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GFI Informatique attaque 2012 sur de bons fondamentaux

publié le lundi 26/03/2012

Malgré un résultat net en baisse, GFI Informatique signe une bonne année 2011. Cette SSII est en effet parvenue à optimiser son modèle économique, à réduire son endettement et à intégrer avec succès la SSDI Ares. Vincent Rouaix, son PDG, envisage désormais de renouer avec des opérations de croissance externe en 2012. Il prévoit déjà de boucler avant l’été l’acquisition de la branche Business Solutions de Thales.

 

 

Magazine CBP : Etes-vous satisfait des résultats 2011 de GFI Informatique, qui n’a connu qu’une croissance organique de 2,4% ?

Vincent Rouaix, PDG de la SSII GFI Informatique : Oui, car notre groupe a annoncé, dès mon arrivée en 2009, que sa priorité était d’adapter sa stratégie. pour la recentrer efficacement sur les priorités de ses clients. GFI Informatique a donc surtout privilégié en 2011 des actions favorisant l’adoption d’un modèle générateur de davantage de revenus récurrents dans les services et les logiciels.

 

Cette réorganisation est-elle bouclée ?

En grande partie. Par exemple, nous avons arrêté le portage l’année dernière et nous avons diminué nos prestations d’assistance bas de gamme. J’ai également recruté en ce début d’année plusieurs dirigeants pour mieux encadrer nos divisions Services, Logiciels et Service Public. Notre restructuration est aujourd’hui réussie et notre croissance organique repart. Pour preuve, GFI Informatique a enregistré une progression de 4% dès le quatrième trimestre 2011, malgré un nombre peu élevé de queues de budgets dans les entreprises.  

 

Pourquoi GFI Informatique enregistre-t-il alors une nette dégradation de son résultat net 2011 (-12% à 10,5 M€) par rapport à 2010 ?

Le résultat opérationnel de GFI Informatique a lui augmenté en 2011. Cependant, il est décorellé du résultat net, qui aurait été en progression si nous n’avions pas eu à gérer de dépréciations et l’effet des obligations convertibles Océanes. Notre chiffre d’affaires 2011 comportait aussi des cessions, au Canada notamment. Autre point positif, nos besoins en fonds de roulement (BFR) se sont largement améliorés. Nous avons retrouvé un niveau de trésorerie pré 2008 qui accélèrera notre désendettement, et permettra à GFI Informatique de renouer avec une politique de croissance externe.

 

Quelles sont les activités récurrentes que vous avez développé ou renforcé en 2011 ?

GFI Informatique a mis un gros focus en 2011 sur le renforcement de sa branche de Tierce Maintenance Applicative (TMA). Il y a une massification des acteurs dans ce secteur, où nous avons une carte à jouer. Le groupe investit également dans le testing, marché où nous industrialisons actuellement nos prestations de TRA et d’homologation. GFI Informatique a récemment battu des acteurs comme Atos ou Steria dans l’obtention d’un contrat portant sur le montage d’une usine à tests en mode de services pour un client. Le groupe désire se renforcer encore dans le testing en 2012 et étendre ce type de prestations aux infrastructures IT. J’ai d’ailleurs nommé des responsables de tests dans nos différentes divisions afin de mieux commercialiser ces services.

 

Avez-vous profité de vos investissements dans le Testing pour industrialiser davantage les processus de GFI Informatique ?

L’industrialisation de nos processus est toujours d’actualité dans notre industrie.

 

GFI Informatique fait-il appel à des prestations IT en near ou off shore ?

Bien sûr, de manière à offrir à nos clients le choix entre différents types de prestations. GFI Informatique dispose d’une offre near shore au Maroc et en Espagne. Je regarde actuellement s’il est possible de rouvrir cette année notre ex-base de développement à Avero au Portugal. Quant à l’off shore, nous disposons d’un partenariat avec HCL, SSII indienne à qui nous faisons appel sur certains gros dossiers comme ceux d’Arkema et d’EADS.

 

La cession de votre filiale au Canada au début 2012 reflète-t-elle le recentrage de GFI Informatique sur l’Europe que vous annoncé il y a 2 ans ?

La récente vente de notre filiale au Canada marque déjà un désengagement du continent nord américain. Cela ne signifie pas que GFI Informatique ne continuera pas à investir en dehors de l’Hexagone, mais en Europe essentiellement. Nous renforcerons même probablement nos activités cette année dans la péninsule ibérique, où nos filiales se sont plutôt bien tenues malgré un contexte économique difficile.

 

Avez-vous finalisé l’intégration des 380 collaborateurs de la SSDI Ares ?

L’intégration d’Ares est finalisée depuis juin 2011. Les salariés de cette SSDI sont satisfaits de cette reprise car nous n’avons licencié personne. Il est important de souligner qu’elle est réussie tant en France (Orléans et Pau) qu’en Europe (Luxembourg). Rien que sur l’Ile-de-France, tous ses affaires en TMA ont été reconduites, ce qui a dopé notre branche TMA, laquelle réalise désormais environ 350 M€. Par ailleurs, nous renforcerons avec prudence l’offre Medicares, l’ex activité Santé d’Ares.

 

Quand prévoyez-vous de finaliser celle de la division Business Solutions de l’intégrateur Thales ?

L’acquisition de cette branche Thales n’est pas encore finalisée. Elle pourrait l’être avant l’été.

 

Qu’apporte-t-elle à GFI Informatique ?

Tout d’abord, une activité de service IT comparable à la notre dans la banque, secteur où Thales réalise déjà environ 16 M€ de chiffre d’affaires. Thales Business Solutions nous amène également un savoir-faire et des services de qualité dans la gestion du cycle de vie des produits (PLM). Enfin, GFI Informatique s’intéresse à son offre d’infogérance sur le système d’information du groupe Thales, activité que nous devrons probablement réorganiser pour bien l’intégrer dans notre organisation.

 

Prévoyez-vous de procéder à des acquisitions en 2012 ?

Oui. Nous disposons de la trésorerie nécessaire après l’argent levé avec l’Océane et la vente de notre filiale au Canada. Ce ne sont pas les cibles qui manquent, mais il existe un déphasage entre les valorisations réelles des entreprises et celles demandées par leurs actionnaires. Nous devons nous montrer d’autant plus prudent sur ces acquisitions que le climat économique est incertain.

 

Quels types d’entreprises souhaiteriez-vous acquérir ?

GFI Informatique s’intéresse à des cibles comme Thales, qui lui amènent de l’industrialisation d’expertises et du chiffre d’affaires récurrent, sur des prestations telles que la TMA notamment. Le groupe est également acheteur d’expertises dans des secteurs comme le décisionnel (BI), la gestion de la relation client (CRM), ou bien encore, dans l’intégration d’ERP pour les PME. GFI Informatique possède déjà un bon savoir-faire sur les ERP du type Sage X3, Oracle et Microsoft Dynamics.

 

GFI Informatique pense-t-il également développer davantage sa branche logiciels en 2012 ?

Effectivement. Notre activité Logiciels pèse actuellement 80 M€. Je projette notamment de faire croître notre activité de gestion du temps issue du rachat d’Ares Chronotime, logiciel qui réalise environ 16 M€. Ce chiffre d’affaire le place en deuxième position derrière le leader, Euroquartz.

 

Considérez-vous le Cloud comme un relai de croissance pour GFI Informatique en 2012 ?

Le développement de notre portfolio dans les infrastructures IT, offre qui représente environ 130 M€, inclut une solution Cloud depuis 2011. Cette année, je désire « Saasifier » certains de nos logiciels, dont Chronotime, sur la plateforme Microsoft Azur. GFI Informatique est donc en discussion avec certains opérateurs pour nouer des partenariats dans le Cloud. Attention, ils convient d’être vigilant car tous n’ont pas le même niveau de services. Certains d’entre eux n’ont pas même de catalogue de services !

 

Quels types d’opérateurs ?

GFI Informatique discute par exemple avec Orange Business Services (OBS), opérateur de Cloud qui recherche des solutions porteuses d’usage pour ses clients. Certains de nos logiciels pourraient figurer dans son catalogue de services Cloud.

 

GFI Informatique n’est-il pas tenté de créer sa propre offre d’hébergement de services Cloud, à l’instar d’autres SSII ?

Les collectivités locales commencent seulement à s’intéresser au Saas. Nous nous interrogeons donc sur la pertinence de créer notre propre offre Cloud pour les adresser. Pas question cependant de monter notre propre data center. Nous nouerons des partenariat dans ce domaine avec des hébergeurs.

 

Pourquoi investir en 2012 dans le Cloud ?

Le Cloud va bousculer les modèles économiques et redistribuer les cartes dans notre secteur IT. Par exemple, il oblige une société comme GFI Informatique à mieux vendre à ses client la véritable valeur d’usage de ses solutions. Nous devons également apprendre à mieux comprendre leurs choix dans la gestion de leurs applications stratégiques et de commodité.

 

 

Gfi Informatique compte plus de 8695 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 618 M€ en 2011 et 658 M€ en 2010.

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