais de leur fournir une typologie plus précise des réseaux disponibles dans nos data centers. Ce phénomène majeur, qui n’était pas aussi important il y a quelques années, encourage Interxion à disposer de la communauté réseaux la plus importante possible. Tous les acteurs présents dans un data center désirent aussi s’interconnecter à d’autres acteurs via un grand nombre de POP.

 

Etes-vous satisfait de la montée en charge dès 2016 de France Datacenter (ex-Cesit), l’association des professionnels de l’hébergement ?

Oui. France Datacenter a multiplié les initiatives auprès des professionnels de secteur et des pouvoirs publics. C’est important car nous devons mobiliser les élus sur le problème de la planification urbaine, afin de pouvoir déployer davantage de data centers, y compris dans les zones urbaines denses.

 

A ce titre, Interxion a-t-il réglé son contentieux avec l’association de riverains Urbaxion 93, qui avait obtenu fin 2015 l’arrêt de l’un de vos data centers au nord de Paris ?

Se plaignant de nuisances sonores, une association de riverains de La Courneuve (93) nous avait fait perdre l’autorisation d’exploitation pour le PAR 7, l’un de nos data centers parisiens. Ensuite, Interxion a obtenu et redéposé une autorisation d’exploitation ICPE fin octobre 2015. Notre data center de 9000 m² est donc de nouveau opérationnel car le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Saint-Denis (Caue 93) estime qu’Interxion respecte localement les codes de l’environnement. Je note aussi que l’Etat et le ministère de l’Environnement avaient fait appel de la décision de justice de la Cour d’Appel de Montreuil contre cette association. Ils ont compris que l’enjeu est de pouvoir construire de grands date center en milieu urbain dense en France. C’est notre véritable défi dans les années à venir.

 

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com

#CBPMagazine, #BellinCBP, #GUIDEDUCLOUD

 

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